AU FIL DES HOMELIES

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LA BRISURE DU RENIEMENT

Hb 10, 32-36; Jn 17, 11b-19
SS. Sébastien et Fabien - (20 janvier 2010)
Mercredi de la troisième semaine de l'Épiphanie
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Cadouin : La confession du moine

 

F

rères et sœurs, qu'est-ce qui peut nous séparer de l'amour du Christ ? Qu'est-ce qui fondamentalement peut briser l'unité du corps de l'Église ? Spontanément, frères et sœurs, nous aurions tendance à penser que c'est la mort physique, qui, charnellement, physiquement nous sépare de ceux que nous aimons, nous sépare de la communauté ecclésiale ? Je crois que dans le mystère que nous célébrons en ce jour où nous faisons mémoire du martyre du pape saint Fabien auquel est associé saint Sébastien, je crois que ce qui nous est donné de contempler ce n'est pas tant la blessure du corps ecclésial ou l'unité de l'Église à travers la mort physique, qu'à travers le péché.

Je ne dis pas qu'il est facile de donner sa vie pour Dieu, il faut être au pied du mur pour savoir si nous aurions accepté de nous faire manger par les lions plutôt que de renier notre foi, personnellement, je ne m'avancerais pas sur ce genre de terrain, je n'en sais rien moi-même. Mais ce qui est important et qui ressort d'une lettre de saint Cyprien de Carthage et de l'Église romaine sur le martyre du pape saint Fabien, ce qui est fondamental, c'est la brisure reliée au reniement.

Le reniement, le péché, c'est ce qui fondamentalement abîme et déchire l'Église. Ce qui est très beau dans cette lettre et ce que nous dit saint Cyprien, c'est qu'il y a toujours une histoire possible à cause de notre péché, même à cause de notre reniement. Autrement dit, la déchirure, l'unité de l'Église qui est brisée à travers notre reniement ne signe pas la fin de l'Église ni même la fin de notre histoire. Il est toujours possible de demander pardon à Dieu, il est toujours possible de demander pardon à l'Église.

Nous voyons comme cela une sorte de déplacement du mot "martyr" puisque aujourd'hui hélas, même le mot martyr signifie encore autre chose puisque l'on appelle martyr quelqu'un qui s'amuse à faire mourir les autres avec lui. Ce n'est pas cela le martyre. Le martyre, c'est véritablement témoigner. Le témoignage du martyr qui meurt dans l'arène, c'est de proclamer : "Rien ne me séparera du Christ". Ma mort est configurée à la mort du Christ. Celui qui a péché, celui qui a renié le Christ, qui a refusé de donner sa vie pour le Christ, a tout de même une autre possibilité pour être témoin, c'est à travers le pardon et la réconciliation. Quand dans le secret du confessionnal, que ce soit maintenant dans ce mobilier de bois ou sur une simple chaise dans une chapelle dans une quelconque église, au cœur même dans le secret du confessionnal et de la réconciliation, ce qui est vécu c'est aussi de l'ordre du martyre. C'est-à-dire le fait que, librement, nous nous avançons, librement, nous confessons nos péchés, et librement nous découvrons qu'à travers cette confession du péché, rien, même le péché ne peut nous couper de l'amour du Christ, de l'unité de l'Église et de l'unité avec le corps qui est le Christ.

Frères et sœurs, même si c'est un exercice difficile, mais il faut bien l'avouer quand même notre vie charnelle n'est jamais mise en jeu lors de nos confessions, je crois que c'est cela qui est véritablement la confession. La confession c'est de témoigner, de confesser que rien n'est plus fort que l'amour de Dieu dans notre vie.

 

AMEN


 

 

 
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