Se changer, s’améliorer… oui, mais comment ? Sur quoi peut-on s’appuyer ? Si ce n’est pas seulement une question de volonté, peut-on « croire » en l’inconscient ou faut-il s’en méfier ? L’expérience de submergement – pulsions, actes manqués... – que nous avons pu en faire nous inciterait plutôt à nous en écarter, ou du moins à essayer de le domestiquer...
Jean-François Noël n’est pas de cet avis. Non, l’inconscient n’est pas « la part obscure » de nous-mêmes, et la difficulté ne tient pas au fait qu’il existe, mais plutôt à l’usage que nous en faisons, à la façon dont nous en tirons le meilleur profit. Et si cette interfacejoue avec le prochain, pourquoi cesseraitelle avec Dieu ? Devenu la part lumineuse de nous-mêmes, cet inconscient accueilli n’estil pas ce que les Anciens avaient désigné par le mot « âme » ? Une ouverture spirituelle... et une autre manière de penser la relation de l’homme à Dieu.

Y a-t-il une psychanalyse chrétienne ? Cette question a-t-elle un sens ? Un croyant souffrant doit-il ou non s'assurer que son psychanalyste est lui-même croyant pour protéger sa foi ? Autrement dit, comment l'analyse intègre-t-elle ou modifie-t-elle une donnée religieuse ?
Faire une analyse, c'est accepter de traverser le tragique de sa propre vie. En raison du dévoilement de la vérité que ce processus met en œuvre, le patient voit se dégager devant lui la perspective d'un désir dont la nouvelle mesure est infinie. Ce désir avait été comblé par des objets qui, jusque-là, semblaient le satisfaire. Puis, le symptôme surgit, déstabilise, perturbe les petits arrangements que le patient s'était autorisé. Première ou dernière scène de son tragique ? Dans le huis clos théâtral qu'est la séance analytique, le patient-acteur reprend et parle toute son histoire. Comme à son insu, il se voit contraint de redéfinir ce qui donne sens à sa vie : sens religieux ? sens éthique ? Bref, tout ce qui échappe à l'analyse et que, paradoxe imprévisible, elle évoque et convoque…
Pourtant un point restera toujours aveugle pour lui, à l'instar d' Œdipe qui, les yeux crevés, poursuit son chemin. C'est peut-être en ce même point - tragique-aveugle - que l'homme reconnaît sous une lumière nouvelle que son histoire personnelle rejoint la détresse commune et ordinaire de toute l'humanité.
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Faut-il éviter de parler de Dieu à son psychanalyste ?
Dilemne du croyant qui entreprend une thérapie, mais également difficulté théorique et éthique du thérapeute : que répondre à un patient qui parle de foi ? Le religieux, comme le psychique, le social, le moral, etc, ne serait-il pas une des dimensions qui fait que l'homme est homme ? Le religieux serait alors à comprendre comme une donnée de sa nature qui le pousse à reconnaitre et à désigner ce qui l'inquiète, le traverse et le transcende. Reste alors à définir la relation du psychique et de ce religieux, leur collaboration, voire leur concurrence. Et comment un travail thérapeutique peut réveiller ce religieux ou, au contraire l'étouffer ! Dans la Bible, l'indigné, le superstitieux élaborent une petite image commode et sécurisante de Dieu, mais une image figée. Ils se refusent à une expérience qui dépasserait l'imaginaire et l'ouvrirait à un ailleurs : l'expérience symbolique. Ce que justement le bon larron, les pèlerins d'Emmaüs, l'enfant prodigue, le publicain et la samaritaine vont être amenés à vivre... L'expérience symbolique, est-ce une autre manière de parler de guérison ?

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