AU FIL DES HOMELIES

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UNE FEMME TENACE

1 Co 1, 26-31 ; Mt 19, 3-12
Ste Agathe - (5 février 2011)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Mussy-sur-Seine : Sainte Agathe

 

F

rères et sœurs, encore malheureusement aujourd'hui, la femme est considérée à la fois comme quantité négligeable, et en même temps comme butin précieux. Quantité négligeable, parce qu'elle ne semble pas pouvoir vivre par elle-même et doit tout aux hommes, que ce soit le père, l'oncle, le grand frère puis ensuite le mari, et en même temps butin inestimable parce qu'elle peut être le lieu de la rencontre de la négociation et de l'alliance de grandes familles.

Sans vouloir projeter au temps d'Agathe certaines problématiques féministes d'aujourd'hui, ce qui est remarquable avec cette petite jeune fille Agathe, c'est qu'elle a voulu expliquer qu'elle n'était pas un butin. Pourtant, l'homme qui avait jeté son regard sur elle n'était pas quelqu'un de mauvaise condition et peut-être que d'autres auraient été touchées d'être appréciées par le gouverneur en se disant que maintenant, elles auraient pu vivre tranquillement, recevoir de magnifiques bijoux, vivre dans la soie, manger des mets délicats, être invitées aux super soirées, etc … Mais elle ne voulait pas vivre dans l'ombre de son mari. Elle considérait qu'elle n'était pas une chose, mais une personne.

Agathe n'a pas fait de la résistance pour faire de la résistance. Elle l'a fait parce que son regard et son cœur étaient tournés vers quelqu'un d'autre, qui est le Christ. Dans cette société, mais c'est aussi le cas dans notre société actuelle, il n'était pas compréhensible et normal qu'une femme ne soit pas mariée. Les femmes de cette époque ont été de véritables soldats parce qu'elles ont acquis dans l'arène, dans le cirque, ce que les hommes pouvaient acquérir sur un autre terrain, qui était le champ de bataille. Cela a quand même eu le don de toucher le cœur des romains qui appréciaient le courage, la vertu, la force, et de découvrir ce que nous avons pu entendre dans la lettre de saint Paul aux Corinthiens, paradoxalement, la force est issue alors non pas d'une personne forte, mais d'une personne faible, soit un vieillard, soit une jeune fille, nous avons eu le cas avec Blandine à Lyon, soit aujourd'hui avec Agathe.

Autrement dit ce que nous célébrons en ce jour, c'est la possibilité même dans notre faiblesse, la possibilité même étant pris dans les rouages pervers de la société, de pouvoir envers et contre tout exercer notre liberté et de dire : non. C'est ce qu'Agathe a fait, y c'est ce que nous sommes invités à faire. Non pas bien sûr dire : non, simplement pour ennuyer le monde comme un jeune adolescent têtu et insupportable, mais de rappeler à la face du monde que la chose qui est essentielle est notre rapport à Dieu et au Christ.

En conséquence, tout autre type de relation doit être jugé à l'aune de notre relation au Christ. C'est ce qu'a fait cette jeune fille qui a montré non seulement du courage, mais aussi un grand esprit de maturité et qui a considéré que ce qu'on l'obligeait à faire allait contre ce qu'elle voulait faire avec le Christ. Ce qui est célébré aujourd'hui c'est paradoxalement, une relation extrêmement libre avec Dieu, en ces jours où le monde nous veut absolument prouver aux chrétiens que nous ne sommes pas libres à cause de la religion qui enferme. En fait, c'est l'inverse, ce n'est pas nous qui subissons, mis ce sont les autres qui subissent.

Comme Agathe, nous sommes invités à nous lever simplement, pas nécessairement pour entrer tout de suite dans la polémique, mais à faire cet état des lieux et de nous dire que celui qui compte c'est le Christ dans notre vie. Est-ce que ce sont des voies qui amenuisent, qui nous amènent à une perfection avec le Christ ? C'est ce jugement que nous avons à établir. Quant à Agathe, elle a jugé qu'il était préférable de mourir plutôt que de renier le Christ.

 

 

AMEN

 

 
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