AU FIL DES HOMELIES

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LE DOUZIÈME APÔTRE

Ac 1, 15-26
St Matthias - (14 mai 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE


I

l en fallait un douzième. Bien sûr, le chiffre douze est tellement symbolique dans la Bible, que lorsque après la résurrection, Judas étant mort, ils se retrouvent ensemble, ces onze apôtres, et ils décident de compléter leur groupe, ceux que l'on appelle d'ailleurs souvent les douze, en référence aux douze tribus d'Israël. Ce symbole qu'autant de différences peuvent être rassemblées en un seul peuple, que douze tribus peuvent faire le peuple de Dieu. Il peut s'agir d'un événement de type symbolique, mais la raison profonde qui en est donnée par l'apôtre Pierre lui-même, c'est qu'il faut que l'un de ceux qui ont suivi Jésus depuis son baptême jusqu'à ce qu'Il soit enlevé, soit témoin avec les autres de la Résurrection. 

       Ce qui est intéressant, c'est qu'on a deux candidats, et rien qu'à travers les noms qu'on leur donne, on pourrait dire beaucoup de choses, et de Matthias, on ne connaît que le nom. Le sort le désigne. Ce n'est pas d'abord un concours, mais il s'agit bien de constituer ce groupe des douze, pour que l'Église puisse être signifiée dans la plénitude de son mystère, une Église qui est capable de rassembler tous les hommes, une Église qui est capable de faire vivre du principe même de la communion, donc, de l'unité autour du Seigneur. L'Église dépasse largement ce qu'on appellera l'Église catholique, puisque l'Église c'est cette humanité appelée au Salut et rachetée par ce Salut dont le point ultime est la louange la gloire, la communion auprès du Seigneur dans son éternité. "Il faut que l'un d'entre nous soit témoin de la Résurrection". Nous pouvons retenir aussi qu'à travers ce signe qui est donné, il y a toute cette histoire de la Bible qui voyait dans l'apôtre, terme qui signifie "envoyé", celui qui représentait vraiment,  celui qui agissait à la place de Dieu. Ce terme a pu s'appliquer aussi bien aux prophètes, aux porteurs de la Parole, aux prêtres aussi qui offrent le sacrifice, qu'au roi lui-même. On retrouve aussi ce sens dans l'Église qui  n'est pas d'abord une Église qui se constitue ou s'organise à travers les douze, mais de manifester aussi que par le mystère de notre baptême, nous sommes également envoyés dans cette triple mission baptismale d'être prêtres, prophètes et rois, d'offrir, de dire, et de servir. 

       Sachons-le, il n'y a jamais de vocation que l'on se donne à soi-même ou que l'on s'invente, il n'y a jamais de vocation qui soit faite pour que nous roulions tout seul, pour que nous ne fassions que ce qui nous plaît en fonction de nos idées ou de nos pensées. Toute vocation baptismale dans l'Église d'envoyés, rattache obligatoirement au collège des douze, c'est-à-dire au principe de l'unité et de la communion. On ne peut pas être chrétien tout seul, à plus forte raison quand on a le sens de cette mission inscrite dans notre baptême qui est une mission apostolique, dont quelques-uns sont les garants, tout particulièrement les évêques, successeurs des apôtres. Tout cela est fait en vue de vivre la communion et c'est l'ensemble de la communauté qui est toujours porteuse de toute mission, de toute responsabilité, comme de toute action. 

       Il n'y a pas de parcours personnel, il y a vraiment le sentiment et l'expérience que nous sommes dépassés par l'appel que nous recevons, et qu'en plus, cet appel, c'est la grande chance de l'Église, est un appel à l'unité et à la communion. C'est pour cela que saint Pierre dit ainsi : "il faut qu'il y en ait un qui soit avec nous témoin de la Résurrection". Le "avec nous" manifeste bien le mystère de l'Église et de sa mission. 

 

       AMEN 

 

 

 
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