AU FIL DES HOMELIES

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LOURDES

Ap 11, 19 - Ap 12,10
ND de Lourdes - (11 février 1981)
Homélie du Frère Serge JAUNET

 

E

n lisant ce texte tiré de l'Apocalypse, en cette fête de Notre-Dame de Lourdes, mes yeux et mon cœur se portaient vers cette cité qui nous est chère entre toutes, où, voilà cent vingt trois ans aujourd'hui, la Vierge apparaissait pour la première fois à Bernadette Soubirous. A chaque verset se montrait à mes yeux la réalisation de ce qui se vit à Lourdes, réalisation, bien sûr partielle de cette prophétie de Jean au livre de l'Apocalypse.

       Est-ce qu'à Lourdes aussi le ciel ne s'est pas ouvert pour laisser paraître l'Arche d'Alliance ? Et Celui qu'elle renferme ? Est-ce qu'à Lourdes le Ciel ne s'est pas ouvert quand, Marie Mère de Dieu, tabernacle ,arche dans laquelle habita Jésus, vint sur notre terre ? et se montra, non plus au ciel en un signe éclatant, mais entre ciel et terre, dans cette grotte de Massabielle que nous connaissons tous et que nous aimons. Et le signe que l'auteur de l'Apocalypse nous offre est bien le même que celui que Bernadette a vu à Lourdes et que nous continuons à découvrir avec elle : une femme, une femme vêtue de soleil, non plus avec la lune sous les pieds, mais avec une rose jaune sur chaque pied.

       Et ce serpent, ce dragon, ce monstre que nous décrit l'Apocalypse, ce porteur du mal dans notre monde, est-ce que, à Lourdes, nous ne le voyons pas aussi, immense de tous ces malades du corps, du cœur et de l'esprit, de tous ces êtres rendus difformes par le mal, de tous ces handicapés de toutes sortes, est-ce que cette longue procession n'est pas pour nous comme l'image, la réalisation même de ce serpent maléfique, de ce dragon, du démon lui-même, car le mal vient de celui que l'Apocalypse appelle aussi le Satan, ne trouvant pas assez de mots pour le décrire. Est-ce qu'à Lourdes nous n'avons pas été frappés par cet immense serpent qui se faufile à travers la foule, porteur de toutes ces maladies de ceux qui viennent, avec espérance, vers la vierge Marie ?

       Est-ce que ce combat entre le dragon et Michel et ses anges, ne se vit pas à Lourdes, peut-être sans fracas mais dans le secret des cœurs et même des corps ? Il n'est qu'à entendre les prêtres qui ont donné une journée ou deux de leur pèlerinage pour entendre en confession tous ceux qui passent, pour donner le pardon de Dieu, pour réaliser cette phrase des apôtres : "Nous voyions Satan tomber du ciel à notre prière". Oui, à Lourdes, il y a un combat très fort qui se mène entre le Christ Sauveur, né de la vierge Marie, à travers ses sacrements, contre celui qui sème dans notre monde le péché, le mal et la mort. Et les signes de guérison, peu nombreux peut-être, qui sont reconnus par l'Église sont justement des signes que cette victoire est donnée, cette victoire du Christ, de ses ministres, de son Église sur le mal, sur Satan, cette victoire est donnée. Et il en est même qui sont guéris dans leurs corps, et tant d'autres qui sont guéris dans leur cœur, et tant d'autres qui rentrent chez eux l'esprit et le cœur tout à fait apaisés et sûrs de la victoire de notre Dieu.

       Et ce chant dont nous parle saint Jean, ce chant de victoire : "Honneur puissance à notre Dieu, car il est vainqueur, car il est vaincu l'Accusateur de nos frères", est-ce que nous ne l'avons pas entendu clamer et chanter par toutes les voix de la terre, à Lourdes même, au cours de ces processions interminables, signes de la foi, signe de la victoire ? Est-ce que, quand est faite cette procession avec la présence eucharistique du Christ, est-ce que ce n'est pas le même chant que celui de l'Apocalypse ? Oui, louange, honneur, victoire à toi, car tu l'as vaincu, ô Christ, le Satan, celui qui sème dans notre monde le mal et la mort.

       Voilà que la vierge Marie, dans la sagesse de Dieu, en accord avec la sagesse de Dieu, a voulu qu'il y ait un lieu, sur notre terre, parmi d'autres où soit vécu ce signe de la victoire accordée par le Seigneur à son peuple. Et ce signe, cette victoire, n'est donnée que par l'Église. Et Lourdes n'est-ce pas avant tout un lieu où est vécu grâce à la vierge Marie et avec elle, ce qu'est l'Église, ces sacrements donnés à profusion pour que la grâce de la libération, de la guérison soit donnée à tout homme. En ce jour, confions-nous les uns les autres à cette Mère de Dieu qui a bien voulu venir dans notre pays, confions à son intercession toujours vivante pour chacun de nos enfants, car si elle est la Mère de Dieu, elle est aussi mère de chaque homme, elle est l'image de l'Église.

       AMEN

 
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