AU FIL DES HOMELIES

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SAINT DANIEL LE STYLITE : LA PATIENCE

Jr 33, 14-22 ; Jean 1, 19-28
St Daniel le stylite - (11 décembre 1995)
Lundi de la deuxième semaine de l'Avent
Homélie du Frère Yves HABERT

 

I

l est arrivé un jour un grand malheur dans la vie de Daniel, il a été comme ordonné à distance, ça c'est pour l'anecdote, c'est sa vie qui raconte ça. Mais pourtant de voir ces hommes perchés sur des colonnes, on se dit qu'il y a eu cette critique assez radicale de vouloir s'élever. Cette critique de la Bible dans la tour de Babel où les hommes construisent une tour pour s'approcher du ciel et cette phrase assez jolie de Dieu : "Dieu descendit pour voir". Et quel que soit l'effort de l'homme pour atteindre Dieu, l'homme n'y arrivera pas. Dieu descend pour voir cette agitation de l'homme. Et donc il y a eu cette critique en quelque sorte de cette tentative de grimper sur des colonnes pour s'approcher de Dieu.

Et pourtant quand on visite les monastères, je pense par exemple à Saint Georges de Coziba en Terre Sainte ou à l'Athos en Grèce, les monastères sont perchés sur des falaises au-dessus de la mer. Saint Georges de Coziba est une cellule que l'on ne fait que deviner sur la falaise. Un ermite vit là avec un petit panier pour lui apporter à manger. Et puis, je pense aussi à Saint François, à l'Alverne : cette grotte où il a reçu les stigmates qui est comme suspendue entre ciel et terre. Et puis tous ces monastères de montagne dans les Alpes.

Cette tentative de l'homme de toujours cher­cher à s'élever plutôt peut être à chercher l'inverse, l'envers de cela c'est-à-dire le vertige. Peut-être que l'homme en grimpant si haut cherche le vertige, cher­che à se tenir au-dessus de l'abîme car si Dieu est une montagne, Il est aussi un abîme mais pas l'abîme de l'inconnaissance où tous les chats sont gris, où tout se perd dans un espace de confusion, de mélasse entre les différentes religions, où l'on fond un espèce de Dieu qui ne représente rien et où l'on se penche sur un néant. Non ! Dieu, en régime chrétien, c'est l'abîme mais c'est l'abîme de l'Incarnation. C'est l'abîme d'un Dieu qui se fait petit enfant. Et nous, en tant qu'homme, nous serons toujours au-dessus de cet en­fant qui va venir à Noel. Nous le contemplerons tou­jours au-dessus. Tant que nous n'aurons pas un cœur de berger pour pouvoir l'approcher en direct, nous serons toujours au-dessus d'un Dieu immense qui se fait petit enfant. Et peut-être l'abîme que nous avons à rechercher c'est celui de l'abîme de l'Incarnation et pour comprendre le mystère de l'Incarnation, il faut descendre de notre colonne. Il faut se faire un cœur tout simple, un cœur de berger. Ne pas chercher à converser avec les anges car Dieu va bientôt se faire chair dans notre humanité.

Mais de ces stylites, on peut tout de même garder leur patience puisque le martyrologe appelle Daniel le stylite : "Une colonne de patience" puisqu'il a passé quarante ans sur sa colonne. Puisque des sty­lites ont été des modèles de patience, nous aussi nous devons pendant cet Avent nous tourner vers Dieu, façonner notre cœur avec la patience que ces hommes et ces femmes ont eue pour aller chercher Dieu.

 

AMEN

 

 

 
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