JPR-Traite des sacrements IV

 

Profondément enraciné dans les innombrables guérisons de malades qui jalonnent l'évangile et dont Jésus lui-même affirme qu'elles sont le signe des temps messianiques et de l'avènement du Royaume, le sacrement des malades a ceci de particulier qu'il manifeste que le salut apporté par le Christ ne s'adresse pas seulement à l'esprit ou au cœur, mais intéresse également le corps. C'est précisément cela qui a dérouté les théologiens et les a conduits à méconnaître la spécificité de ce sacrement pendant une longue éclipse, allant de la réforme carolingienne à Vatican II, durant laquelle, sous le nom d'extrême-onction, il n'a plus représenté qu'un substitut du sacrement de pénitence à l'approche de la mort, en délivrant des dernières séquelles du péché, ou même en pardonnant les fautes que le moribond n'a plus les moyens de confesser. Il est temps de retrouver la véritable signification du sacrement des malades, qui est la rédemption du corps et par le corps, en vertu de la proximité de la souffrance physique avec la Croix du Christ. D'une part, le Christ souffrant « prend sur Lui nos infirmités et se charge de nos maladies », la puissance de sa résurrection nous apportant une grâce de réconfort et allant parfois jusqu'à nous guérir, comme une ébauche et un signe avant-coureur de la résurrection de notre chair. D'autre part, le Christ donne un sens à notre souffrance en l'unissant à la sienne pour le salut du monde, nous faisant ainsi participer à son œuvre de rédemption, en « complétant dans notre chair ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l'Église. »
 
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