AU FIL DES HOMELIES

Photos

FORCE DE L'HUMILITE ET DE LA SIMPLICITE

Ph 2, 5-11 ; Mc 7, 31-37
St Eugène de Mazenod - (21 mai 2016)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Le premier motif, c’est celui de l’épître de saint Paul que nous avons entendue tout à l’heure. C’est un texte très ancien, une hymne, un chant. Évidemment aujourd’hui on le récite, ça n’est plus tout à fait pareil, mais nous le chanterons à la communion. Et ce chant dit ceci Celui qui était Dieu, celui qui avait tout pour lui comme on dirait aujourd’hui, a accepté de tout perdre pour faire que nous bénéficiions de sa richesse. Il s’est fait le plus humble, le dernier, il a accepté la mort, la mort la plus honteuse de l’époque, la mort de la croix. Et c’est pourquoi on ajoute aussitôt Le Seigneur l’a exalté et désormais, il fait rayonner sa victoire sur la mort sur tous les humains. La morale de cette hymne est que quand Dieu veut nous combler de sa joie, de son salut et de son bonheur, il s’humilie et passe inaperçu. C’est ça la grandeur de Dieu. Dieu n’est pas quelqu’un qui s’impose en faisant du bruit, des vagues, en montrant qui il est et ce dont il est capable. Il le fait par un moyen parfois que l’on trouve trop déroutant, trop décevant : celui de l’humilité et de la simplicité.
C’est la même chose pour l’évangile. Jésus choisit comme bénéficiaire d’un miracle un pauvre homme sourd et muet. Et il lui dit simplement cette parole magnifique que vous avez entendue Ephata, ouvre-toi Si Dieu vient, c’est pour rencontrer le cœur de cet homme humble et simple, et lui dire Maintenant, tes oreilles ne seront plus fermées à ce que dit Dieu, à ce que disent les autres, à ce que dit la parole de Dieu, mais elles sont ouvertes. Et ta langue sera déliée pour vivre avec les autres, partager ton cœur, tes sentiments, ta pensée et ta joie.
C’est ça qui fait le secret de la vie et de l’apostolat d’Eugène de Mazenod. Il était d’une famille du Cours Mirabeau, avait un nom à particule, mais il en avait vu de toutes les couleurs, il avait du fuir à la Révolution et avait été très impressionné par la pauvreté des gens qu’il avait rencontrés en Italie aussi bien à Rome qu’à Naples. Et lui qui avait perdu tous ses titres de noblesse avait compris qu’il fallait évangéliser les pauvres. Quand il est revenu à Aix, il s’est dit que s’il voulait réimplanter, faire ressurgir la foi la plus simple et la plus authentique, il fallait parler aux plus simples et aux plus démunis. C’est l’origine des Oblats de Marie Immaculée.
Bien entendu, nous savons tous que saint Eugène a commencé à prêcher ici à la messe des Bonnes à la Madeleine. C’est dommage qu’il n’ait pas choisi saint Jean de Malte qui était sa paroisse mais enfin, c’est comme ça. Et saint Eugène a continué après. Qui est allé évangéliser les esquimaux ? Les membres des Oblats de Marie Immaculée. C’est dans la foulée de ce qu’avait voulu saint Eugène. Et ces gens-là (je ne sais pas si vous avez lu le livre du père Buliard, Inuk) sont allés jusqu’aux limites du Pôle Nord pour annoncer l’évangile à ceux qui en était totalement privés et qui autrement n’en auraient jamais entendu parler dès les années 1930 / 40.
La grandeur de saint Eugène est d’avoir réveillé dans le cœur de quelques hommes qui sont devenus ses frères oblats, le sens que la simplicité de l’évangile était faite pour ceux qui ont un cœur de pauvre. Je ne peux pas considérer comme une sainte Rose Audibert. Peut-être que vous, vous le pensez un peu, mais sa manière de vouloir faire revivre et continuer à vivre les plus simples et les plus belles traditions de notre ville d’Aix, est aussi quelque chose de très grand. Alors, évidemment, ce n’est pas directement l’annonce de l’évangile. Mais comment notre ville resterait-elle ce qu’elle est, s’il n’y avait des Rose Audibert, des marraines ? Tous ceux et celles qui ont compris son message disent que les gestes les plus simples, la beauté des danses, des costumes, les traditions et les treize desserts, sont ce qui entretient l’esprit, le cœur et la chaleur d’une ville.
La plupart du temps, aujourd’hui, nous voulons toujours que ce que nous faisons fasse du bruit. Mais ce n’est pas vrai. Alors rendons grâce à Dieu parce que c’est le travail le plus simple, le plus discret, le plus délicat qui remue le plus le cœur de nos contemporains. Et à travers ce que le Christ nous a enseigné, ce que saint Eugène et Marraine à sa manière ont suivi, c’est cela le secret de la vie chrétienne : savoir découvrir la grandeur et la beauté de la vie humaine à travers la simplicité des gestes de la charité.

 

 
Copyright © 2020 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public