AU FIL DES HOMELIES

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LA FOI EST COHÉRENTE

2 Tm 3, 14 - 2 Tm 4, 5 ; Jn 15, 1-8
St Irénée de Lyon - (28 juin 2005)
Homélie du Frère Yves HABERT


Q

uel est le mot qui résume pour vous, la foi chrétienne ? Si je devais rendre compte de l'espérance qui m'habite et ne dire qu'un mot à une personne qui n'aurait qu'un mot à entendre, pas deux, pas trois, un mot ? Certains pourraient dire peut-être, je ne sais pas: spiritualité, d'autres pourraient dire commandements, d'autres pourraient dire valeurs, d'autres, encore autre chose. Moi je vous propose le mot : corps. C'est pour moi le mot le plus important de toute la foi chrétienne. C'est le mot autour duquel s'articule toute la foi et toute ma vie, et tout le monde qui est aussi en dialogue avec l'Église, c'est le mot de corps.

Irénée est un chantre du corps, il s'est battu pour que ce mot puisse résonner aujourd'hui avec toute sa force. Il s'est battu contre des personnes comme les disciples de Marcion qui niaient l'unité du corps des Écritures, qui niaient l'unité organique entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament, qui voulaient mettre une brisure dans l'unité de ce corps de l'Écriture. Il s'est battu contre certain ébionites qui niaient la divinité du Christ, il s'est battu pour dire que le Christ c'était Dieu qui prenait notre corps. Il s'est battu contre la gnose, contre tous ceux qui cherchaient une révélation supplémentaire, hors de la chair du Christ, qui cherchaient un salut par la connaissance alors que le salut a été donné par le corps livré.

Tous ces gens niaient la résurrection du corps, la résurrection de la chair du Christ. Tous ces gens niaient la résurrection parce qu'elle est comme le nœud, le point d'articulation, ce qui donne une cohésion à l'ensemble. Toute l'Écriture trouve sa cohésion, sa respiration dans la résurrection, l'Église vit du battement du ressuscité, l'eucharistie, c'est le corps ressuscité du Christ que nous recevons. Notre propre résurrection, elle est assurée par celle du Christ, c'est le Christ qui a ouvert les portes et détruit ces affreuses portes de la mort.

Le mot corps, je vous le propose comme pas seulement un mot important, mais comme un mot qui résume, un mot qui articule, un mot qui permet de joindre des choses assez compliquées qu'on appelle la foi chrétienne, et nous vérifions notre attachement au corps bien sûr dans la communauté que nous formons, ce Corps qui nous recevons, dans cette lecture qui joue en harmonie dans cette église à laquelle nous appartenons, et tout cela nous dit l'importance de notre propre corps appelé à ressusciter.

Heureusement qu'il y a eu des saints Irénée pour défendre pas seulement une belle idée, mais l'articulation profonde de notre foi.

 

 

AMEN

 

 

 
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