AU FIL DES HOMELIES

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TOUCHER LE VERBE DE VIE

1 Jn 1, 1-2,2 ; Jn 21, 20-24
St Jean - (27 décembre 1980)
Homélie du Frère Jean BUDILLON

L

 

es derniers mots de cet évangile nous plongent en plein paradoxe et même dans la contradiction, tout au moins apparemment. Les cris de joie de la nuit de Noël ne se sont pas encore tus, nos églises résonnent encore du chant : "Il est né le divin Enfant", et voici que les textes de ce jour nous demandent d'attendre la venue de Jésus, comme si rien ne s'était encore passé.

Pendant tout l'Avent, nous avons lu les prophéties de l'Ancien Testament, non comme des documents historiques ou archéologiques, mais comme une Parole de Dieu, toujours actuelle pour nous, et qui nous appelle sans cesse, à l'espérance et à l'attente du jour où le Seigneur viendra. Tout le Nouveau Testament nous demande d'attendre la venue du Seigneur. Il n'y a pas deux dieux, celui des juifs et celui des chrétiens, il n'y a pas deux Bibles, deux révélations, deux espérances. Il n'y a qu'une seule et même. Tous, nous attendons la venue de Seigneur pour la fin des temps. Alors, est-ce que cela veut dire qu'il ne s'est rien passé à Noël ?

Oui, bien sûr, Jésus est déjà né, Il est déjà venu et même, Il est déjà présent parmi nous. Il veut être présent par ce ministère de Pierre dont il est question dans le passage précédant l'évangile du jour. Il est présent, aussi, d'une autre façon, par le mystère que représente l'apôtre saint Jean, cet apôtre que Jésus aimait, cet apôtre qui a mis sa tête sur la poitrine de Jésus pendant la dernière cène. Cela nous rappelle les pèlerins d'Emmaüs qui ont reconnu que Jésus était vivant et présent, au moment où Il leur offrait l'eucharistie, Alors qu'en fait, Il disparaissait à leurs yeux, ils découvraient que leur cœur était tout brûlant d'amour. Voilà le mystère que Jésus nous laisse pour perpétuer sa présence dans le monde en attendant sa venue, celle qui fait l'objet de notre espérance.

Par le sacrement de l'eucharistie, nous communions à la présence de Jésus, déjà né et ressuscité. Par l'eucharistie, notre cœur devient brûlant d'amour pour Dieu et pour les hommes. Mais, ici encore, se retrouve le paradoxe. L'eucharistie nous est donnée pour assouvir notre faim, pour étancher notre soif, pour nous donner la présence de Jésus, et nous découvrons que cette eucharistie ne fait que nous donner davantage faim et davantage soif. Nous ne pouvons pas nous contenter de ces apparences du pain et du vin. Nous aspirons, justement, au jour où, comme l'apôtre saint Jean, nous pourrons mettre notre tête sur la poitrine de Jésus, où nous pourrons "toucher le Verbe de Vie", où nous pourrons, de nos propres yeux, contempler sa gloire. Alors, tout à l'heure nous affirmerons notre foi en la présence réelle de Jésus, mais tout de suite nous crierons : "Viens Seigneur Jésus !"

 

AMEN

 
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