AU FIL DES HOMELIES

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LA CRÈCHE ET LA CROIX

Ac 7, 55-60; Mt 10, 17-22
St Etienne - (26 décembre 2000)
Homélie du Frère Yves HABERT

C

omme on l'a fort bien exprimé dans cette église, comment nous n'aurions sans doute pas écrit l'évangile tel qu'il nous est donné, nous aurions volontiers poursuivi le récit en gommant les blancs, en gommant cette Parole. On a aussi exprimé dans cette église comment cette naissance était un "toi", une relation, quelque chose qui s'ouvrait et qui nous échappait encore. Et la liturgie poursuit ce travail commencé par l'Écriture, elle l'achève. En nous proposant aujourd'hui la fête de saint Etienne au lendemain de Noël, la liturgie achève ce travail de révélation dans nos cœurs, de ce qui se trame. Nous, on aurait été tentés de poursuivre le récit, de poursuivre cette relation, et voilà que la liturgie nous entraîne plus loin. Elle nous parle de ce bois de la crèche qui est identique au bois de la croix, elle nous parle avec toute la tradition chorale de cet homme Etienne qui est martyrisé, de cette naissance de l'Église, elle nous parle de cet homme qui est livré pour être lapidé, au lendemain de la naissance du Sauveur, de la naissance de la joie. Etienne voit, debout à la droite de Dieu, cet Enfant qui était hier couché dans la crèche, Il est debout comme un avocat, le défenseur, ce Jésus Paraclet, ce Jésus qui est venu soutenir ce combat des premiers soldats.

       Les Pères se sont beaucoup ingéniés à faire le parallèle, et nous, nous savons bien que nous avons un avocat auprès de Père, que Jésus est là et que cette naissance, elle jaillit en quelque sorte en autre naissance profonde. Tout l'évangile, et le texte de Saint Matthieu que nous venons de lire, est comme le reflet de ce travail que fait Jésus dans la conscience de ses disciples après s'être présenté comme ce "Toi" divin, comme ce "Tu" divin, quand Il a présenté cet Esprit au début qu'Il ne présente pas tout à fait comme une personne distincte de Lui et de son Père, quand au dernier repas Il le présente alors comme une personne distincte, parce que qu'il y a eu tout ce travail qui a été fait. Il présentera l'autre Paraclet, seulement quand les disciples auront été habitués à Jésus Paraclet, ce n'est qu'après sa glorification que l'Esprit Saint éclatera dans le cœur de tous ses disciples et éclatera aussi dans le cœur du martyr Etienne qui doit confesser. 

       La nuit de Noël n'est pas une nuit qui arrête, ce n'est pas une nuit dans laquelle on sombre, ce n'est pas une nuit de l'aboutissement. La nuit de Noël c'est la nuit d'une naissance, ce n'est pas le terme, c'est le commencement. Il naît dans la crèche, mais pas pour nous plonger dans les abîmes de cette terre mère, pas pour entretenir une sorte de relation fusionnelle avec nous, mais Il naît dans la nuit de la crèche pour un commencement, pour une naissance, pour un récit qui s'épanouit dans une Parole, jusqu'à la parole des martyrs. Il naît dans la crèche pour que l'Église prenne naissance, et que nous puissions naître nous aussi, de cette crèche mais sans nous y arrêter, mais entraînés par les soldats comme Etienne, que nous puissions aussi courir notre route, que nous puissions naître en mourant pour Dieu, que nous puissions naître à la Vie.

 

       AMEN

 

 

 
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