AU FIL DES HOMELIES

SANS LE VOIR VOUS L'AIMEZ

2 Tm 1, 1-9 ; Lc 22, 24-30
SS. Tite et Timothée - (26 janvier 1981)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

L'Isle-sur-Aumont : un disciple à la massue 

N

ous célébrons aujourd'hui la fête des saints évêques Timothée et Tite. Il y a, dans le Nouveau Testament, deux passages que je trouve particulièrement émouvants. 

Le premier c'est une phrase de saint Pierre dans l'une de ses épîtres. Il dit aux disciples beaucoup plus jeunes que lui qui ont cru à la parole du Christ : "Sans le voir, vous l'aimez et vous tressaillez de joie en attendant sa venue !" C'était pour l'apôtre Pierre une joie profonde que de voir ceux qui n'avaient pas connu personnellement le Christ, ceux qui déjà d'une génération suivante, avaient donné tout leur cœur au Christ par la foi et par l'amour de leurs frères, que ceux-là recevaient en plénitude le témoignage que Pierre leur apportait. Autrement dit, ils n'avaient pas vu le Christ et ils l'aimaient, alors que Pierre, lui qui pourtant avait vu le Christ à certains moments n'avait pas su l'aimer. Et cela remplissait son cœur de joie. 

L'autre passage, c'est ce début de la lettre de Paul à Timothée. C'est au fond la même attitude. Paul se rend compte qu'il est à la fin de sa vie, qu'il est prisonnier et que, bientôt, il ne pourra plus annoncer le Christ. Et il s'aperçoit, comme émerveillé, que ses disciples qui, eux non plus, n'ont pas connu directement le Christ, que ce soit Tite ou Timothée, ses disciples, eux, vont continuer la tâche d'évangélisation qui a animé Paul et tous les disciples de la première génération. 

C'est, je crois, d'un très grand enseignement pour nous. La foi ne nous appartient pas. C'est ce dépôt, non pas un dépôt que nous garderions dans notre cœur comme enfermé, clos, sans pouvoir le communiquer à personne, mais que c'est au contraire, un don de Dieu qui vient au plus intime de nous-mêmes pour être donné. La foi n'est vivante que si elle est proposée, donnée, transmise. Et pour Pierre comme pour Paul, le plus grand émerveillement qu'ils ont eu dans leur vie de disciple et de croyant, a été précisément de se rendre compte, à la fin de leur vie, que ce dépôt si précieux ne tenait pas à eux, mais que le Seigneur, dans sa miséricorde allait faire que cette Eglise continuerait à travers les générations et à travers les siècles et que, eux, pourtant les disciples, pourtant les premiers témoins n'avaient été que les premiers maillons de cette chaîne. 

C'est dans ce sens-là que nous lisons aujourd'hui la parole de l'évangile de Luc. Au moment de mourir, le Christ a dit à ses disciples : "Les rois des nations se font les plus grands et aiment à être servis. Et bien, vous, il faut que vous soyez des serviteurs." Un évêque, un disciple, tout croyant est d'abord un serviteur de la foi. C'est le don qui nous a été fait, comme les talents, et s'il ne porte pas de fruit dans le cœur de ceux que nous aimons, dans le cœur de ceux que nous connaissons, c'est que nous ne sommes pas encore de véritables serviteurs de la foi, que nous n'aimons pas encore assez notre Dieu. 

 

AMEN


 

 

 

 

 
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