AU FIL DES HOMELIES

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UN COMBATTANT POUR LA VRAIE FOI

Ex 3, 11-14 ; Jn 5, 19-24
St Hilaire - (13 janvier 2009)
Mardi de la deuxième semaine de l'Épiphanie
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Saint Hilaire

F

rères et sœurs, saint Hilaire que nous célébrons aujourd'hui et une personnalité extrêmement attachante et d'une grande richesse pour la réflexion de l'Église. Il n'est pas seulement celui qui a été le défenseur de la divinité du Christ comme nous venons de l'entendre dans l'évangile de saint Jean : "Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père". Saint Hilaire a été aussi un évêque de Poitiers très proche et très attentif à son peuple. C'est lui qui a accueilli saint Martin, ce soldat romain qui avait donné la moitié de son manteau à un pauvre qui était Jésus-Christ, il a accueilli saint Martin qui deviendra ensuite évêque de Tours. Il a favorisé la fondation du premier monastère de Gaule à Ligugé, par ce même saint Martin, et il a avec celui-ci, entrepris l'évangélisation des campagnes de la Gaule qui n'avaient pas encore été atteintes par la foi en Jésus-Christ. C'est pourquoi saint Hilaire mériterait à l'équivalent de saint Martin, d'être célèbre dans la piété populaire comme celui qui a fondé la foi de nos pères, et donc notre foi dans le Christ Jésus.

C'est donc une personnalité très complète que celle de saint Hilaire, évêque, pasteur, proche de son peuple, théologien. Il a combattu pour le Christ, car à l'époque où il était évêque de Poitiers, l'Église du monde entier était proche de sombrer dans l'arianisme, une hérésie pour laquelle des trois personnes de la Trinité, le Père, le Fils et le Saint Esprit, seul le Père est vraiment Dieu. On revient au Dieu unique de l'Ancien Testament, et le Fils et l'Esprit ne sont pas vraiment Dieu à l'égal du Père, ils sont simplement ses serviteurs, les premières de ses créatures.

Saint Hilaire a su avec force, se battre pour la divinité du Fils. Cela lui a valu l'exil, il a été pendant de nombreuses années exilé en Orient, loin de son siège épiscopal et au lieu de faire simplement de cet exil une épreuve, il en a fait le fondement d'un renouveau de la pensée, car il s'est ouvert par des discussions à tous les évêques d'Orient qu'il a pu rencontrer, quelles que soient leurs positions théologiques, écoutant avec autant de soin les positions des hérétiques que celles de ceux qui étaient fidèles aux positions du concile de Nicée. Cela lui a permis de jouer un rôle important dans la réconciliation d'un grand nombre d'évêques prétendument hérétiques, qui ne l'étaient pas vraiment et dont il a su découvrir la foi. Saint Hilaire a écrit le premier traité sur la Trinité, un ouvrage remarquable et d'une grande profondeur. Dans cet ouvrage, je vais retenir deux choses seulement. La première, c'est que au début de son traité de la Trinité, il nous raconte son propre itinéraire spirituel. D'un milieu païen, il s'est converti au christianisme et il nous raconte comment sa recherche de la vérité l'avait conduit à rencontrer toutes les écoles philosophiques dont aucune ne satisfaisait sa recherche, et l'éblouissement devant le texte de l'Exode que nous entendions tout à l'heure, et c'est pour cette raison que nous l'avons lu aujourd'hui. C'est le passage dans lequel Moïse dit à Dieu qu'il veut bien aller en son nom voir les enfants d'Israël, c'est après l'épisode du Buisson Ardent, mais dit Moïse, s'ils me demandent comment t'appelles-tu, que vais-je leur dire ? Et Dieu lui dit : "Je suis, je suis". Dieu est l'existence par excellence, il est la source de toute vie, de toute existence, et c'est cela qui a bouleversé le jeune païen Hilaire qui était à la recherche de la vérité.

La deuxième chose, c'est qu'il continue ensuite à nous raconter son itinéraire et comment la deuxième illumination a été la lecture du prologue de saint Jean car : "Auprès du Père était le Verbe, et le Verbe était Dieu" comme le Père. C'est là qu'il a découvert que ce Dieu des chrétiens n'était pas un Dieu solitaire comme on pourrait le croire en interprétant mal le fait que notre Dieu est un Dieu unique. Car comme nous venons de l'entendre dans l'évangile, le Fils reçoit tout du Père, il ne peut rien faire que ce que fait le Père, tout ce que fait le Père, il le fait. Le Fils, le Verbe, toute la puissance de vie divine du Père, c'est pour cela qu'il est parfaitement égal au Père tout en étant distinct de lui, ce qui fait selon les paroles même de saint Hilaire que notre Dieu n'est pas un Dieu solitaire, c'est un Dieu de communion. Déjà à l'intérieur le plus intime de la vie de Dieu, il y a cette pluralité de personnes, Père, Fils et Esprit, qui permet que le Père aime le Fils, que le Fils aime le Père et que le Père et le Fils aiment l'Esprit et que l'Esprit aime le Père et le Fil, et qu'ainsi il y ait une communion d'amour à l'intérieur même du mystère de Dieu.

Rendons grâces au Seigneur pour des hommes comme saint Hilaire, qu'il a suscité par sa grâce, qu'il a illuminé dans leur cœur, et à qui il a donné de pouvoir transmettre cette illumination aux autres, et d'être ainsi les pères de notre foi.

 

AMEN

 

 
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