AU FIL DES HOMELIES

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JÉSUS PERDU ET RETROUVÉ

1 Jn 2, 22-28 ; Lc 2, 41-52
6ème jour dans l'octave de Noël (31 décembre 1980)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Esplanade du temple : L'enfant

J

 

e ne sais pas si vous avez remarqué, en écoutant cet évangile apparemment bien connu, à quel point il fourmille d'allusions à un autre moment de la vie du Christ. Tout d'abord, le fait que Marie et Joseph sont pris de peur, parce qu'ils ont l'impression que Jésus n'est plus auprès d'eux. Cet événement dramatique d'avoir perdu cet enfant, c'est un peu une expérience de la mort. C'est comme si le Christ était brutalement disparu. A ce moment-là, cela engendre, dans le cœur de ses parents, ce qui est bien compréhensible, une peur et une angoisse, et ils se mettent à le chercher.

Et puis le fait que l'évangéliste souligne que cette quête, cette recherche a duré trois jours et que c'est le troisième jour qu'ils ont retrouvé Jésus au milieu du Temple. Et la réponse de Jésus lorsque Marie explique que, toute angoissée, elle cherchait Jésus, un peu comme plus tard, au moment de la Résurrection, les femmes, prises de peur, angoissées, chercheront Jésus dans le tombeau vide. A ce moment-là, Jésus a une parole qui rappelle ses paroles lors de la rencontre des disciples d'Emmaüs : "Ne fallait-il pas ?" Est-ce qu'il n'y avait pas une certaine nécessité pour que je fasse ce que j'ai fait ? Et enfin cette réponse : "Ne fallait-il pas que je sois aux affaires de mon Père ?" ou plus exactement "que je sois chez mon Père" ?

Dans cet évangile du mystère de Jésus retrouvé dans le Temple, c'est déjà l'évangile de la Résurrection qui s'annonce. Dans l'un et l'autre cas, ce sont des femmes, des hommes, Joseph, Marie ou les saintes femmes qui sont inquiètes, qui ont de la peine dans le cœur, parce que le Seigneur a disparu et qu'on ne sait plus où Il est. Dans un cas comme dans l'autre, c'est cette expérience de la mort qui surgit en plein cœur de l'existence d'hommes qui ont pressenti le mystère plénier et comblant de la présence de Dieu. C'est alors cette quête, ces trois jours de silence qui s'abattent sur le cœur de l'homme en quête de son Dieu, de ce Dieu dont il a ressenti la proximité.

Puis, à un moment, c'est cette retrouvailles, ces retrouvailles extraordinaires du Christ avec sa Mère et son père, Marie et Joseph d'une part, et d'autre part, ces retrouvailles du Ressuscité avec les saintes femmes et avec les disciples. "Ne fallait-il pas que les Écritures s'accomplissent ?" Dans l'un et l'autre cas le mystère de Jésus est le suivant : c'est que, lorsque nous voulons vraiment être proches du Christ, il faut que nous acceptions qu'Il soit là pour nous conduire vers le Père. Le mystère de Jésus, c'est qu'Il n'est pas venu pour lui-même, mais pour son Père. Dès les premiers moments de son existence, ici il a douze ans, le Christ veut faire comprendre à ceux qui sont les plus proches de Lui, à ses propres parents, que toute son existence est d'être tourné vers le Père, et que, par conséquent, pour Marie et Joseph, vivre dans cette proximité du bonheur de Dieu, c'est accepter qu'au prix même de la mort, au prix même de cette apparente absence de Dieu, nous soyons, par l'amour du Christ Lui-même, tourné vers le seul vers lequel Lui-même a toujours été tourné, dès le premier moment de son existence, son Père, qui nous aime tellement qu'Il nous a donné son propre Fils pour nous ramener à Lui, dans un seul amour, dans cette maison du Père, où le Christ Lui-même se trouvait si bien dès l'âge de douze ans.

 

AMEN
 
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