AU FIL DES HOMELIES

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MANIFESTATION AU BAPTÊME

1 Jn 3, 1-10 ; Jn 1, 29-34

(3 janvier 2003)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, je ne pense pas que sainte Geneviève patronne de Paris que nous fêtons aujourd'hui et que nous prierons pour qu'elle intercède auprès de Dieu en faveur de la population chrétienne de Paris, je ne pense pas qu'elle m'en veuille de ne pas vous parler spécialement d'elle mais de dire quelques mots sur l'évangile du jour. Comme je le disais tout à l'heure il nous oriente vers cette fête de l'Épiphanie dont le baptême du Christ est un des éléments décisifs.

Ce que nous venons d'entendre est le témoignage de Jean-Baptiste sur le baptême de Jésus. Ce texte est plein de richesses et d'enseignements que je voudrais brièvement relever pour vous. Tout d'abord, c'est Jean-Baptiste qui est le témoin de la manifestation trinitaire au moment du baptême de Jésus : "J'ai vu l'Esprit descendre tel une colombe venant du ciel". La venue de l'Esprit sur Jésus dans l'évangile de saint Marc est manifestation à Jésus lui-même. Dans l'évangile selon saint Luc et Matthieu, c'est une manifestation à la foule. Mais ici, la manifestation d'adresse plus particulièrement à Jean-Baptiste. Cela n'exclut pas le reste mais cela attire notre attention sur le témoignage de Jean-Baptiste. Ce témoignage a plusieurs particularités. D'abord, il s'adresse à Israël. La manifestation de Jésus que nous célébrons dans l'Épiphanie s'adresse tout à la fois aux païens, c'est le mystère de la venue des mages que nous célébrerons dimanche, s'adresse aussi à l'Église naissante, ce sera le sens des Noces de Cana que nous célébrerons dans une quinzaine de jours, et c'est aussi une manifestation adressée à Israël qui aurait dû être l'accomplissement de cette mission d'Israël, si le peuple dans son entier avait entendu ce message, et c'est la signification que souligne Jean-Baptiste dans ce début du quatrième évangile : "J'ai vu l'Esprit descendre et moi, j'ai été envoyé à Israël". Cet Esprit qui descend sur Jésus, Jean-Baptiste dans l'évangile de Jean, en souligne une caractéristique, non seulement l'Esprit, à la manière d'une colombe (il ne s'agit pas d'une colombe créée tout exprès pour représenter l'Esprit Saint, c'est une comparaison), descend sur Jésus et il demeure sur lui. Ce verbe demeurer est un verbe cher au quatrième évangile, car il souligne sans cesse la permanence de notre relation avec Dieu, de l'amour que Dieu nous porte et qui nous transforme de façon durable et constante. Dès le moment du baptême, notre regard est attiré vers cette permanence. L'Esprit Saint n'est donc pas simplement donné ponctuellement à l'homme Jésus, mais Il va habiter en lui tout au long de sa vie terrestre. C'est à la fois la présence du Verbe qui est lui-même m'homme Jésus, et la présence de l'Esprit qui le pousse à sa révélation prophétique qui sont ainsi le sens profond du baptême de Jésus, révélation de l'amour trinitaire pur l'humanité.

Il y a une autre dimension du baptême que souligne aussi ce témoignage de Jean- Baptiste, il dit : "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde". Dès son baptême Jésus vient parmi les pécheurs comme s'il était un pécheur lui, qui est sans péché, il vient pour porter notre péché. C'est dire que dès le baptême toute la vie de Jésus est orientée vers sa croix, son sacrifice pascal où Il endossera le péché de tous les hommes, notre péché et celui de tous nos frères, et celui de l'humanité tout entière, pour en mourir et en ressusciter vainqueur de ce péché par son amour triomphant. Voici l'Agneau de Dieu, cette image dont la Bible est pleine, l'Agneau qui est conduit muet à la boucherie, comme nous le dit le prophète Isaïe, cet Agneau de Dieu, c'est Jésus muet, conduit à la croix pour porter sur ses épaules le péché du monde et pour ôter ce péché de nos propres épaules, de notre propre cœur.

Jean-Baptiste dit encore une chose tout à fait intéressante à propos de son rapport avec Jésus : "Et moi, je ne le connaissais pas". Non pas que Jean n'ait pas connu son cousin Jésus, mais il ne connaissait pas encore le mystère de l'Incarnation. Il ne savait pas, et comment aurait-il pu d'ailleurs le deviner, que Jésus était le Fils de Dieu. C'est dans le moment du baptême, quand le Père dit : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé", que Jean découvre la profondeur du mystère dont il avait été sans le comprendre pleinement, le témoin et cela dès le sein de sa mère quand il avait tressailli d'allégresse dans le sein d'Élisabeth au moment où Marie venait portant Jésus dans son propre sein pour les visiter. "Je ne le connaissais pas mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'avait dit : celui sur qui tu verras l'Esprit reposer et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint". Le baptême de Jean est donc tout orienté vers cet autre baptême que Jésus va accomplir et que l'Église perpétue à travers les siècles, ce baptême où nous sommes plongés non pas seulement dans l'eau, ce n'est qu'un signe et un symbole, mais nous sommes plongés dans la présence même de Dieu, dans la présence vivifiante de l'Esprit Saint.

Frères et sœurs, que ce mystère du baptême du Christ qui vient comme prolonger et épanouir son Incarnation à Noël, qui nous manifeste cette présence divine en cet homme Jésus qui est à la fois vrai Dieu et vrai homme, le Fils de Dieu qui s'est fait homme, que ce mystère nous remplisse de joie et d'allégresse, et du sens de la présence de Dieu.

 

 

AMEN

 

 

 
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