AU FIL DES HOMELIES

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LE VRAI SENS DU SERVICE

1 P 4, 7-11 ; Lc 10, 38-42
Ste Marthe - (29 juillet 2011)
Homélie du Père Jean-Noel N'TCHA

Marthe : Musée de Piconrue- Bastogne

F

rères et sœurs, les règles élémentaires de l'hospitalité, c'est bien sûr les préparatifs, le soin que l'on accorde à l'endroit qui va accueillir l'hôte, et surtout ce qu'il va manger. On s'affaire et on fait tout ce qui est possible pour que ce jour-là le repas soit exceptionnel, que l'ambiance soit exceptionnelle, afin de mettre à l'aise l'hôte. C'est tout à fait normal.

C'est ce que notre sœur Marthe s'évertue de faire. Elle accueille leur ami commun, Jésus. Elle met tout son génie de femme, de ménagère, pour que le Maître soit à l'aise. L'évangile de saint Luc que nous venons d'entendre nous peint un tableau et tous les membres qui figurent sur ce tableau ont chacun un rôle, chacun a quelque chose à nous dire. Sur le tableau nous voyons bien sûr Jésus, l'hôte, je dirais entre parenthèses, un hôte un peu désagréable à ceux ou celles qui l'accueillent. De l'autre côté, nous avons Marie, la pieuse qui écoute les paroles du Seigneur, et Marthe, celle qui va au service, celle qui fait moins attention à la parole de Dieu. Je caricature.

Mais le danger serait d'apprécier distinctement deux positions, celle de Marie et celle de Marthe. Nous aurions tort de le faire, car nous établissons une hiérarchie entre les deux positions. Je crois que c'est cela qui a été la faute de Marthe en demandant au Seigneur de dire quelque chose à sa sœur, qui est là, assise, et qui ne fait rien. De ce fait elle établit une hiérarchie entre ce qu'elle fait et l'écoute passive de Marie (qui ne fait rien). Je crois que c'est cela son péché et le maître ne va pas tarder à la ramener sur le bon chemin : "Marie a choisi la meilleure part".

Son péché est d'autant plus grave que dans la première épître de Pierre nous entendons dire : le service de nos frères ne doit pas nous conduire à une sorte de murmure de mécontentement. Servez vos frères sans murmurer. Et Marthe a murmuré car elle estimait que ce que fait Marie c'était insignifiant pour le service. En bon pédagogue Jésus saisit cette occasion pour nous donner une leçon. Les deux positions sont à tenir ensemble pour nous, croyants. La situation de Marie symbolise la vie contemplative et celle de Marthe la vie active. Il ne faut jamais séparer les deux. La vie contemplative nous permet de puiser l'énergie nécessaire, la force dans la parole de Dieu, pour agir efficacement dans l'action. Les deux positions doivent former une symbiose parfaite pour nous conduire à l'accomplissement de la volonté de Dieu.

Je vous raconte une petite histoire, cela se passe dans une paroisse d'Afrique, où l'on avait organisé des tours de permanences au presbytère. Nous avions des gens très gentils qui assuraient leur tour de permanence et parmi elles, deux personnes se faisaient remarquer positivement mais de façon quand même un peu bizarre. Elles étaient à l'heure pour leur permanence, et juste une minute avant la messe elles s'échappaient. Au cours d'une eucharistie du dimanche, cet évangile était proposé à l'écoute. En entendant cet épisode, elles ont fait un chemin pour voir qu'en fait, elles pensaient servir Dieu, mais il leur manquait quelque chose, l'écoute de la parole de Dieu qui revigore, qui donne l'énergie et qui donne sens à ce que nous faisons, sinon, on verse dans l'activisme et tout ce qu'on fait devient vide.

Demandons au Seigneur par l'intercession de Marthe, qui je crois a bien compris cette remarque de Jésus, qu'il nous aide à donner sens à tout ce que nous faisons. Que nos activités ne nous captivent pas et ne nous arrachent pas de l'essentiel : Dieu.

 

AMEN

 

 

 

 

 
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