AU FIL DES HOMELIES

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PAR LE CHRIST TOUT EST DIT !

Ap 11, 19 - Ap 12,10; Lc 1, 26-31
ND de Lourdes - (11 février 1992)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

I

l n'y a rien à ajouter à la Révélation de Dieu. C'est pourquoi les apparitions de la vierge Marie qui fleurissent spécialement au dix-huitième et dix-neuvième siècles n'ajoutent aucun thème nouveau à ce que l'évangile avait annoncé en son temps et que nous avons reçu intégralement. Le point final de la Révélation est posé. Tout ce que Dieu veut dire de Lui a été dit par son Fils Jésus-Christ. C'est le premier point. C'est en cela que toutes les apparitions n'appar­tiennent pas en soi à la Révélation mais s'inscrivent à l'intérieur de la Révélation. Elles ne sont pas un post-scriptum de Dieu qui ajouterait quelques éléments ou qui voudrait se rattraper, mais un éclairage intérieur de ce qui a été déjà dit par le Verbe, la Parole de Dieu qui a pris chair dans le sein de la vierge Marie.

Alors nous pouvons nous demander quel est, du point de vue du Père, du point de vue de la source, le sens de ces apparitions de la vierge Marie. Evi­demment, il ne s'agit pas là de caprice de la vierge Marie qui aurait supplié le Père d'apparaître un peu à ses enfants. Il y a là un sens plus profond que je vou­drais tenter d'éclairer.

Il me semble que l'Église est représentée par cette femme, par cette vierge Marie et que Dieu aurait désiré qu'elle soit en quelques instants historiques précis le reflet de l'Église qui marche vers son Dieu. Lorsque l'on essaie de comprendre Lourdes, on ne peut pas arrêter l'analyse de Lourdes aux apparitions de la vierge Marie, mais il faut entendre Lourdes dans toute son histoire jusqu'à maintenant qui est l'histoire même de l'Église : un rassemblement de pécheurs, de malades qui retrouvent en ce lieu la miséricorde et le cœur attentif du Père. Lourdes ce n'est donc pas sim­plement des apparitions, mais c'est aussi, et c'est aussi important, ce long cheminement, cette grande foule qui a commencé dès le début et qui continue encore en ce jour et qui continuera encore après nous, cette foule de pécheurs qui viennent ensemble former et vivre l'Église.

Ce qui est miraculeux à Lourdes c'est que cette Église y est visible, parfaitement visible pour le monde, que ce qu'il y a de plus secret dans l'Église, en l'occurrence l'activité sacramentelle de pénitence, d'eucharistie, se trouve comme proclamé à la face des nations. Ce qu'il y a de miraculeux dans ce lieu d'ap­paritions de la Vierge, c'est que l'Église se donne à voir au monde qui, en général, ne la reconnaît pas. C'est pourquoi, je crois ou j'imagine, que Dieu a voulu en quelques moments de notre vie sur terre nous donner un reflet de notre propre Église en mar­che vers Lui. Et ces apparitions sont comme l'inaugu­ration, ce qui a permis que cette Église se fasse voir, se rende visible pour que nous puissions nous voir comme en un miroir. Et Marie apparaissant et à sa suite attirant tous les pauvres, tous les pécheurs, tous les malades, tous les hommes et les femmes que nous sommes, pour les attirer à la miséricorde de Dieu, c'est nous qui nous voyons, qui nous regardons en Marie. C'est la première rachetée, la première femme sauvée par Dieu.

Ainsi reconnaissons en ces lieux notre propre Église qui fait route, l'Église pérégrinante, l'Église à l'image de Marie, celle qui était comblée de grâces et dont l'ange Gabriel affirmait : "le Seigneur est avec Toi !" L'Église que nous formons dont Marie est la première sauvée est celle qui est comblée de grâces, celle qui marche vers son Dieu, le Seigneur est en elle et sera toujours en elle.

 

 

AMEN

 

 
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