AU FIL DES HOMELIES

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ACCUEILLIR LES SIGNES

1 Jn 2, 3-11 .15-17 ; Lc 2, 25-32
6ème jour dans l'octave de Noël (31 décembre 2009)
Homélie du Père Dominique VEYRUNE


Reconnaître les signes

 

T

outes ces manifestations, que ce soit Siméon hier, ou Anne aujourd'hui nous paraissent bien réelles,on y est habitué, et pourtant ? Je crois que je ne suis pas le seul ici à ne pas avoir d'apparition de l'archange Gabriel, on est encore quelques-uns, mais pas beaucoup. Ce n'est pas évident de faire la différence, car aujourd'hui on a creusé la psychologie, le psychisme, et il y a des maladies qui font que certaines personnes ont des hallucinations auditives ou visuelles.

Rassurez-vous, j'en ai parlé au médecin qui est à Lourdes et qui ratifie les miracles de Lourdes. Il m'a d'abord demandé si j'étais vraiment prêtre ! C'est un bon début. Mais des gens comme Bernadette, ou ceux qui ont eu des apparitions, comment peut-on être sûr de ce qui se passe ? Et je disais cela avec une pointe de malice. Lui, un homme très ouvert m'a dit : la question se pose. Bernadette est la seule à avoir vu Marie, personne d'autre. Alors ? Ce qui donne crédit à ce qu'elle a dit, c'est sa vie à Nevers et qui a fait que l'Église l'a canonisée. Ce n'est pas Lourdes qu'elle a canonisé. C'est aussi ces millions de pèlerins qui sont là et puis, les guérisons. Mais c'est un peu ténu et si on regarde de près, on ne peut pas prouver, c'est vraiment du domaine de la foi.

Joseph a fait un songe, c'est-à-dire un rêve, on en fait tous que je sache. On peut même rêver de Dieu. Ce n'est pas pour cela que l'ange Gabriel nous voit ! Marie a eu une apparition d'un archange. Elle était seule. Et aujourd'hui lorsque nous écoutons Siméon et Anne, où étaient les témoins ? il y avait Marie, Joseph et le petit Jésus. Mais n'oublions pas que ce n'est pas si évident, même pour la personne qui fait l'objet de ces manifestations divines, de croire, car comment savoir si ce n'est pas une hallucination, ou même l'œuvre de l'autre ? Lorsque nous regardons les évangiles de l'enfance, que nous avons aujourd'hui et pendant tous ces temps-ci, à contempler que ce soit en Matthieu ou en Luc, nous voyons tous les témoignages que donne Dieu à Marie et à Joseph.

C'est vrai, il y a le songe de Joseph, il y a l'annonce à Marie. Il y a aussi cette rencontre avec Élisabeth, oui, elle est bien enceinte, mais qui aurait pu le deviner ? Il y a ces bergers que ni Marie ni Joseph ont appelés, qui sont venus parce que des anges leur on dit que le roi des juifs était né. Il y a, au moment où ils vont présenter Jésus au temple, Siméon, ce vieillard, qui trouve la paix en voyant cet enfant. Anne cette vieille femme, stérile et veuve qui exulte de louage en voyant l'enfant. Il y aura ensuite les mages qui viendront de loin. Et je ne parle pas le l'Écriture elle-même : "C'est en toi, Bethléem Ephrata que naîtra le Messie". Tous ces témoignages qui viennent, c'est vrai, accomplir l'Écriture, nous rassurer, mais surtout, je pense aussi confirmer la foi de Marie et de Joseph parce qu'ils en avaient besoin pour cette mission si grande. Dieu n'est pas chiche ni avare en manifestations de délicatesse et d'amour envers nous. Encore faut-il ne pas tout interpréter et recevoir cela paisiblement.

Marie et Joseph n'en doutons point, on le disait de certains saints, ont vécu d'une manière extraordinaire, leur vie la plus ordinaire. C'est exactement notre vocation maintenant, avec le voisin à l'église, le voisin de palier, la famille que je reçois en ce moment, les amis, les ennuis, c'est maintenant dans ce qu'il y a de plus ordinaire, et ne cherchons pas ailleurs, que nous avons à vivre tout cela surnaturellement, mais cela ne veut pas dire qu'on décolle de la terre. C'est notre vocation normale, comme celle de Marie et de Joseph. Sans doute étaient-ils déjà complices tous les deux dans cette mission qui leur a été donnée, une belle complicité d'époux et d'épouse. Et aussi restaient-ils sans doute non pas les bras en croix et à genoux, il y aura un temps pour cela, mais dans l'intimité de Dieu, dans la prière, pour pouvoir accueillir tous ces signes de Dieu sans en perdre la paix et sans ne pas savoir que penser.

Oui, Dieu nous donne en surabondance quelques signes dans nos vies, il nous fait signe, c'est vrai, mais encore faut-il recevoir ces signes dans la paix et dans l'habitude de sa fréquentation sinon, on n'y comprend rien et l'on ne sait plus où l'on en est. Méditons et contemplons ces temps-ci ces évangiles de l'enfance qui nous sont donnés, pour que les figures de Marie et de Joseph nous apprennent à vivre au quotidien, l'ordinaire d'une manière extraordinaire parce que habités par Dieu.

 

AMEN

 

 

 

 
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