AU FIL DES HOMELIES

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L'ÉGLISE D'AFRIQUE

2 M 7, 1-14 ; Jn 12, 24-26
SS. Martyrs de l'Ouganda - (3 juin 2010)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

A Bethléem, un avenir est ouvert …

 

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rères et sœurs, il est sans doute très difficile de faire des relevés de nombres et les statistiques ne disent rien du point de vue spirituel en général. Mais on peut dire qu'avant les grands ravages de persécutions du XXème siècle, le nazisme, le stalinisme, le maoïsme, c'est sans doute l'Afrique qui a compté le plus de martyrs.

En effet, nous, nous sommes très polarisés par les martyrs romains, les martyrs en Gaule, en Espagne, en Asie Mineure, mais en Afrique, depuis l'Antiquité, c'est constant. Il y a eu les grandes vagues de toutes les persécutions impériales dans les deux ou trois premiers siècles de l'histoire de l'Église. On possède de nombreux textes qui nous racontent à travers des sermons des grands évêques, Jean Chrysostome, saint Augustin, saint Cyprien, on a des détails très précis sur la mort de tous ces martyrs en Égypte, en Libye, le Maghreb actuel. Ensuite, il y a eu beaucoup de persécutions au moment des invasions des Vandales et de l'Islam et dont on a gardé pour certains, le souvenir. Apparemment la question de la christianisation de l'Afrique était presque fermée et dès le seizième siècle, même si on ne peut pas les compter formellement comme des martyrs, mais on peut quand même se poser la question, c'est le trafic d'esclaves qui prend les africains sur la côte ivoirienne et qui les emmène en Amérique. Là il y a des centaines de milliers de morts. Ce sont des faits dont on a une certaine mémoire mais on n'en a pas les chiffres exacts.

Et au moment d'une nouvelle tentative de christianisation durant le XIXème siècle, en Ouganda, vingt-deux personnes de l'entourage du roi local sont brûlées vives parce qu'elles commencent à croire au Christ et que le roi ne veut pas en entendre parler. Le plus jeune avait treize ans, et le plus âgé, vingt-quatre ans.

Je n'ajoute pas les événements qui se sont passés dernièrement, au cours desquels le politique et le religieux se sont entremêlés, et nous n'avons pas toute la lumière souhaitable. Il semble bien que certaines options dites religieuses aient joué un rôle dramatique. Mais on doit bien reconnaître que le continent africain a été marqué d'un christianisme essentiellement martyr.

C'est sans doute une grande énigme de savoir ce que deviendra cette implantation du mystère de l'Église en Afrique, mais en attendant, cela nous ramène à des questions fondamentales. L'Afrique est vraiment une terre dans laquelle des générations de chrétiens ont subi le martyre et le don de leur vie par amour du Christ et pour témoigner de la foi.

C'est quelque chose de très grand, de méconnu, mais qui mérite toute notre attention et peut-être que cela exige aussi, dans une époque où les continents vont de plus en plus être en relation étroite du point de vue des échanges, des relations humaines, à considérer l'Afrique non pas comme une tard venue au mystère de l'évangile, mais comme une des premières, et avec quelle audace, et avec quelle force.

 

AMEN


 

 

 

 
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