AU FIL DES HOMELIES

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LE MARTYRE

Ap 7, 9-17 ; Mt 10, 34-39
Ste Agnès - (21 janvier 1982)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Chaource : Sainte Agnès

C

e sont d'une certaine manière, des hommes et des femmes comme sainte Agnès qui ont fait s'écrouler l'empire romain, dans tout ce qu'il avait de prétention mondaine. En effet, dans l'itinéraire historique qui conduit du petit groupe des disciples autour de Jésus jusqu'au moment où le christianisme devient une religion permise dans l'empire romain, les principales étapes qui marquent ce cheminement, ce sont des persécutions. C'est parce qu'une petite poignée de chrétiens, extrêmement fermes et convaincus et enracinés solidement dans la foi et dans l'amour du Christ, n'ont à aucun moment capitulé devant ce qui paraissait la puissance la plus forte, la plus solide, la plus stable de toute l'époque, qu'en réalité ils ont réussi à faire que cet empire s'écroule dans toutes les prétentions inhumaines qu'il pouvait avoir d'une domination très forte sur toutes les nations, une sorte d'orgueil symbolisé par l'empereur qui n'avait pas peur de demander qu'on le considère comme un dieu. C'est cela même le courage de ces quelques personnes qui a fait que la face du monde a été vraiment changée.

       Et Agnès est l'une des figures les plus marquantes. C'est pourquoi, très vite à Rome, son culte s'est répandu avec une grande ferveur. Agnès était une toute jeune fille. Elle portait ce nom qui évoque le mystère même du Christ, comme Agneau, comme victime pour le sacrifice. C'est pourquoi nous avons lu tout à l'heure ce passage de l'Apocalypse qui nous montre la procession de tous ceux qui sont restés fidèles au Christ, et Saint Jean demande le sens de cette vision. "Ces gens-là, qui sont-ils et d'où viennent-ils ?" Et l'ange répond à Jean : "Ceux-là ont traversé la grande épreuve." La grande épreuve, c'est simplement le fait de reconnaître la stabilité et la solidité absolue de la vérité de Dieu dans le cœur de l'homme. A partir du moment où nous avons reçu la Parole de vérité par le bain du baptême, Dieu a pris racine en nous, et ce sera toujours une épreuve de force de savoir ce qui, en nous, sera le plus fort, le plus stable, si c'est la Parole de Dieu ou la puissance de ce monde.

       C'est alors que ceux qui ont voulu ainsi rester fidèles au Christ ont vu leur vêtement être purifié dans le sang de l'Agneau. Le vêtement, c'est notre condition mortelle, notre condition de chair. Et si notre vêtement, notre corps a été, lui aussi, purifié au moment du baptême, à combien plus forte raison, le corps des martyrs a-t-il été purifié par le bain du sang qui coulait sur eux au moment où ils ont témoigné pour le Christ. Car ce n'est pas vraiment leur propre sang qui a coulé, à ce moment-là, mais c'est le sang de l'Agneau. Le martyre est cette ultime configuration à la mort du Christ pour entrer dans sa résurrection. Etre martyr c'est accepter que son sang ne soit plus totalement le nôtre, puisqu'à ce moment-là même il faut le donner, mais que ce soit le sang du Christ qui soit donné, versé pour la vie du monde.

       Nous qui, à chaque eucharistie, avons coutume de recevoir le sang du Christ, souvenons-nous toujours pour quelle raison nous le buvons. C'est parce qu'il a été versé pour nous et que nous devons donner notre vie pour nos frères, pour la vérité de Dieu.

 

       AMEN


 

 
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