AU FIL DES HOMELIES

Photos

PASSIONNÉ DE LA VÉRITÉ

1 Co 1, 18-25 ; Mt 5, 13-16
St Justin - (1er juin 1982)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

La recherche de la Sagesse

S

aint Justin était le fils d'un colon romain. Il est né vers 100 après J.C dans la ville de Naplouse, l'actuelle Sichem. Il a consacré sa jeunesse à la recherche philosophique. Il semble qu'il ait fait le tour des différentes écoles philosophiques du bassin de la Méditerranée, soit à Athènes, soit à Alexandrie, soit à Ephèse. C'est là qu'il a reçu, dans son cœur et dans son esprit, tous les trésors de la culture humaine, de la tradition philosophique, de la sagesse des Anciens.

Un jour, alors qu'il s'était aperçu que tous les philosophes défendaient des opinions variées, apparemment inconciliables, que l'homme ne pouvait pas être maître de son propre savoir, mais que, au contraire, son savoir lui montrait ses limites et son incapacité à mener totalement de manière autonome sa vie, voici que curieusement, un soir, sur le bord de la mer, il a été abordé par un homme qu'il ne connaissait pas et qui lui a dit, que lui, il vivait dans une autre tradition, non pas la sagesse des Anciens, mais qu'il lisait les Livres des Prophètes qui avaient annoncé la venue du Messie, la venue du Christ.

Saint Justin dit, et cette notation vaut la peine d'être remarquée : "Lorsqu'il me parla des Prophètes et qu'il me lut les Ecritures, alors, mon cœur fut comme embrasé de feu." Cela ne nous rappelle-t-il pas ce que disaient les disciples d'Emmaüs eux-mêmes ? On ne saura jamais qui était ce personnage. Saint Justin lui-même ne le décrit pas. Il dit que c'était un homme qui attendait le retour des enfants de sa famille. D'une certaine manière, on pourrait se demander si, à travers cet homme, ce n'était pas une figure de Dieu qui attendait patiemment, depuis qu'Il avait envoyé son Fils, le retour des nations à Dieu, pour qu'elles comprennent, en vérité, elles devaient toutes entrer dans la maison du Père, être réconciliées par le sang du Christ et connaître, elles aussi, la joie de la résurrection.

Et Justin qui était citoyen romain de naissance, puisque son père était colon, Justin qui avait cherché la vérité en héritant de toute la sagesse des Anciens, avait maintenant le coeur brûlé. Ce qui est prodigieux, c'est que, ayant été ainsi saisi par la Parole de Dieu, il n'a pas pu la garder pour lui tout seul. Il est alors parti à Rome, un peu comme saint Paul, pour annoncer au cœur même de la ville qui s'enorgueillissait de toutes les traditions humaines, ce salut en Jésus-Christ. Il a passé toute sa vie à écrire quelques ouvrages dans lesquels il annonce la Bonne Nouvelle du Salut. Il les adresse aux Empereurs. Il les adresse à des amis Juifs qu'il devait connaître. Il les adresse à tous ceux qui, dans leur cœur, sentent le besoin de l'aspiration de la vérité pour leur dire simplement ceci :" Ce désir de vérité que vous avez au fond de votre cœur et que moi aussi, j'ai partagé longtemps avec vous, lorsque j'étudiais dans les différentes écoles philosophiques, sans jamais être comblé, sans jamais être satisfait , il est normal que, vous aussi, vous ne voyiez jamais ce désir être satisfait, car, en réalité, c'est le désir de Dieu. Mais simplement, ce que je vous annonce, c'est que Dieu Lui-même, a pris l'initiative de venir au-devant de votre désir, Il a pris l'initiative de se faire connaître, de se révéler et de donner sa vie, sa grâce et son amour pour vous."

Voilà ce que saint Justin a dit à travers son œuvre et il l'a scellé dans le sang de son martyre, car au cours d'une persécution, sans doute lors d'une opération de police à Rome, il a été arrêté. A ce moment-là, on a voulu lui faire dire le contraire de la vérité. Mais il ne pouvait se renier ni en tant qu'homme, ni en tant que chrétien. Et c'est parce qu'il avait cherché la vérité comme homme et qu'il l'avait découverte comme chrétien, qu'à ce moment-là, devant le juge il a proclamé qu'il ne renierait jamais la Vérité, qu'il ne renierait jamais le Christ, même s'il fallait verser son sang et donner sa vie pour Lui. C'est ce qu'il a fait et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, dans la tradition de l'Église, il est vénéré et connu. C'est parce qu'il n'a pas simplement écrit sur Jésus-Christ, mais il L'a aimé jusqu'à la mort.

Au cours de cette Eucharistie, ayons, nous aussi, le cœur brûlant, à cause des paroles de Jésus-Christ, à cause des paroles des prophéties. Ayons le courage et l'honnêteté de laisser s'épanouir en notre cœur tout le sens de la vérité tel qu'il est dans le cœur de chaque homme, de cette quête de la vérité. Ayons aussi la joie de la reconnaître en Jésus Christ pour que, le jour où Il viendra, quelles que soient les circonstances, nous puissions, dans la joie, donner notre vie pour Lui.

 

AMEN

 

 

 
Copyright © 2020 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public