AU FIL DES HOMELIES

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SAINT ETIENNE DISCIPLE FIDÈLE

Ac 7, 55-60
St Etienne - (26 décembre 1981)
Homélie du Frère Michel MORIN

 

Autun : Lapidation d'Etienne

A

près la mort et la résurrection du Christ, après la Pentecôte l'Église a connu l'opposition larvée des chefs des pharisiens, des chefs du judaïsme. Cela ne l'empêchait pas de s'accroître de jour en jour et même, nous disent les Actes des apôtres, beaucoup de prêtres s'orientaient dans la foi chrétienne. La mort d'Etienne marque un tournant décisif pour la vie de l'Église car l'opposition du Judaïsme ne sera plus larvée, mais désormais officielle. L'Église de Jérusalem est persécutée à cause de sa foi au Christ Ressuscité et Etienne, le premier, a témoigné de cette mort et de cette résurrection du Christ en acceptant qu'elle s'achève en lui par sa propre mort vers sa résurrection. La mort d'Etienne marque la rupture officielle entre le judaïsme et l'Église.

       Elle marque aussi le début de l'action missionnaire de l'Église puisque les chrétiens dispersés iront porter les fruits sur d'autres terres. Et le symbole de cette foi qui s'étend jusqu'aux limites du monde, c'est la présence de Paul, pas encore converti, auprès d'Etienne au moment où celui-ci est lapidé.

       Etienne est le premier martyr. Il est témoin de la foi primitive cette foi primitive qui est la nôtre aujourd'hui. Le Christ avait dit : "Le disciple n'est pas plus grand que son maître" ce qui voulait dire que tout ce que le Christ a vécu, à cause des hommes, les disciples auront également à le vivre, et la mort d'Etienne en est le premier témoignage, le premier signe à la face de l'Église et aussi à la face du monde païen, à la face du monde qui ne croit pas en Dieu ou qui Le rejette.

       Cette foi de l'Église, c'est ce que Paul lui-même, ce que Pierre annonce : "Jésus, Lui que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité." Cette foi de l'Église, c'est ce que nous lisons aussi dans l'épître aux Romains :"Si tu confesses dans ton cœur, si tu crois et que tes lèvres proclament que Jésus est Seigneur, tu seras sauvé." Le signe que toutes les promesses du Christ ne sont pas un vain mot, ne sont pas réalité uniquement pour Lui, mais pour chacun d'entre nous, dans la mesure où, en tant que disciple, nous nous laissons configurer au mystère du Christ. Or c'est la Sagesse de Dieu, c'est l'Esprit de Dieu que nous avons reçu qui seul, nous configure au mystère du Christ. Les Actes des apôtres le soulignent souvent, à propos d'Etienne. Nous lisons : "Il était rempli de foi et d'Esprit Saint". Il était rempli de sagesse. La Sagesse et l'Esprit le faisaient parler. Et toute sa participation efficace à la prédication apostolique, les signes et les prodiges qu'il accomplissait au sein de la communauté chrétienne, sont les fruits de cette présence de l'Esprit du Christ en lui qui achève l'œuvre de la sanctification en Etienne, et, par lui, dans le monde entier. Ces signes de l'Esprit dont Etienne portera les fruits au moment de sa mort, fruits de l'Esprit qui sont paix et charité. Paix parce qu'il remettra paisiblement son esprit entre les mains de Dieu, charité parce qu'il pardonnera à ses persécuteurs.

       Cette foi de l'Église primitive s'accomplit dans le disciple Etienne et saint Luc a toujours aimé peindre les disciples du Christ comme ceux qui sont complètement configurés au Visage du Christ depuis son Incarnation jusqu'à sa Résurrection. C'est cela la foi, c'est cela ce que nous croyons, sans le voir. Mais il nous est dit dans la mort d'Etienne que celui-ci a vu ce qu'il croyait. Car, voyez-vous, frères et sœurs, si Etienne, témoin de la foi primitive, cette foi-là doit nous conduire à la fin du monde, à la fin des temps, à la vision du Christ nous passerons de la foi à la contemplation, nous cesserons de croire pour voir. Et cela au moment même de notre Pâque, au moment même de notre martyre quelle que soit sa forme, puisque notre vie comme notre mort doit être un témoin de la résurrection du Christ. C'est-à-dire dans le don que nous devons faire à Dieu de notre propre vie, à chaque instant pour qu'il puisse justement la remplir de Sagesse et d'Esprit Saint. Nous sommes appelés, tous, à vivre ce qu'a vécu Etienne au moment de sa mort, à donner notre vie pour le Christ, pas simplement en esprit, pas simplement dans notre désir, mais dans notre chair, dans notre sang. Et c'est à cette condition-là, et à celle-là seule, que nos yeux s'ouvriront pour voir le ciel ouvert et le Fils de l'Homme apparaître dans les nuées. Car le Fils de l'Homme, ce titre du Seigneur qui signifie sa transcendance, signifie aussi sa souffrance. C'est ce que nous lisons dans le livre du prophète Daniel et aussi dans la prophétie d'Isaïe.

       Que cette eucharistie nous enracine un peu plus dans la foi de l'évènement de Noël. Le Christ vient dans la chair pour nous donner sa vie, mais un jour, nous aurons à quitter cette chair pour le voir dans la vie éternelle et être comblés, avec Etienne, de cette paix de ce pardon que lui-même a transmis à ses persécuteurs. Chaque jour, quelles que soient les circonstances de notre vie, nous devons célébrer ce mystère de l'Incarnation dans la joie, dans la sérénité, dans la confiance, donner notre vie, toute notre vie, sans colère, sans amertume, et sans crainte, et puis accomplir aussi, dans la douceur, cette œuvre du pardon.

 

       AMEN

 

 
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