AU FIL DES HOMELIES

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 LA MISSION CONTINUE

2 Tm 1, 13-14+ 2 Tm 2, 1-3+ 2 Tm 4, 19-22 ; Lc 10, 1-9
St Trophime - (28 novembre 2001)
Homélie du Frère Yves HABERT

Rome : le milliaire d'or

C

 

'est le mot "soldat" que j'ai entendu dans la première lecture, ce mot qui m'a ouvert à quelque chose de cet évangile que nous connaissons par cœur, presque, cet envoi des soixante-douze, le mot "soldat" quand saint Paul dit à Timothée : "Prends ta part de souffrance en bon soldat du Christ Jésus". Et après, il précise, mais ce passage n'a pas été lu : "Dans le métier des armes personne ne s'encombre des affaires de la vie civile, s'il veut donner satisfaction à celui qui l'a engagé". Dans le métier des armes, il y a cette disponibilité, il a cette souplesse, ce détachement, il y a une certaine façon de se comporter comme si notre vie ne tenait qu'à un fil, comme si la guerre projetait en nous une urgence et il me semble que, en relisant cet évangile de Luc au chapitre dixième, de l'envoi des soixante-douze, comme si Jésus envoyait des petites troupes légères, des espèces de petits commandos, non lourdement armés comme les marins américains en Afghanistan en ce moment, ou les Anglais, et les autres, mais dans une sorte disponibilité de celui qui est tout entier tourné vers sa mission. Un petit commando de troupes légères avant de voir la véritable armée se profiler, ils n'ont pas de bourse, ils n'ont pas de besace, ils n'ont pas de sandales, ils partent comme ça, ils ne s'arrêtent pas de maison en maison, mais ils ont quelque chose à faire. Ils ont tout lâché, pour Le suivre, tout lâché pour L'annoncer.

Ils annoncent quoi ? Que le Royaume de Dieu est proche, ils annoncent quoi, ils annoncent la libération. Et le signe qu'ils montrent, c'est précisément la guérison des malades, de celui, de celle qui ont été obligés de tout lâcher parce que la maladie a fait son œuvre en eux, et qui se retrouvent ainsi à la merci de cette maladie, des évènements, à la merci aussi peut-être de tous ceux qui les entourent, car la maladie nous introduit dans une grande dépendance, et la maladie aussi nous pose, nous freine, la maladie nous arrête. C'est ce qui arrive à ce pauvre Trophime dans ce passage de la deuxième lettre à Timothée, il est dit qu'on a été obligé de "laisser" Trophime malade à Milet. Trophime cesse-t-il d'être un apôtre parce qu'il est arrêté ? Cesse-t-il d'être un apôtre parce qu'il n'a plus cette liberté d'aller et de venir, il n'a plus cette force de partir sur les routes annoncer le Royaume ? Je ne crois pas, parce que Trophime est apôtre aussi à sa manière à lui, il est aussi apôtre de cette charge qu'il a reçu, de cette charge qu'il partage avec le Christ en croix. Trophime est apôtre parce qu'il témoigne aussi de la Passion du Sauveur, et parce que malade il vit dans sa chair cette Passion, et il a à recevoir en lui la résurrection. Trophime est apôtre parce qu'il annonce aussi le mystère pascal.

Nous ne devons pas être arrêtés par la maladie, même par le grand âge, notre mission continue. Même si nous sommes stoppés, notre mission est encore celle des apôtres, notre mission est encore celle d'annoncer. Et c'est ce que Trophime nous apprend aujourd'hui, il y a de la place pour tout le monde, que chacun est important, que dans l'Église, il n'y a pas qui sont mis à l'écart, mais que chacun a sa vraie place, une place différente, mais une place de choix.

 

AMEN

 

 

 
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