AU FIL DES HOMELIES

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LIBERTE DU "OUI"

Est 13, 8-11 + 15-17 ; Jn 15, 18-21
St Hippolyte et St Pontien - (13 août 2005)
Homélie du Frère Yves HABERT

 

L

e pape saint Pontien et le prêtre saint Hippolyte, réunis dans une même fête n'ont pas toujours été unis sur cette terre. Quand Pontien devient évêque de Rome, en 230, Hippolyte a créé une branche dissidente, une autre Église depuis treize ans, depuis l'élection du pape saint Calixte en 217. Depuis treize ans, il s'est coupé, ils se regardent en chiens de faïence. Mais survient la persécution, et en 235, sous Maximin, ils sont déportés tous les deux dans un goulag en Sardaigne. Là, ils vont confesser la foi, ils vont se retrouver, mais ne brodons pas, dans le martyre. Et nous fêtons aujourd'hui le 13 août, la translation de leurs restes à Rome, sous le pape Fabien.

Les martyrs que nous fêtons, dépassant leurs oppositions, ont été rassemblés dans l'unique coupe du Christ, ils ont participé à cette même coupe, ils ont bu au même calice, parce que leur liberté sollicitée par leurs persécuteurs, a été sollicitée et ils ont répondu dans le don total de leur vie. Tant que l'on n'a pas donné totalement sa vie, on ne peut pas être libre. C'est dans le don total de sa vie que l'on devient pleinement libre, de cette liberté qui est celle du Christ. Le Christ qui manifeste dans tout son évangile sa liberté par rapport à certaines traditions, par rapport à certains durcissements de la Loi, par rapport à sa parenté charnelle, par rapport au qu'en dira-t-on, par rapport au que me fera-t-on, quand il reste silencieux pendant sa Passion. Cette liberté du Christ qui se manifeste pleinement à la croix, selon de mot de Péguy, dans le Mystère des saints innocents : Dieu ne veut pas être aimé par des esclaves, il ne veut pas des prosternements d'esclaves, quand on a goûté une fois d'être aimé librement, les prosternements d'esclaves ne disent plus rien.

Pontien et Hippolyte se glissent dans cette liberté du Christ à la Passion. La vierge Marie que nous fêtons lundi dans le mystère de son Assomption est aussi cette femme libre, infiniment libre. Elle puise dans la liberté du Christ, dans cette liberté qu'elle a éprouvé : "où sont ta mère et tes frères", elle puise cette infinie liberté pour offrir son consentement. C'est cela aussi que nous fêterons demain pour le mariage, c'est-à-dire deux oui infiniment libres, deux personnes totalement libres parce qu'elles se donnent l'une à l'autre. C'est ce oui libre de la vierge Marie, c'est le oui de l'Église qui puise dans la force des martyrs de quoi répondre un oui libre, c'est-à-dire descendant directement de la croix, du don total du Christ.

 

AMEN

 

 

 
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