AU FIL DES HOMELIES

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TÉMOINS ET ACTEURS

Nb 6, 22-27, Ga 4, 4-7, Lc 2, 16-21
Sainte Marie, Mère de Dieu – année C (1er janvier 2010)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC


Sur le chemin des étoiles : Le berger

 

Frères et sœurs, il est évident que pas uniquement tous les ans entre le 31 décembre et le premier janvier, il est évident qu'il y a certains moments récurrents dans notre vie où nous sommes amenés à faire une sorte de bilan, et à réfléchir sur notre vie face aux événements du monde. Il faut reconnaître que ce soit sous la forme du regret, ou que ce soit sous la forme du désir, nous nous trouvons face à une situation où il y a les événements que nous vivons de l'extérieur, dont nous sommes témoins et il y a les événements dont nous sommes profondément acteurs.

C'est exactement ce qui se passe au moment de la naissance du Christ, c'est exactement ce que nous venons d'entendre dans cet évangile. Le Christ est né, d'une part il y a ceux qui sont témoins, comme les bergers qui arrivent, et puis, celle qui est plus particulièrement actrice, qui est la vierge Marie, et qui enfante de sa chair même le Fils de Dieu. Je crois que cette scène éternelle que nous revoyons à chaque Noël et que nous aimons contempler dans toutes les églises à travers la mise en scène de la crèche, je crois que cette scène peut mieux nous aider à comprendre à la fois ce qu'est la vie chrétienne d'une part et d'autre part, à réfléchir sur cette nouvelle année qui s'ouvre.

Comme je le disais il y a un instant, la crèche nous rappelle ces bergers qui sont comme convoqués devant la crèche, devant le mystère de ce Dieu fait homme et que ces hommes ayant vu, n'auront de cesse de la faire connaître. Nous contemplons et nous aussi nous sommes amenés à faire connaître ce mystère dans le monde. La première question qui nous est posée en ce jour du premier janvier c'est : que contemplons-nous dans le mystère de Dieu et du Christ, et comment réussissons-nous avec nos capacités qui sont les nôtres et qui ne sont pas toujours limitées bien sûr, comment faisons-nous connaître ce mystère du Christ auprès de ceux qui nous entourent ? Mais les bergers ne se contentent pas uniquement d'annoncer la bonne nouvelle, dans ce rapport horizontal de l'homme auprès d'autres hommes, envoyés par Dieu pour annoncer la bonne nouvelle, mais aussi ces braves bergers vont chanter des cantiques, des louanges de Dieu. Nous sommes à la fois invités dans notre contemplation à annoncer le Christ, et en même temps, nous sommes aussi invités à nous tourner vers Dieu et à lui rendre grâces pour ces mystères dont quelquefois nous ne sommes que témoins et pas véritablement acteurs. Et puis, il y a la vierge Marie qui elle est profondément actrice dans sa chair, et don paradoxalement il est rappelé que elle, dans un premier temps ne va pas sur les routes de Galilée ou autour de Bethléem pour annoncer la naissance de son Enfant. Dans un premier temps, elle garde ce qu'elle a vécu dans le secret de son cœur.

C'est pour nous aussi dans ces événements dont nous sommes acteurs, mais dont nous ne savons pas toujours exactement quoi faire ! Nous sommes invités à les garder, non pas pour les enfermer dans notre cœur et ne jamais en faire état, mais à les garder d'une manière féconde pour leur laisser le temps de s'épanouir, exactement comme un enfant à qui l'on doit laisser le temps de s'épanouir et de grandir pour qu'un jour, il puisse prendre son envol. Là aussi, nous avons des événements dont nous ne mesurons pas toujours la valeur et les conséquences et nous sommes amenés quelquefois à les garder un moment plus ou moins long dans le secret de notre cœur, non pas pour les laisser pourrir sur place comme la pomme qu'on garde dans le cellier, mais pour qu'ils arrivent à maturité.

En fait, c'est cela que l'évangile d'aujourd'hui, c'est cela que la maternité divine nous rappelle, et c'est ce que dit la liturgie au moment où nous clôturons cette octave du temps de Noël. Au début de l'octave, bien sûr nos yeux et nos oreilles étaient plus particulièrement aspirés vers les cris du bébé qui vagit dans ses langes, dans la crèche. Mais au bout d'une semaine, nous sommes invités à regarder ceux qui sont autour de la crèche. Et ceux qui sont autour de la crèche, c'est nous. Que nous soyons comme je le disais et je le redis encore, que nous soyons simplement acteurs, et on peut parfois le déplorer de dire : voilà, moi, je suis chrétien, mais dans ma chair ou dans ma vie de chrétien, je ne suis pas tellement acteur, mais alors, est-ce qu'il y a une place pour moi dans le plan de Dieu ? Il faut répondre : oui ! c'est le cas des bergers. Et parfois, comme la vierge Marie, nous portons, là aussi je le redis encore une fois, nous portons des événements dont nous ne mesurons pas l'ampleur et nous ne savons pas qu'en faire. Nous pensons même quelquefois que nous sommes en-dehors de l'Église? L'évangile de la Nativité nous dit : non, vous faites aussi partie de l'Église.

Hier soir, nous entendions lors des Vigiles, une homélie d'Isaac de l'Étoile, qui rappelait d'abord la nativité de la Tête, c'est-à-dire le Christ, né de la chair de Marie. Et il continuait en parlant aussi de la naissance du corps du Christ qui est l'Église : "L'une et l'autre, Marie et l'Église, comme mère du Christ, mais aucune des deux ne l'enfante tout entier sans l'autre". Les bergers sont aussi importants que la Vierge, et c'est par les bergers aussi que la naissance du Christ est annoncée. Ce que dit Isaac de l'Étoile est fondamental : la tête et le corps sont d'égale importance.

En cette année qui s'ouvre pour nous, il nous est posé cette question importante : comment participons-nous à l'enfantement du Corps du Christ qui est l'Église ? Quelle est notre position dans l'Église ? Je crois que ce qui est merveilleux dans ce message de la bonne nouvelle, et ce que nous dit Isaac de l'Étoile, c'est que tout simplement que quelle que soit notre position par rapport à l'Église, quelles que soient les difficultés que nous rencontrons dans notre vie, il nous est donné à chacun de pouvoir participer à l'enfantement du corps de l'Église.

C'est mon souhait et ma prière en tant que frère, que vous puissiez chacun et chacune participer à cet enfantement merveilleux du corps de l'Église pour que le Christ s'épanouisse, grandisse et habite le cœur de chacun d'entre nous.

 

AMEN

 

 

 
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