AU FIL DES HOMELIES

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PROTECTRICE DE LA VILLE DE PARIS

1 Jn 3, 1-10 ;Jn 1, 35-42
Ste Geneviève - (3 janvier 1990)
Homélie du Frère Michel MORIN

Force et fragilité

D

 

ans la première épître de saint Jean, retenons du passage que nous avons entendu en ce jour ce verset : "Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, ni celui qui n'aime pas son frère ! C'est à cela que sont reconnaissables soit les enfants de Dieu, soit les enfants du diable !" La vie de sainte Geneviève peut se résumer en trois mots. Le premier, celui de la contemplation. "Celui qui n'est pas de Dieu". La contemplation, la prière, la vie spirituelle c'est être de Dieu. Comme le dit l'apôtre, c'est avoir en soi cette semence de vie divine qui nous protège de tout mal, de tout mal définitif, de tout mal radical, puisque, par la grâce baptismale, Il nous en guérit de façon définitive. Sainte Geneviève était, au cinquième siècle, à Nanterre, vierge consacrée. Elle avait totalement voué sa vie à l'unique nécessaire, à la recherche de Dieu. C'était la forme primitive et toujours actuelle de la vie religieuse féminine. La contemplation c'est aussi la disposition première de notre cœur et de notre vie de chrétiens. Nous sommes de Dieu. C'est pour cela, comme dit le psaume que "chaque matin, avant l'aurore, Dieu nous réveille" pour que nous puissions, dans la journée qu'Il nous donne," contempler sa gloire"ou encore "marcher en sa présence sur la terre des vivants". Voilà ce qui fut la première caractéristique de sainte Geneviève et qui doit être la vôtre quotidiennement.

Ensuite, le deuxième mot qui résume sa vie, c'est la consolation. Sainte Geneviève a vécu à Paris, au moment où l'Ile de France était envahie par les hordes d'Attila. Ses compatriotes, les Parisiens "eurent grande peur" en voyant débarquer ces Huns qui venaient d'Europe Centrale. Ils ont eu peur pour leur vie, ils ont eu peur pour leur cité. Sans sortir de sa contemplation, sainte Geneviève leur a manifesté toute la tendresse, toute l'espérance et toute la certitude de ceux qui ont confiance en Dieu et "qui ne périront pas". De fait, Paris fut protégé et les Parisiens aussi. Dans cette circonstance, sainte Geneviève a manifesté cette disposition du cœur qui contemple Dieu pour ses frères, la disposition de la consolation par rapport à toute crainte, à toute peur, à toute souffrance, à toute désespérance. Les Huns ne nous envahissent plus, mais il y a dans notre cœur et dans le cœur de nos frères d'aujourd'hui beaucoup de crainte, beaucoup de désespérance. Alors, est-ce que, de votre contemplation quotidienne, vous allez suffisamment puiser pour manifester à vos frères la consolation qui vient de Dieu ?

Troisième mot de la vie de Sainte Geneviève, c'est l'organisation. Quelques années plus tard, la ville de Paris fut à nouveau encerclée et l'on connut la famine. Toujours sans sortir de sa contemplation, sainte Geneviève a pris le bateau et, avec tous les bateliers de la Seine, a remonté ce fleuve, a remonté l'Aude pour aller en Bourgogne et en Champagne chercher de quoi nourrir, à ses risques, ses frères et sœurs de Paris. Notre charité doit aussi s'adresser à tous ceux qui, aujourd'hui, connaissent la famine, soit au loin, soit tout prés, la famine du corps, ce n'est pas la pire, la famine du cœur qui est si mortelle pour l'espérance, pour la joie, pour la croissance de nos frères.

Contemplation, consolation et organisation Nous sommes de Dieu, c'est la contemplation. Nous devons aimer nos frères comme des personnes, c'est d'une façon ou d'une autre la consolation, la compassion. Et enfin, nous devons pratiquer la justice. Que par la prière de sainte Geneviève, le don de notre vie que nous devons faire chaque jour soit bien le don à Dieu dans la prière, à nos frères dans l'amour fraternel, et le don au bien commun de la société et de l'humanité dans la pratique de la justice.

 

AMEN

 

 

 
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