AU FIL DES HOMELIES

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JÉSUS PARMI LES DOCTEURS

1 Jn 2, 15-21 ; Lc 2, 41-52
6ème jour dans l'octave de Noël (31 décembre 1992)
Homélie du Frère Bernard MAITTE


C

e passage d'évangile nous montre Jésus en­seignant aux docteurs. Il ne s'agit pas de nous faire méditer sur des capacités assez éton­nantes de l'Enfant Jésus, enfant bien doué que le Saint Esprit illuminait au moment voulu, comme par des petites lumières dans sa tête, pour faire la réponse juste car il aurait parfaitement son catéchisme auprès du Père et de l'Esprit Saint. Ce passage doit nous amener à comprendre plus exactement quelle est notre relation avec le Seigneur, quelle est notre vie dans l'Esprit et quel est le cœur de notre communion à Dieu dans le mystère trinitaire. Car si l'Enfant Jésus est stupéfiant par les réponses qu'Il donne, admirable pour les docteurs de la Loi, ce n'est pas parce qu'Il aurait appris par avance les réponses mais tout sim­plement parce qu'Il est en communion avec le Père.

Il ne s'agissait par, pour l'Enfant Jésus, de tout savoir du mystère de Dieu dès le début comme Il le connaîtra au fur et à mesure, mais Jésus s'inscrit Lui-même dans notre humanité et donc dans un processus de connaissance du mystère qui est en Lui-même. Ce qui peut nous faire comprendre la réalité de ce que vit l'Enfant Jésus avec les docteurs de la Loi, c'est que son enseignement ne part pas d'une connaissance ex­térieure mais de l'intérieur même de ce qu'Il est, de l'intérieur même de sa relation avec le Père. C'est pour nous l'occasion de saisir que notre approche du mys­tère de Dieu ne peut pas se faire de l'extérieur. On pourrait très bien parler de Dieu et révéler de belles choses sur le mystère de Dieu comme cela se faisait, paraît-il, dans certaines universités des anciens pays communistes, où l'on apprenait le contenu de la Bible et de la foi pour mieux pouvoir le contrer.

La vie avec Dieu n'est pas simplement une connaissance extérieure, mais elle doit être puisée de l'intérieur, par le fait de vivre une communion avec Celui que l'on veut connaître. On peut connaître de plusieurs façons, mais quand il s'agit de connaître non pas une idée mais une personne, on ne la connaîtra que dans la mesure où on l'aime parfaitement, que si l'on est de plus en plus en communion avec ce qui la fait vivre, avec ce qui la fait vibrer et finalement que si elle vous devient plus précieuse que vous-même. C'est à ce prix-là que se réalise une parfaite connais­sance et plus encore une véritable communion de cœur et d'amour. Pour le mystère de Dieu, pour notre vie avec Lui, il en va de même. Nous ne pouvons pas nous contenter d'amonceler des notions pour avoir une idée plus ou moins parfaite de Dieu. Nous ne serions alors que des machines capables de répondre à des questions importantes qui ne nous toucheraient pas fondamentalement ni dans notre vie ni dans notre cœur. Il faut effectivement que ce que nous connais­sons ait une répercussion, une résonance dans toute notre vie. Et il n'y aura de résonance ou de répercus­sion que si nous sommes touchés en notre centre vital c'est-à-dire au cœur, source de toute affection et aussi de cette intelligence du cœur si nécessaire à l'homme.

Et pour le chrétien il y a bien sûr à connaître, à apprendre car il ne faut pas se contenter de la foi du charbonnier. Dans ce cas-là, on serait méprisant pour Dieu Non il faut que ce que nous pouvons connaître de Dieu se réalise dans une vie chrétienne c'est-à-dire dans une vie qui sache puiser dans cette communion à Dieu. Et finalement où venons-nous la puiser si ce n'est dans les sacrements ? Lorsque nous sommes illuminés par la grâce du baptême, ou lorsque l'Esprit saint nous donne ses dons, ou lorsque nous savons dire le mot pour caractériser notre mal ou le péché, lorsque nous savons vivre dans l'eucharistie de l'écoute de la Parole de Dieu, nous réalisons parfaite­ment ce qu'est notre vie, notre connaissance et notre amour avec Dieu. Quand nous venons puiser au corps du Seigneur, se réalise effectivement une communion.

Je crois qu'il y a là pour nous une source de joie mais aussi d'équilibre humain car c'est dans la vie sacramentelle que va se réaliser cette réconciliation entre ce qui peut nous paraître intellectuel, purement de l'ordre de la pensée, et une vie de tous les jours ou une vie morale. En Dieu, il n'y a pas de dissociation. Dans l'oraison d'entrée, nous avons demandé d'avoir la "part du Christ qui résume en Lui tout le genre humain." Sachons donc trouver la plénitude de notre vie, la plénitude de notre cœur à cœur, la plénitude et la vitalité de notre vie affective et intellectuelle dans l'enseignement du Christ car, comme nous l'a dit saint Jean "c'est parce que nous avons vu sa gloire, que nous avons touché au Verbe de vie, que nous pouvons vous l'annoncer." Pour nous il n'y a pas d'autre secret que de vivre profondément cette communion pour pouvoir annoncer aujourd'hui qu'Il nous est né un Sauveur.

 

 

AMEN

 

 
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