AU FIL DES HOMELIES

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 VOIR DIEU TEL QU'IL EST

1 Jn 3, 1-10 ; Lc 2, 36-40
6ème jour dans l'octave de Noël (31 décembre 2008)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Nous vous l'annonçons !

F

 

rères et sœurs, comme vous l'avez remarqué, durant cette semaine qui suit Noël, nous faisons la lecture de la première épître de saint Jean. C'est un texte qui est très célèbre parce qu'il était utilisé aussi bien après Pâques pour l'instruction des baptisés qu'ensuite pour Noël, parce que à cause de son Prologue : "Ce que nos mains ont touché, ce que nos yeux ont vu, ce que nos oreilles ont entendu, nous vous l'annonçons", il annonce effectivement le mystère de l'Incarnation.

Cependant aujourd'hui, il y a un petit détail qui montre plus profondément pourquoi ce texte de la première épître de Jean est rattaché au mystère de l'Incarnation. Jean dit que nous sommes dès maintenant enfants de Dieu, et que ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Pour saint Jean, dans son évangile comme dans son épître, le grand problème de la venue de Dieu, c'est celui de sa manifestation. Dieu ne vient pas de façon cachée ou anonyme, il vient pour se faire connaître, se faire voir au grand sens du terme pour que nous puissions l'identifier. C'est cela l'Incarnation. Ce n'est pas une sorte d'idée de Dieu qui plane au-dessus de nous, c'est une manifestation réelle de Dieu dans un être réel de chair et de sang qui est Jésus. Donc, on comprend pourquoi dès le Prologue de Jean dans l'évangile, il y a déjà cette phrase : "Et le Verbe s'est fait chair et nous avons vu sa gloire". Il y a aujourd'hui dans le monde actuel de grandes ambiguïtés sur le sens même de la manifestation de Dieu. La plupart du temps, on croit que la religion est une sorte de manifestation intellectuelle ou purement spirituelle de Dieu. Ce n'est pas du tout l'avis de Jean. Lui, il sait qu'il ne peut y avoir manifestation pour l'homme qu'en passant par la réalité charnelle de notre corps et de nos sens nos yeux, nos mains, nos oreilles. Dieu s'est manifesté dans la chair, c'est-à-dire dans ce qui est accessible à la réceptivité humaine, à tout notre système de connaissances.

Jean ajoute que nous savons que lors de cette manifestation, nous serons semblables à Dieu parce que nous le verrons tel qu'il est. C'est là qu'il met le deuxième aspect, l'aspect final, lorsque nous verrons Dieu totalement, tel qu'il est non plus manifesté dans la chair mais tel qu'il est réellement, alors seulement à ce moment-là nous lui serons semblables. Dieu se rend accessible par la manifestation sensible dans la chair ici-bas maintenant, pour qu nous commencions à lui ressembler et que le jour où il se manifestera totalement, réellement dans la plénitude de son mystère, nous puissions nous-mêmes être transformés et le contempler tel qu'il est.

A travers ce petit résumé de deux versets, c'est toute la vision johannique du salut qui est ainsi manifesté. La vision du salut, c'est une transformation : d'abord la transformation de Dieu qui se rend accessible pour que nous commencions à contempler la réalité de ce qu'il est, mais en même temps nous sommes peu à peu transformés nous-mêmes pour pouvoir un jour être capables de le voir réellement, lui dans le mystère le plus profond de son être, et alors la transformation commencée par l'Incarnation trouvera sa plénitude, et nous serons totalement manifestés à lui et totalement manifestés à nous-mêmes parce que nous le verrons tel qu'il est.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 
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