AU FIL DES HOMELIES

Photos

SAINTE MARIE MÈRE DE DIEU

Luc 2, 1-7
Vigiles, Ste Marie, Mère de Dieu - (1er janvier 1982)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Monthermé : Église Saint Léger
Marie enseignant les apôtres
Fresque du XVI ème siècle

V

ous savez que dans l'Église catholique, dans notre sensibilité de chrétiens de l'Église catholique, c'est-à-dire universelle, la dévotion mariale tient une grande place. Si l'Église a voulu développer dans notre cœur cette grande place que doit tenir Marie dans notre foi, ce n'est pas pour des raisons sentimentales et affectives. Ce n'est pas parce que la religion et notre foi devraient être le refuge de certains de nos désirs affectifs frustrés ou qui n'ont pas trouvé leur véritable expression et que nous projetterions sur la figure féminine et maternelle par excellence, parce que la figure la plus féminine, la plus maternelle, c'est la Vierge Marie. Ce n'est pas pour ces raisons-là que l'Église nous demande d'avoir une véritable dévotion mariale. Mais c'est pour une raison très précise que l'on peut suivre dès les premiers temps de la vie de l'Église et qui a été sans cesse renouvelée aux principales étapes de cette même vie de l'Église. 

L'Église commence à Nazareth lorsque la Vierge Marie accepte d'être la Mère du Sauveur. L'Esprit Saint la couvre de son ombre et là où est l'Esprit, là est l'Église de Dieu. 

L'Église continue de grandir lorsque la Vierge Marie met au monde son enfant, à Bethléem, car là où le Christ est donné, là où le Christ est porté au monde, là est l'Église. 

L'Église est là encore lorsque Marie se tient aux côtés du Christ à Cana et lui dit simplement : "Ils n'ont plus de vin", car là où il y a des croyants qui, à l'instar de Marie, s'aperçoivent de toutes les détresses et de tous les manques, de toutes les déchirures, de toutes les souffrances qui traversent l'existence des hommes, pour les confier au Seigneur dans la prière, là est Marie, et là est l'Église. 

L'Église est encore là lorsque le Christ rend le dernier soupir, le dernier souffle, son Esprit sur le bois de la croix et qu'Il dit simplement à l'apôtre Jean : "Fils, voici ta mère" et à Marie sa mère : "Femme voici ton Fils". Car au moment où le Christ se livre corps et sang pour son peuple, là est Marie, pour accueillir ce peuple dans sa chair, et là aussi est l'Esprit, et par conséquent, là aussi est l'Église. 

C'est pourquoi il ne faut pas être surpris si dans les premiers moments de la vie de l'Église, qu'elle pourra mener de manière autonome lorsque l'Église est rassemblée dans le Cénacle, au moment où les Apôtres encore craintifs se préparent à recevoir l'Esprit. Là aussi il y a Marie car l'Église ne peut pas naître sans Marie, la mère du Fils de Dieu parce que l'Église naît de la chair du Christ et que la chair du Christ est née de la chair de Marie. 

Frères et soeurs, ce que nous fêtons aujourd'hui, c'est le mystère de Marie, mère de Dieu et par conséquent mère de l'Église. C'est parce que Marie est la mère de Dieu qu'elle est notre mère et non pas l'inverse. Trop souvent nous aurions tendance à imaginer que Marie a un cœur de mère qui surpasse en bonté le cœur de notre Père. Or toute bonté qui est dans le cœur de Marie ne peut venir que de l'abîme éternel et infini de l'amour de Dieu qui fait naître et qui fait jaillir du cœur de Marie toute attention et toute délicatesse de mère à notre égard. C'est parce que Dieu est la richesse et l'absolu de tout amour, et c'est parce que Marie a répondu de manière merveilleuse à son dessein qu'à ce moment-là, Dieu a voulu qu'elle soit la mère de l'Église. 

C'est pourquoi aujourd'hui nous pouvons nous tourner vers elle, et nous tourner avec cette confiance d'enfant, parce que, à la fois, nous savons que nous sommes infiniment aimés de toute éternité dans l'amour du Père. Si le Père a choisi Marie pour être la mère de Jésus notre Sauveur, c'est parce que Marie pouvait et avait été préparée au plus intime d'elle-même à accomplir véritablement cette mission, et si elle l'a si bien accomplie auprès de Jésus, elle peut l'accomplir plus merveilleusement encore à notre égard, à l'égard de chacun d'entre nous, en ces jours que nous vivons. 

Au moment où nous terminons une année, au moment où nous nous avançons vers ce point obscur qui est l'avenir, même si nous avons  l'habitude de nous formuler des vœux de bonne année, nous ne savons pas ce que seront ces années, que nous nous souhaitons au fil des générations et au fil des ans, au moment où nous allons entrer dans cette nouvelle année, prenons ce cœur d'enfant qui, à la fois, a vraiment envie de découvrir la manifestation de l'amour infini du Père pour nous et qui sait que le regard d'une mère, de la mère de Dieu veille sur lui, veille sur eux pour être auprès de nous ce témoignage vivant de foi, d'amour et de confiance dans le dessein de Dieu. 

 

AMEN

 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public