AU FIL DES HOMELIES

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LA PROVENCE DE LA CRÈCHE

Hb 13, 7-8+20-21 ; Jn 10, 11-16
St Maximin - (8 juin 2006)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, nous célébrons donc aujour­d'hui les évêques d'Aix, et particulièrement saint Maximin, selon la tradition, premier évêque de la ville d'Aix. Il n'y a aucune trace histori­que de ce saint Maximin et il faut bien reconnaître qu'il s'agit là d'une légende, la légende qui nous parle de sainte Marthe à Tarascon, de sainte Marie-Made­leine à la Sainte Baume, etc …

Saint Maximin, comme sainte Marthe et sainte Marie-Madeleine est le nom donné par la tra­dition à un des personnages de l'évangile, je crois me souvenir qu'il s'agit du jeune homme qui avait apporté cinq pains et deux poissons lors de la multiplication des pains. On s'est plu en effet à donner des noms à ces personnages de l'évangile, qui dans le texte sont anonymes, et de la même manière on a fait de l'aveu­gle-né, Sidoine qui est allé, lui aussi évangéliser à Riez ou à Manosque Il y a donc là une légende chère au cœur des provençaux, qui fait qu'un grand nombre de personnages de l'évangile seraient venus en Pro­vence, on ne sait pas très bien comment, un bateau sans rames, dit-on, qui aurait abouti aux Saintes Ma­ries de la mer et à partir de ce voyage, tous ces per­sonnages sont venus eux-mêmes évangéliser la Pro­vence. Le fondement historique de cette affaire est insaisissable et cela n'a d'ailleurs pas une très grande importance. Ce qui est important, c'est la signification symbolique et théologique de cette légende. Par là, on a voulu manifester que les personnages de l'évangile les plus connus comme Sainte Marie-Madeleine, et Marthe, ou son frère Lazare, qui a été semble-t-il le premier évêque de Marseille, ou encore comme des personnages moins connus comme le saint Maximin que nous fêtons aujourd'hui, ou le saint Sidoine que j'évoquais tout à l'heure, ces personnages de l'évan­gile, sont en personne, venus apporter la foi dans la Provence.

C'est quelque chose d'assez proche de ce que nous dit la crèche. Si vous vous souvenez bien, dans la crèche, il y a évidemment, les personnages évangé­liques, Marie, Joseph, mais il y a aussi des personna­ges de la Provence, il y a le rémoulaïre, il y a le meu­nier, il y a Bastien et Bastienne, il y a même aussi monsieur le maire et monsieur le curé. Autrement dit, tous les personnages de la vie du village provençal se retrouvent à la crèche. C'est exactement la même idée que celle de la légende dont je parlais tout à l'heure, mais à l'inverse, c'est la même idée regardée dans un miroir. D'un côté à la crèche, toute la Provence est présente, d'un autre côté, en Provence, tous les per­sonnages de l'évangile sont présents. Au fond, ces deux traditions, celle de la crèche et celle de la venue de Marie-Madeleine, de Marthe, et des autres compa­gnons en Provence, veulent dire une chose très pro­fonde, c'est que nous sommes, par notre foi, contem­porains des personnages de l'évangile et il n'y a entre eux et nous aucune distance, la foi nous rend immé­diatement proches d'eux et les rend immédiatement présents à nous. C'est une grande vérité de notre foi que l'évangile nous est donné en direct. Certes, contremaître, historiquement, il y a eu des tas d'inter­médiaires, mais à travers ces intermédiaires c'est le message même, c'est l'événement même du Salut qui se rend présent à nous. Il faut aller plus loin et les textes que nous avons lu tout à l'heure nous y invitent, à travers cette relation si intime que nous affirmons, entre Marie-Madeleine, Lazare, Maximin, nous-mê­mes, cette relation si intime entre monsieur le maire, monsieur le curé, le rémoulaïre et la crèche de Jésus, cette relation est si intime, qu'il faut voir que c'est le Christ lui-même qui est le trait d'union. C'est le Christ lui-même qui à travers Marie-Madeleine et Lazare se rend présent à nous, c'est le Christ lui-même qui se rend présent à monsieur le curé et à monsieur le maire quand ils viennent à la crèche pour adorer la Nativité.

Je voudrais relire brièvement les quelques passages de la lecture que nous avons entendu tout à l'heure : "Souvenez-vous de vos chefs, nous dit l'épître aux Hébreux, de ceux qui nous ont fait entendre la Parole de Dieu". Et que se passe-t-il à travers ces chefs qui nous ont révélé la Parole de Dieu ? "Jésus-Christ est le même hier et aujourd'hui, Il le sera à ja­mais". C'est Jésus-Christ qui, hier, est né dans la crè­che, c'est Jésus-Christ qui, hier a prêché sur les routes de Palestine, c'est Jésus-Christ qui, aujourd'hui est ici, en Provence, parmi nous, dans nos paroisses, nos villes et nos villages. "Jésus-Christ le même, aujour­d'hui, hier, et pour l'éternité". Et Jésus-Christ est pré­sent dans ces pasteurs qui ont été donnés à l'Église d'Aix comme à toutes les Églises du monde. "En effet, continue l'épître aux Hébreux, Il est devenu par le sang d'une Alliance éternelle, le grand pasteur des brebis". C'est à cela que fait écho l'évangile que nous lisions : "Je suis moi-même, le bon pasteur". Il y a eu saint Maximin, il y a eu les évêques d'Aix, il y a au­jourd'hui notre évêque, il y a tous ceux qui sont char­gés du ministère pastoral auprès du peuple de Dieu, mais il y a un seul pasteur : "Je suis le vrai pasteur, je suis le bon pasteur. Je donne ma vie pour mes brebis, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent". C'est cette immédiateté qu'établit la foi entre Jésus et nous, et par conséquent entre toute l'histoire de l'évangile et nous, et par conséquent entre tous les personnages de l'évangile et nous, ce sont nos frères, ce sont nos amis, ce sont nos proches, et quand nous fêtons saint Maximin, ou sainte Marie-Madeleine, ou saint Lazare, nous fêtons cette proximité, cette inti­mité entre nous et l'évangile, et d'abord entre le Christ et nous.

 

 

AMEN

 

 
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