AU FIL DES HOMELIES

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PREMIERS MARTYRS DE ROME ET MARTYRS DU LIBAN

Jr 2, 20-25 ; Mc 12, 13-17
Premiser martyrs de Rome - (30 juin 1986)
Homélie du Frère Michel MORIN

 

L

'Église fête aujourd'hui les premiers martyrs de Rome, ceux qui ont scellé de leur sang leur attachement au Christ. Mais l'Église des mar­tyrs est de toujours, est de nos jours, en particulier au Liban où elle est persécutée et réduite à néant par ceux qui veulent l'anéantir. Voici la liste de ces mar­tyrs, de quelques-uns de ces martyrs.

Les martyrs moines maronites libanais au nombre de sept sont : le Père Boutros Sassine, qui était âgé de quatre-vingt treize ans, était aveugle et se trouvait assis dans sa chaise roulante dans sa chambre au couvent de Deir Achache, lorsque des éléments armés y ont pénétré et lui ont tranché les veines jus­qu'à ce que mort s'en suive. Le Père Antonios Tamnié, qui a été égorgé dans le même couvent avant que son cadavre ne soit traîné dans la région de Dennié, puis brûlé à Miriata après avoir été exposé pendant trois jours. Le Frère Jean Maksoud égorgé dans sa chambre dans le couvent précité et les Père Youssef Farah, et Gergès Harb, tués en plein centre du village de Ko­beih après avoir hébergé des personnes déplacées de Beyrouth-Ouest à la suite de l'invasion israélienne de l'été 1982.

Les martyrs des Pères Jésuites sont au nombre de six : le Père Louis Dams, doyen de la Faculté de médecine de l'université Saint Joseph, tué par les bal­les d'un franc-tireur sur la route de Damas, son cada­vre devait être traîné par la suite dans les rue de Beyrouth-Ouest avant qu'il ne soit transporté à l'hô­pital Barbir. le Frère Ghossaybi Keyrouz, étudiant en théologie, avait été enlevé avant d'être exécuté sur la route de Zahlé. Il avait rédigé son testament en prévi­sion de sa mort, ce testament était un exemple de pardon et de coexistence. Le Père Michel Allard, doyen de l'Institut des lettres orientales, chercheur scientifique, a été tué par les éclats d'un obus qui a atteint de plein fouet sa chambre dans le secteur des Jésuites. Le Père Alban de Jerphanion, doyen de la Faculté de génie de l'université Saint Joseph a été tué à Chyah, sur la route de l'aéroport, il transportait dans sa voiture un autre jésuite, le Père Goutheir, handi­capé, amputé de la jambe. Le Père John Fenigan, pro­fesseur de philosophie à l'université Saint Joseph, tué par l'explosion d'un obus près de la faculté de droit. Et le Père Nicolas Kluiters, chef de la paroisse de Nabba, dans la caza de Hermel. Il avait été enlevé près de Baalbek par des chiites, son cadavre devait être re­trouvé quinze jours plus tard au fond d'un puits, por­tant des traces de tortures.

Les curés martyrs maronites sont au nombre de quatre : l'évêque Jean Maroun, représentant du Liban à L'Unesco, tué accidentellement d'une balle dans la tête. Le Père Philippe Abi-sleiman, curé de la paroisse de Aley, tué de nuit, devant le siège de sa paroisse. Le Père Boulos Sabbani, curé de la paroisse de Bab March, dans la Bekaa ouest, retrouvé mort dans un champ dans les environs de la localité. Et le Père Gergès Rahi, tué avec trente-cinq membres de sa paroisse dans le village de Bmariam dans le haut Metn, au cours d'une tuerie organisée par des druzes, malgré la présence de troupes syriennes dans la ré­gion.

Les martyrs de la congrégation des Antonins au nombre de quatre, le père Echaaya Ghanem, a suc­combé à des coups et blessures pendant une détention de dix heures consécutives. Le Père Antonios Salamé tué au cours d'un bombardement qui a pris pour cible le couvent Mar Roukoz de Dékouané, siège principal de la congrégation. Le Père Boutros Abi-Khalil tué au cours d'une attaque contre la région de Kahalé. Le Père Elias Loutfallah, tué par les éclats d'un obus qui s'est abattu sur sa chambre dans le couvent de Mar Youhanna et Kalaa à Beit-Méry.

Les martyrs de l'Église grecque catholique : le Père Boulos Khoriaty de la congrégation de Saint Sauveur à l'entrée de Mazraat el-Chouf, et le Père Antoine Abboud, tué avec 63 paroissiens à Maaser el-Chouf, au cours d'un effroyable carnage exécuté par des miliciens druzes, malgré la présence de troupes israéliennes dans la région.

Les martyres des sœurs des Saints-cœurs : la sœur Julie Vincent Nacouzi tuée par des palestiniens et des miliciens de gauche au domicile de son père, handicapé, dans le village de Mtein. Sœur Marie So­phie Zoghbi, tuée dans une ambulance de la Croix-Rouge avec le conducteur, de communauté mahomé­tane, alors qu'ils évacuaient des blessés sur la route de Zalhé-Baalbeck pendant le siège de la ville de Zahlé par les forces syriennes en avril 1981.

Enfin, quatre sœurs de la congrégation de la Sainte Famille française, ont trouvé la mort dans des circonstances analogues. Sœur Philomène Khoury de la congrégation de Sainte Thérèse a été tuée à l'hôpital Saint Elie à Beyrouth-Ouest pendant qu'elle soignait un malade. Un père lazariste et un père salésien sont aussi tombés, martyrs du fanatisme au Liban.

Ces martyrs, c'est nous-mêmes, puisque nous sommes membres d'un même corps. Saurons-nous les prendre en charge dans notre prière, dans notre aide fraternelle, ou bien notre indifférence les laissera-t-elle devenir la proie de ceux qui veulent les anéantir ?

 

 

AMEN

 

 
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