AU FIL DES HOMELIES

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UNE VÉRITÉ VITALE

Is 2, 1-5 ; Mc 1, 1-8
St Jean Damascène - (4 décembre 2000)
Lundi de la première semaine de l'Avent
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

M

algré l'habitude, on peut s'étonner quand on réalise à quel point les confesseurs de la foi qui nous ont précédés ont eu à com­battre pour maintenir une pureté et une orthodoxie de la foi. Après tout ce débat, ou ce combat pour sauve­garder la pureté de la foi ne paraît pas être de mise et d'actualité aujourd'hui et l'on peut aussi s'étonner que cette foi suscite autant de contradictions et qu'il faille donc pour ces hommes être des théologiens, mais aussi des penseurs qui argumentent, et saint Jean de Damas a été un de ces hommes qui a défendu avec beaucoup d'ardeur cette pureté de la foi.

En fait, naturellement nous penserions da­vantage qu'il s'agit pour ces hommes de contempler cette Parole, d'en vivre, et de la transmettre, mais il s'agit aussi de la défendre par la pensée. A cet égard, les frères ont souvent fait état de ces luttes contre les hérésies qui ont abîmé la foi de l'Église, la foi au Christ. Si nous réfléchissons un peu, c'est plutôt bon signe que la foi suscite autant de contradictions, c'est le contraire qui est dangereux, et d'ailleurs la diffé­rence actuellement dans laquelle se situe la foi, les dogmes de l'Église, les gens n'ont pas l'impression de devoir la combattre pour sauvegarder sa vérité. De nos jours, ce sont plutôt les principes moraux qui re­tiennent l'attention et l'on ne semble pas s'attaquer à la foi de l'Église dont on considère que c'est son bien propre et qu'après tout, chacun pense ce qu'il veut et où il peut, et cela comble la différence des uns et des autres.

Dans l'antiquité, à l'époque de Jean Damas­cène, les choses étaient très différents et elles susci­taient un intérêt, un enthousiasme et une agressivité peu commune. Pour eux, la vérité était une question vitale. Pour nous, la subjectivité passant par là il sem­blerait que chacun se débrouille avec ce qu'il pense, ce qu'il est et sa culture propre, et qu'il est bien diffi­cile de faire une sorte de liaison, de découvrir la vérité universelle de tous les hommes, pour leur salut et pour leur monde. Ces hommes qui nous ont précédés ont jalonné leur vie de combats ardents, de défenses, d'argumentations, ce qui prouve que cette Parole de Dieu rencontrait des obstacles, mais aussi des intérêts, des gens qui s'y intéressaient, même les opposants trouvaient un certain intérêt à cette Parole et à la fa­çon dont l'Église la vivait.

Nous pouvons nous interroger sur le fait que cette Parole n'est pas reçue maintenant, ni entendue comme elle est, comme une Parole de contradiction. La vérité, pour ce qu'elle dévoile rencontrera toujours chez les hommes une contradiction, Elle peut exercer une telle fascination, simultanément elle nous convertit, nous voudrions bien la posséder, nous en rendre propriétaires, et saint Jean Damascène, comme beaucoup d'autres ont à la fois tenu cette Parole dans sa vérité et en même temps l'ont lâchée pour la contempler comme étant toujours plus haute qu'eux. Ils la défendaient, ils essayaient de la comprendre, ils la rendaient intelligible pour l'expliquer et en même temps, ils en ménageaient le mystère pour que jamais ils ne soient tentés de s'en rendre propriétaires.

Demandons à ces hommes qui nous ont pré­cédés d'avoir cette même ardeur à défendre la vérité et ce même souci aussi de la contempler pour qu'elle nous convertisse.

 

 

AMEN

 

 
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