AU FIL DES HOMELIES

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COLLABORATEURS ÉCLAIRÉS

2 Tm 1, 1-9 ; Lc 22, 24-30
SS. Tite et Timothée - (26 janvier 1994)
Homélie du Frère Jean-François NOEL


S

aint Paul est une personnalité suffisamment puissante pour avoir réussi à s'attacher deux hommes aussi différents que Timothée et Tite et à en faire des collaborateurs efficaces. Dans la deuxième lettre à Timothée que Paul lui adresse de Rome, nous avons entendu le ton, l'émotion et l'amitié qui relie ces deux hommes. Et à travers ces lignes, on devine comment Timothée fut le confident de toutes les heures de Paul et reçut les grandes intuitions de cet apôtre. Paul parlait de ses larmes, de sa joie à contempler la foi qui animait Timothée et qui lui venait de sa mère et de sa grand-mère. Amitié qui fait de ce Timothée ce confident capable de devenir à son tour héritier du message que saint Paul portait parfois douloureusement.

       De son côté Tite est un esprit différent, plutôt négociateur. Il fut envoyé par Paul pour dissiper des malentendus ou apaiser des discordes qui venaient de naître dans les Églises récemment fondées. D'ailleurs Tite devint le successeur de Paul dans l'île de Crète où il eut à charge d'organiser, de gérer l'Église naissante.

       Deux personnalités différentes, qui, attachées différemment à Paul vont permettre à l'œuvre du Christ de se continuer. Nous fêtons en eux la transmission de la foi. Nous comprenons comment la foi se transmet, grandit, passe d'homme à homme. Pas forcément par un choix personnel mais par la façon dont des hommes sont donnés les uns aux autres, car Dieu sait que, dans ce don, dans cette relation, naîtra la possibilité de faire passer la foi. Nous ne recevons pas forcément la foi de ceux dont il serait logique de la recevoir mais nous pouvons avoir, au cours de notre vie, l'occasion de rencontrer d'autres personnes qui nous sont données, et dans ce don, nous pouvons davantage comprendre qu'à notre tour, nous devenons des héritiers.

       Une des grandes crises des chrétiens en ce monde d'aujourd'hui, indépendamment du problème de leur relation avec Dieu et souvent de leur indifférence à l'égard de Dieu, consiste à croire qu'ils ne sont pas eux-mêmes héritiers du message de salut et qu'ils ont à s'attacher à l'Église mais ne reçoivent pas d'elle le sentiment qu'elle s'attache à eux et qu'ils doivent à leur tout devenir porteurs de cette bonne nouvelle. Ils sont provisoirement, accidentellement attachés à l'Église, recevant d'elle la sanctification qu'elle donne mais la relation inverse ne se produit pas. Ils ne se sentent pas assez riches de cette sanctification pour pouvoir, à leur tour, "être Église", être héritiers de ce que l'Église dit. Attitude que l'on peut qualifier de consommatrice si l'on veut être péjoratif, mais souvent attitude de fausse timidité ou de pudeur à l'égard de l'Église. J'ai à recevoir d'Elle même si parfois je m'en méfie, mais la relation est dans un seul sens. Je n'accepte pas de donner, à mon tour, de donner à d'autres ce qu'elle me donne. En ce jour réfléchissons à cette transmission de la foi, puisqu'elle passe par nous, puisqu'elle passe obligatoirement par nous en toute circonstance, en tous lieux, afin de susciter dans les hommes et les femmes qu'il nous est donné de rencontrer de nouveaux héritiers du salut.

AMEN

 
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