AU FIL DES HOMELIES

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GARDER SON CŒUR D'ENFANT

Ph 4, 4-9 ; Mc 10, 13-16
St Jean Bosco - (31 janvier 2004)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

F

rères et sœurs, quand on fête aujourd'hui, comme le fête toute l'Église, saint Jean Bosco, on fête un homme qui non seulement avait un talent pédagogique pour s'intéresser aux enfants, non seulement avait le sens d'une sorte de compassion pour les enfants pauvres des quartiers déshérités de Turin qui était à l'époque en pleine industrialisation, mais on fête un homme qui a compris vraiment ce que signifiait l'enfance et la jeunesse dans notre expé­rience humaine. Pour nous les adultes, ce monde de l'enfance et de la jeunesse est parfois un peu loin. Comme on dit, on est devenu "sérieux", et ce mot sérieux, a souvent la connotation de blasé, ennuyé, avoir tout vu, avoir tout entendu, n'être surpris par rien. Et pourtant, quand on regarde les enfants, c'est tout l'inverse. C'est ce stade de la vie où tout est inté­ressant, où le cœur et l'esprit s'ouvrent à tout, où la vie de l'homme est réceptrice à tout ce qui se passe, même grimper les escaliers, c'est une chose extrême­ment prenante et intéressante.

A ce moment-là, la jeunesse, c'est ce temps extraordinaire où l'on découvre le monde. Je crois que ce que saint Jean Bosco avait compris, c'est que la découverte du monde et la découverte de Dieu c'est la même chose. C'est-à-dire que quand on a le cœur aussi largement ouvert, quand on a les yeux et l'esprit aussi grands ouverts, ils sont les mieux disposés à accueillir l'immensité de la présence et de l'amour de Dieu. C'est ce qui fait que l'enfant est sacré, c'est parce que c'est e moment où un être s'ouvre à travers la vie familiale, le regard de ses parents, le souci de ses éducateurs, à travers la découverte du monde par toutes sortes de moyens, il s'ouvre en réalité à tout ce que Dieu veut lui donner à travers d'autres personnes, les adultes qui sont comme des relais. C'est pour cela qu'il y a chez l'enfant cette merveilleuse attitude à la fois d'audace et de confiance, car tout est intéressant, on peut faire confiance en tout. C'est cela que Jésus a loué dans le petit enfant qu'il montrait au milieu des disciples. Il leur a dit : vous voyez cet enfant qui s'ap­proche de moi, s'il vient vers moi, c'est parce qu'il a confiance. Donc, c'est le modèle même de l'existence humaine, c'est le modèle même de l'existence croyante.

Alors, tu comprends Marie aujourd'hui pour­quoi c'est si important ta première communion. En réalité, tu fais cette démarche avec ton cœur d'enfant, tu as envie de recevoir la plénitude de l'amour de Dieu que tu as découvert dans ta vie à travers la vie familiale, l'amour de tes parents. C'est déjà magnifi­que, mais ce que tu peux découvrir aujourd'hui, c'est que Dieu est là pour toi aujourd'hui. Il veut te donner à travers ce pain et ce vin son corps et son sang, c'est-à-dire sa vie intime, sa présence en ton cœur. Cela, c'est le plus beau cadeau que Dieu veuille te faire, et c'est aussi ce que ton cœur désire secrètement. C'est pour cette raison qu'aujourd'hui nous sommes si heu­reux avec toi de t'accompagner dans cette démarche parce que nous sommes sûrs que si Dieu se donne à toi comme cela, Il ne te décevra jamais. Et plus ton désir de Dieu grandira, plus effectivement tu auras la joie de Le découvrir non seulement en toi, mais aussi dans le cœur de tous tes frères.

Et puis vous, frères et sœurs, qui aujourd'hui à cause du deuil récent qui vous a touché, vous n'avez pas tellement envie d'entendre des pages de l'évangile sur l'enfance, sur cette ouverture du cœur au mystère de Dieu. Et pourtant, on meurt tous comme des en­fants. Quand on meurt, c'est le moment du plus grand abandon, c'est ce moment où on laisse son cœur, ses mains, sa vie, son regard s'ouvrir vers quelque chose que nous n'avons encore jamais connu et découvert de cette façon. La mort, ce n'est pas simplement ce mo­ment que nous voyons nous, du départ, ce moment où tout se brise où tout se casse, mais c'est aussi le mo­ment de la plus grande découverte et du plus grand émerveillement. Et je pense effectivement que dans le cœur de ceux qu'on aime, ce dernier effort pour entrer dans le mystère de Dieu, c'est de retrouver ce cœur d'enfant qu'on a reçu à la naissance, cette espèce de réceptivité profonde et qu'au moment où l'on doit rencontrer Dieu, il faut que notre cœur soit grand ou­vert, prêt à accepter cette immensité de l'amour de Dieu.

Frères et sœurs, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, que nous soyons dans la joie, que nous soyons dans la paix, que nous soyons dans le deuil et les larmes, que nous puisions demander à Dieu par l'intercession de saint Jean Bosco de laisser grandir en nous et de res­ter toujours grand et ouvert, ce cœur d'enfant qui nous a été donné au moment de notre baptême.

 

AMEN


 

 

 
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