AU FIL DES HOMELIES

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UN POÈTE QUI ÉVEILLE LE CŒUR

Col 3, 12-17 ; Lc 12, 32-44
St Ephrem - (9 juin 1993)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

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ace au "mystère" qui nous entoure nous avons plusieurs réactions possibles. Nous pouvons l'ignorer, nous pouvons tenter d'arrêter notre regard à l'horizon de ce monde Nous pouvons aussi avoir envie de le résoudre, de le percer par la raison pour par la volonté pour le dominer. La troisième possibilité qui semble être celle de saint Ephrem c'est d'épouser avec douceur et bonté le mystère même. Plutôt que de s'y heurter ou de l'ignorer considérer que ce mystère qui nous entoure, le mystère de l'homme et celui de Dieu, pénètre en nous, nous ha­bite et nous nourrit.

Je crois que les poètes sont ceux qui ont com­pris qu'il fallait rentrer dans le mystère et tenter d'en dire quelques mots, sans que ces mots, d'ailleurs, ne disent tout de ce mystère ni ne l'éteignent, mais au contraire, que les quelques mots qu'ils disent ravivent le brillant, l'incroyable du mystère proche et lointain. Et il semblerait que saint Ephrem ait vu dans ce mystère la proximité du Christ comme un Pasteur qui prend soin de chaque homme. Et non seulement en prend soin, mais vient essuyer ses larmes, le guider jusqu'au paradis, va les chercher jusqu'au shéol où ils sont enfermés et répand sa pitié comme une rosée sur ceux qui s'enferment loin de cette miséricorde. Le poète ne dit pas tout du pardon de Dieu. Il éveille notre cœur pour que notre cœur s'ouvre davantage au mystère qui l'entoure, le mystère du pardon du Christ. Saint Ephrem décrit cette proximité du Christ en ré­alisant qu'on avait volé le vêtement de gloire d'Adam et Eve, que l'homme avait perdu ce vêtement initial et que le Christ vient le leur rapporter. De même que l'homme est touché par son péché comme par une lèpre, le Christ souffle son haleine à ses oreilles et Il guérit l'homme par l'air parfumé du paradis.

C'est la façon dont Ephrem éveille non seu­lement notre intérêt mais notre appétit de la proximité de Dieu. Plus encore ce Christ est Celui qui nous ou­vre le jardin de vie. "Béni celui qui, par ses clés, nous ouvrit le Jardin de Vie !'' Les clés qui ouvrent le pa­radis sont les fruits que l'homme peut récolter en lui-même par la charité, la pureté, la douceur, le service, la fidélité. Mais plus encore les vraies clés du paradis sont les sacrements, l'eucharistie, la Parole de Dieu et sa miséricorde. Ainsi les poètes, comme saint Ephrem nous permettent de toucher à l'avance la présence même du paradis sur terre en nous mettant en route vers ce paradis. Cela ne supprime rien des malheurs de la route que nous devons faire, mais donnent déjà un sens et un terme à notre vie en nous faisant goûter le bouquet final de ses fleurs qui sont nos âme que le Seigneur, un jour, cueillera pour en faire son Église, son Epouse bien-aimée.

Demandons à saint Ephrem que ce goût de la bonté, de la douceur et surtout du mystère de Dieu pénètre en nous, ouvre plus largement notre âme à ce que Dieu veut chaque jour nous dire pour nous conduire plus près de Lui.

 

AMEN

 

 

 
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