AU FIL DES HOMELIES

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LE DON TOTAL

Rm 6, 2-6 ; Mc 12, 35-40
Premiser martyrs de Rome - (30 juin 1992)
Homélie du Frère Michel MORIN

 

C

'est par une lettre du pape Clément de Rome aux Corinthiens, une sorte de première ency­clique, que nous recevons le témoignage his­torique des premiers martyrs de l'église de Rome au cours de l'été 64, entre le 19 juillet et le 15 août, cela n'a rien à voir avec la fête de la Sainte Vierge qui n'existait pas à cette époque-là. C'est dans ce mois d'été qu'une grande partie de la communauté chré­tienne de Rome, avec Pierre à sa tête, ont été persé­cutés dans les jardins de la maison de Néron qui se trouve au-dessus du Colisée et dans le cirque de Né­ron au-dessus duquel est actuellement la basilique saint Pierre. Ils furent accusés par Néron d'avoir in­cendié la ville de Rome. Quelque trente ans plus tard Clément écrit au sujet de Pierre et Paul : "A ces hom­mes qui ont mené une vie sainte est venue se joindre une grande foule d'élus qui, par suite de la jalousie de Néron, ont subi toutes sortes de mauvais traitements et de supplices et qui ont donné parmi nous un ma­gnifique exemple."

Il est donc heureux de célébrer cette foule immense de chrétiens qui ont donné toute leur vie au Christ dans le témoignage du martyre. Il est heureux de les fêter au lendemain de Pierre et de Paul car, dans l'Église, les colonnes et les pierres vivantes sont absolument indissociables, indivisibles pour que la construction demeure. Et si nous fêtons solennelle­ment les apôtres colonnes de l'Église, il convient aussi de fêter avec bonheur les pierres car s'il n'y avait eu que des colonnes, il ne resterait peut-être pas grand-chose aujourd'hui, en tout cas elle ne serait pas une demeure pour Dieu et pour les hommes.

Ces témoins anonymes et dont le nom est pourtant inscrit au Livre de vie, dans la mémoire et dans la foi et la prière des chrétiens, ces témoins martyrs sont donc importants pour que nous-mêmes nous sachions que c'est à cela que nous sommes ap­pelés à la suite de Pierre et de Paul et que nous cons­tituons ainsi avec eux cela même que nous confessons dans le Credo : "Je crois en l'Église apostolique !" Le martyr c'est celui qui donne sa vie et pas simplement le superflu de sa vie à l'image de cette veuve qui a donné, dans son indigence, dans sa pauvreté, toute sa vie c'est-à-dire sa principale richesse. Nous sommes ici des chrétiens très riches, je ne parle pas économiquement. Il y a une abondance de prière dans cette paroisse, une abondance de prédication, une abondance de conférences, de rencontres.

C'est bien, mais si nous donnons de cette richesse c'est bien mais ce n'est encore que le superflu. Il faut donner sa vie. Que cette abondance, bien qu'elle puisse être heu­reuse, ne soit pas un obstacle. Il y a parfois des ri­chesses que nous sommes heureux d'accueillir, d'en­granger, de nous nourrir, mais si ce n'est que cela ce ne sont plus des richesses mais un trésor égoïste, même s'il est spirituel, d'autant plus dangereux qu'il est spirituel et donc trompeur. Je crois que le Seigneur "regarde le Temple". Avec ses apôtres, Il regarde toujours "ceux qui viennent dans le Temple et ceux qui mettent dans le trésor du Temple". Les martyrs ont mis leur vie, leur sang, ce qu'ils avaient de plus précieux, c'est-à-dire ce qui ne leur venait que de Dieu. Le superflu, ils l'ont laissé aux mondanités. Nous aussi nous sommes appelés à ce martyre, à ce témoignage, à ce don de notre vie. Et je crois qu'il faut être parfois prudent, même dans la vie spirituelle, pour ne pas confondre l'abondance que l'on reçoit et qui est bonne et le don que l'on peut en faire.

 

AMEN

 

 
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