AU FIL DES HOMELIES

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DEMANDER CE QUE JE VEUX

1 Co 10, 31- 1 Co 11,1 ; Lc 9, 57-62
St Ignace de Loyola - (31 juillet 2001)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

F

rères et sœurs, c'est un exercice bien difficile que de regarder vers le ciel. Il faut se tordre le cou, il faut essayer de ne pas tomber en arrière, de ne pas tomber dans cette ivresse que saint Ignace a expérimentée quand il est arrivé à Jérusalem, découvrant les lieux où Jésus avait vécu. Il faut se jeter en arrière, il faut regarder vers le plafond, choisir le lieu central de la nef pour pouvoir admirer dans l'église saint Ignace à Rome, derrière le Panthéon, une immense fresque de Pozzo, en trompe-l'œil, sur laquelle on y voit saint Ignace, en plein milieu, et à côté le Christ et la croix. Et du Christ et la croix, émanent des rayons lumineux qui viennent darder saint Ignace, et ces rayons repartent aux quatre coins du plafond, illuminant ainsi la terre entière. De cette manière, par cette oeuvre d'art à Rome, on a ainsi la synthèse de la spiritualité ignacienne, cette découverte d'un homme qui a été touché par Dieu, percé par les rayons divins, et comment ces rayons divins vont partir à leur tour pour évangéliser la terre entière. Les jésuites sont évangélisé la terre entière, mais on ou­blie quelquefois que la première chose qu'ils ont faite à Rome, c'était tout simplement d'évangéliser les en­fants. Les jésuites avaient pour but de catéchiser les enfants, et aussi de s'occuper des pauvres et des mala­des. Et l'on peut comparer leur œuvre à celle réalisée par une communauté, San Egidio, qui a une de ses maisons sur l'île Tibérine.

Les jésuites n'ont pas fait que d'aller évangéli­ser la terre entière, ils se sont aussi occupés des pau­vres de la ville de Rome. Mais saint Ignace a laissé quelque chose de plus important encore qui se résume dans une petite phrase : "demander ce que je veux". Toute cette évangélisation, tout ce que les jé­suites ont pu faire auprès des plus pauvres, des mala­des, ou dans les universités, peut se résumer dans cette petite phrase : "savoir demander à Dieu ce que je veux". Ah c'est beaucoup plus difficile de demander à Dieu ce que je veux que de lui demander de faire ce qu'Il voudrait, car effectivement, il ne s'agit pas de faire ce que Dieu voudrait que je fasse, mais aller jusqu'au bout et dire : je veux demander ce qui est bon pour moi, c'est-à-dire demander à Dieu ce qu'Il veut Lui-même me demander et me donner. Alors ce désir ignacien, mêle à la fois la raison humaine, mais aussi l'imagination, car l'imagination est très importante dans la spiritualité ignacienne, et c'est cette imagina­tion qui peut m'aider à découvrir "ce que je veux". La conséquence de cette petite phrase est illustrée dans la vie de saint Ignace, une vie remplie de paradoxe. En effet, saint Ignace et ses compagnons étaient prêts à partir pour Jérusalem en pèlerinage, pour y vivre, s'y établir, pour y découvrir la vie sanctifiée par la pré­sence de Dieu et les événements vont amener saint Ignace à comprendre que Dieu ne l'appelle pas en Palestine, mais à Rome. Il va découvrir tout simple­ment que ce n'est pas uniquement la Terre Sainte qui est sanctifiée par la présence de Dieu, mais c'est l'uni­vers tout entier qui est sanctifié par la présence de Dieu, et par l'évangélisation et par ce que nous pou­vons donner à nos frères.

"Demander ce que je veux", frères et sœurs, c'est aussi ouvrir un chemin qui nous rapproche de Dieu, et nous oublions parfois que le vrai prénom d'Ignace n'est pas Ignace, il s'appelait en fait Inigo, qui est devenu Ignatius en latin. Il semble bien qu'il ait voulu prendre le nom d'Ignace par dévotion envers saint Ignace d'Antioche qui a fait un cheminement inverse, il est parti d'Antioche vers Rome et a par­semé son chemin de Lettres pour évangéliser les communautés chrétiennes avant d'affronter les bêtes, et être mangé par les fauves à Rome. Saint Ignace va découvrir que Dieu ne l'attendait peut-être pas telle­ment sur un chemin de pérégrinations mais bien dans cette ville de Rome. C'est un chemin tout intérieur, habité d'acceptation, de plans qu'il avait établis et qu'il ne pourra pas mettre à exécution.

Frères et sœurs, à la suite de saint Ignace, sa­chons "demander ce que je veux". Demander, ce que je veux, c'est ma seule demande, c'est mettre le feu, non pas à un stade, mais savoir mettre le feu dans chaque homme qu'il m'est donné de rencontrer.

 

 

AMEN

 

 
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