AU FIL DES HOMELIES

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CE QUE NOUS FÊTONS AUJOURD'HUI

Gn 17,1-13 ; Lc 2, 1-7
Vigiles de la fête de Sainte Marie Mère de Dieu – année C (1er janvier 1983)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL


Saint Jean de Malte : Crèche 2008-2009

En ce premier jour de l'année, nous avons une grande abondance de fêtes à célébrer. Nous célébrons d'abord l'octave de Noël, le huitième jour après Noël, c'est-à-dire la plénitude de la fête de Noël, car dans la numération symbolique, huit désigne le chiffre de la plénitude puisqu'il est au-delà du cycle complet des sept jours de la création, qui de semaine en semaine se répète inlassablement, traversant tout le mystère de ce jaillissement de l'univers à partir du cœur de Dieu. Et au-delà de cet achèvement de l'univers le septième jour où Dieu s'est reposé, il y a un jour nouveau, un jour qui n'a pas de fin, le huitième jour. Et de même que le Christ ressuscitera le huitième jour qui sera le premier d'un temps nouveau, de même déjà nous célébrons aujourd'hui le huitième jour de sa naissance, la plénitude du mystère de Noël.

Et en ce huitième jour, l'Écriture nous dit que Jésus, selon la Loi, fut conduit pour être circoncis, pour recevoir dans sa chair le signe de l'Alliance entre Dieu et Abraham, entre Dieu et le peuple élu, entre Dieu et le peuple de la promesse. Par cette circoncision Jésus assume pleinement, totalement l'héritage d'Israël, Il devient le descendant d'Abraham, des patriarches des rois et des prophètes, le descendant de tout ce Testament ancien, cette alliance ancienne, cette alliance qui, en Lui, devient nouvelle et définitive. Comme saint Paul nous le disait tout à l'heure aux vêpres, Jésus, par sa circoncision devient le chef de file de tout le peuple des circoncis. Et comme sa circoncision n'est pas seulement celle de la chair, mais qu'elle est plus profondément la circoncision de son cœur, la circoncision qui ouvre son cœur d'où jaillira l'eau vive, d'où jaillira la grâce, il devient aussi le chef de file de tous ceux qui n'étant pas circoncis dans la chair, acceptent d'être circoncis dans leur cœur par la grâce du baptême. Enracinement dans Israël et ouverture d'Israël à l'Israël nouveau c'est-à-dire à l'humanité tout entière, rassemblée, greffée sur l'Israël ancien pour être la plénitude du peuple élu, pour que sans que le peuple élu ne soit laissé de côté, tous les autres peuples, toutes les autres nations, entrent par lui, avec lui dans la promesse, pour que la plénitude de la promesse soit la rencontre d'Israël et de l'Église.

Mystère aussi de la plus ancienne fête de Marie car si nous célébrons en ce premier janvier Sainte Marie Mère de Dieu, c'est parce que, sans la tradition de l'Église c'est la façon la plus ancienne qu'on a connue de célébrer Marie. Avant de célébrer son Assomption, le mystère de la Visitation et de la Compassion ou de sa Conception Immaculée ou de sa Nativité, on a d'abord célébré sa maternité. Et la première fête de Marie, c'est Noël et c'est pourquoi en ce huitième jour de Noël, en cette plénitude de Noël c'est tout spécialement Marie qui est au centre de la méditation de l'Église. C'est vers Marie que se tourne le regard de notre cœur. Marie qui est le buisson ardent que nous chantions tout à l'heure, Marie sur laquelle est venue la rosée du ciel, Marie en qui s'accomplit la plénitude des temps, Marie qui est l'arche vivante de l'Alliance nouvelle. Et nous ne pourrions jamais nous lasser d'égrener cette litanie de toutes les images, de tous les symboles, de toutes les figures qui s'accomplissent en Marie. Marie, porte du ciel, Marie qui, en elle porte le Fils de Dieu qui est devenu son propre fils.

Et en même temps nous fêtons le saint nom de Jésus car c'est en ce huitième jour, au moment de la circoncision que lui a été donné ce nom, que Marie et Joseph ont donné à l'Enfant qui est le Fils de Dieu ce nom de Jésus de Dieu Sauveur. Ce nom dont saint Bernard nous a donné une litanie : "Jésus nom plein de douceur, Jésus comme un miel dans la bouche de celui qui le prononce, Jésus joie pour le cœur, Jésus tendresse pour l'âme qui le murmure. Oui, nous n'en finirions pas, là aussi de murmurer ce nom de Jésus".

Que ce bouquet de fêtes, cette gerbe de fêtes remises dans nos mains, remises dans nos bras soient notre dernière joie avant de nous endormir pour nous réveiller dans une année nouvelle. Que ce soit avec Marie, avec Jésus, avec tout le peuple d'Israël, avec tout cet Israël nouveau qu'est l'Église que nous commencions cette année.

 

AMEN

 
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