AU FIL DES HOMELIES

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LES TROIS REGARDS

Hb 13, 7-8+20-21 ; Jn 10, 11-16
St Maximin - (8 juin 1981)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

I

 

l y a un bruit que l'on fait courir depuis quelques années, mais qui est profondément faux. C'est qu'aujourd'hui, c'est bien plus difficile d'être évêque qu'auparavant. Il n'a jamais été facile d'être évêque. Pour une bonne raison, c'est que, être évêque, c'est le métier le plus difficile du monde car être évêque signifie : "avoir le regard tourné vers". Etre, pour ainsi dire, un surveillant, avoir l'œil, avoir le coup d'œil. Or, c'est là ce qui est extrêmement difficile parce que, pour un évêque, il faut qu'il y ait, au moins, un triple regard. Or c'est très difficile de voir trois choses à la fois, d'avoir trois coups d'œil à la fois.

Le premier coup d'œil, le premier regard, c'est le plus profond, le plus essentiel, c'est son regard de chrétien sur le mystère du Christ véritable pasteur qui a donné sa vie pour ses brebis. Et c'est cela qui est d'abord la sainteté des évêques que nous célébrons aujourd'hui en cette Église d'Aix et d'Arles. C'est qu'ils ont tourné leurs yeux et leur regard pour épier chaque geste du Christ, chaque parole de l'évangile, chaque mouvement de l'Esprit Saint dans l'Église. C'est parce qu'ils n'ont jamais détourné leur regard de cette réalité invisible du Christ, présent dans sa chair, présent dans son Église, présent dans l'espérance du retour, qu'ils ont été vraiment des évêques qui gardaient l'œil ouvert.

Le second regard, c'est le regard de leur métier, de leur fonction. C'est là où, à proprement parler, il faut du coup d'œil, c'est le regard sur le troupeau. C'est ce regard que le Christ exprime en disant : "Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent". C'est cette sollicitude sans arrêt qui porte ce si beau nom de pastorale qui a été bien galvaudé de nos jours, mais qui veut dire ce souci intime et personnel du chef du troupeau pour chacune des brebis.

Le troisième regard, c'est un regard qui n'appartient pas à l'évêque uniquement. Il appartient davantage à son peuple. C'est le fait que le peuple doit regarder son pasteur, doit imiter ce qu'il fait, doit vivre selon la parole qu'il annonce, car il a été délégué de la part de Dieu, institué pour être, au milieu de son peuple, l'image vivante du pasteur.

C'est à ce moment-là, dans cet échange mystérieux du regard du pasteur qui veille sur son troupeau et du troupeau qui a les yeux sur son pasteur, que se noue le mystère de la charité, le mystère de l'Église. A ce moment-là, c'est vraiment un seul troupeau avec un seul pasteur, c'est cette unité merveilleuse que le Christ veut réaliser au cœur de son Église.

Au cours de cette eucharistie, nous prierons pour cette Église d'Aix et d'Arles, en demandant au Seigneur, qu'à travers la force de l'aliment spirituel qu'Il nous apporte jour après jour, nous ayons, ensemble avec notre évêque, avec nos pasteurs et tout le peuple chrétien, ce triple regard tourné vers le Christ, tourné vers le troupeau, et tourné vers le pasteur image du pasteur qui veut nous rassembler tous, un jour, dans son Royaume.

 

AMEN

 
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