AU FIL DES HOMELIES

Photos

LA TENDRESSE DE DIEU ENVERS LES PLUS PETITS

Ph 4, 4-9 ; Mc 10, 13-16
St Jean Bosco - (31 janvier 2011)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Simple fleur des champs : la carotte sauvage

F

rères et sœurs, saint Jean Bosco a passé toute sa vie à s'occuper sinon de petits enfants, du moins d'adolescents et de jeunes, et c'est pourquoi l'Église nous propose aujourd'hui ce geste de Jésus qui est attentif aux enfants. Dans l'Antiquité, les enfants n'étaient pas l'objet comme aujourd'hui d'un culte familial, ils étaient considérés comme quantité négligeable parce qu'ils n'avaient pas encore atteint à la raison. C'est pourquoi cela nous explique l'attitude des disciples qui écartaient ces enfants qui font perdre à Jésus un temps précieux, Jésus a autre chose à faire : il est bien plus important de s'adresser à des adultes. Mais Jésus n'est pas de l'avis de ses disciples, il les rabroue parce qu'il veut s'intéresser aux petits enfants aussi bien qu'aux adultes. Tous les âges sont des âges de grâce. Jésus va manifester sa tendresse à ces petits enfants, en les embrassant, ce qui est rare dans les textes anciens que l'on nous signale ce geste. Jésus les bénit aussi, en leur imposant les mains.

C'est une constante de la Bible que cette attention de Dieu ait privilégié non seulement les enfants, mais toujours les plus faibles, les plus pauvres, les plus démunis, ceux qui ne sont pas en tête de l'humanité en marche. Dans l'Ancien Testament, Dieu dit expressément à son peuple Israël : ce n'est pas parce que vous êtes le plus grand des peuples que je vous ai choisi, mais parce que vous êtes le plus petit. Effectivement, entre les empires d'Égypte ou de Babylone, les hébreux étaient bien peu de chose. Cela explique aussi la difficulté qu'ils ont eu à survivre dans un monde hostile, un monde plus puissant qu'eux.

Dans la Bible Dieu choisit toujours les seconds de préférence aux premiers. C'est le cas de Jacob avec Esaü, c'est le cas d'Isaac avec Ismaël, c'est le cas de Joseph avec ses frères. On dirait que Dieu prend un malin plaisir à exalter ceux qui sont plus petits, et dans une très belle page d'évangile, Jésus s'écrie : Seigneur, je te bénis d'avoir caché ce mystère aux sages et aux puissants, et de l'avoir révélé aux tout-petits.

La foi n'est pas une question de connaissance avancée, la foi n'est pas réservée aux intelligents, n'est pas réservée aux savants, la foi est ouverte à tout le monde. La foi n'est pas compliquée contrairement à ce que l'on dit parfois. Il faut savoir aller plus profond dans les mots de Jésus pour ouvrir leur source qui est unique, toute simple et toute donnée. C'est cet amour que Dieu a pour nous qui est le maître mot de toute notre vie, de toute notre foi, de toutes nos relations avec Dieu et avec les autres, et c'est en creusant cette expérience de l'ouverture du cœur que nous pouvons découvrir la foi non pas comme une doctrine à asséner aux autres, non pas comme une série de vérités qu'il faut enchaîner les unes aux autres, mais comme une attitude de toute notre vie en face de Dieu.

Que Dieu nous donne d'avoir cette simplicité des enfants, cette ouverture du cœur, cette attention à l'autre. Que Dieu nous donne cette simplification de nous-même, car souvent, nous sommes trop compliqués et c'est nous qui rendons malaisé le chemin vers Dieu.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public