AU FIL DES HOMELIES

Photos

LES SAINTS MARTYRS DE L'OUGANDA

2 Tm 1, 1-12 ; Mt 5, 1-12
SS. Martyrs de l'Ouganda - (3 juin 1985)
Homélie du Frère Michel MORIN

Consumés par le feu

C

e texte de l'évangile que nous venons d'entendre, nous le connaissons bien, nous l'appelons d'ailleurs le texte des Béatitudes. Et vous avez remarqué que le mot qui revient le plus souvent, c'est un mot que nous aimons bien, le mot heureux, ou parfois bienheureux, c'est-à-dire un mot qui nous renvoie tout de suite à quelque chose que nous cherchons. Chacun, quels que soient nos âges, quelles que soient nos situations, nous cherchons le bonheur, nous cherchons à être heureux, nous cherchons à être joyeux. Et souvent nous nous imaginons, peut-être d'ailleurs plus souvent quand on est adulte que très jeune, que le bonheur c'est avoir des choses qui nous plaisent, c'est de réussir dans la vie, c'est d'avoir la gloire, c'est d'être connu, c'est d'avoir une belle situation, une belle voiture, trois télévisions, ainsi de suite. Souvent nous en restons là et nous nous imaginons que nous sommes heureux alors qu'au fond de notre cœur, il y a souvent une voix qui nous dit que nous ne sommes pas, au fond, très, très heureux, même si nous avons beaucoup de choses. Car les choses, même si elles sont bonnes, passent très vite, s'usent, se cassent et nous les perdons facilement.

Ce que Jésus veut nous dire aujourd'hui dans ce texte, c'est que le bonheur c'est Lui qui le donne ... Le vrai bonheur, c'est Lui qui le donne. Et Il ne le donne pas comme nous nous le cherchons. Il ne le donne pas comme quelque chose que nous possédons, que nous avons, que nous soignons, que nous protégeons. Jésus donne le bonheur d'une autre façon que nous, que le monde le donne. Il dit : "Bienheureux les cœurs pauvres", les cœurs qui ne s'attachent pas aux biens de ce monde, mais qui cherchent autre chose. "Bienheureux ceux qui font la paix", c'est-à-dire ceux qui ne font pas les forts, ceux qui ne veulent pas seulement vaincre l'autre dans la guerre entre les nations ou dans les petites guerres auxquelles nous jouons souvent entre nous. "Bienheureux les doux," c'est-à-dire ceux qui savent être proches des autres, ceux qui savent être bons pour les autres. "Bienheureux ceux qui souffrent pour la justice qui vient de Dieu," à cause de l'amour de Dieu. Et cela ne nous plaît pas beaucoup parce que nous n'aimons pas souffrir, ni pour nous, ni pour les autres, ni pour Dieu. Or c'est ainsi que le Seigneur nous dit que nous serons heureux, que nous serons bienheureux.

L'écrivain Albert Camus écrivait il y a quelques années : "Quand j'étais jeune, je cherchais le bonheur. Maintenant que je suis adulte, je cherche la vérité." Cet écrivain n'était pas croyant, mais je pense que cette phrase qu'il a dite, nous pouvons la reprendre, en tant que croyants, en disant simplement que la Vérité, c'est Dieu, que la vérité, c'est la présence de Dieu au milieu de nous, c'est la présence de Jésus dans son Église, qui sans cesse se donne à nous par la parole, par les sacrements. Et tous, nous avons en nous cette jeunesse qui cherche le bonheur, mais, vous le savez bien, nous ne le trouverons pas sur la terre. En tout cas celui que nous trouverons ne nous comblera pas. Ce qu'il nous faut chercher, c'est la vérité. Et la Vérité, nous a été donnée dans cet évangile, la vérité, c'est de faire en sorte que toute notre vie soit à la recherche de Dieu, soit à la recherche de Dieu comme Jésus Lui-même nous a cherchés, dans la douceur, dans la pauvreté, dans l'humilité, dans la miséricorde, dans le pardon, dans la souffrance et dans la mort. C'est cela la vérité et c'est cette vérité-là, si nous la trouvons qui nous donnera le véritable bonheur, ce bonheur de notre cœur que "personne ne pourra nous enlever" et ce bonheur que nous aurons, même si nous n'avons rien.

Et si nous fêtons aujourd'hui ces jeunes martyrs d'Afrique, de l'Ouganda, ils nous apprennent que le bonheur vient uniquement de Dieu, même s'il faut en mourir. Les plus jeunes d'entre eux avaient 14 ou 13 ans et le plus âgé Charles Lwanga en avait 24. En ]886, il y a bientôt un siècle, ces jeunes africains ont accepté de mourir, en pleine jeunesse, à cause de Jésus, parce qu'ils savaient que le véritable bonheur qu'ils cherchaient, ils l'avaient dans cette vérité de Jésus. Ces jeunes martyrs ont fait leur profession de foi en mourant pour Jésus, et ils ont trouvé le bonheur. C'est pour cela qu'aujourd'hui nous les célébrons dans la prière et dans la liturgie. Tous ensemble, jeunes et ancien nous prierons les uns pour les autres, afin que notre recherche du bonheur soit une recherche du vrai bonheur, celui qui vient de Dieu. Que nous soyons prêts, quel que soit notre âge, notre situation, à professer notre foi, pas simplement avec des mots, mais avec notre cœur, en donnant toute notre vie à Dieu quelles que soient les circonstances de ce don.

 

AMEN

 

 

 

 
Copyright © 2020 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public