AU FIL DES HOMELIES

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SAINT TROPHIME D'ARLES

Ep 1, 3-10 ; Lc 10, 1-9
St Trophime - (28 novembre 1987)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL


C

'est parce que l'on identifie saint Trophime d'Arles avec un disciple de saint Paul que nous avons lu ce passage d'évangile ou, à côté des apôtres proprement dits dont saint Paul fait partie, il est question de soixante-douze disciples que Jésus envoie devant Lui pour annoncer la venue du Royaume de Dieu. C'est effectivement ce que saint Trophime a accompli dans notre pays d'Arles. Je voudrais m'attarder au texte de l'épître aux Éphésiens qui ne vise pas saint Trophime en particulier mais plutôt la naissance de l'Église dans notre pays. Cette naissance, par la prédication des apôtres et des disciples, est la réalisation du dessein de Dieu : "Béni soit Dieu le Père de Jésus-Christ parce qu'Il nous a choisis, dés avant la fondation du monde, pour que nous soyons des fils adoptifs, en Jésus-Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, le dessein de sa bienveillance qu'Il avait formée en Lui, par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis. Et ce dessein c'est de ramener tous les hommes sous une même tête, le Christ, Lui qui est son Fils unique."

       Tel est le dessein de Dieu, le dessein qu'Il a conçu dans son cœur, en créant le monde, en créant les hommes, en créant chacun d'entre nous. Le dessein de Dieu, c'est de nous adopter comme ses enfants, c'est que nous soyons ses fils, comme Jésus est son Fils unique, c'est-à-dire que nous participons à cette relation si intime, si profonde, si intense qu'il y a entre Jésus et son Père. Cette relation si profonde que Jésus n'a pas trouvé d'autre mot pour l'exprimer que l'intimité d'un père et d'un fils. C'est une intimité infiniment plus grande encore car il ne s'agit là que d'une image. Ils sont comme le Père et le Fils, plus encore, dans une intimité qui fait que tout ce qui est à Dieu le Père est à Jésus son Fils, et tout ce qu'est Jésus le Fils, Il le tient de son Père, dans un échange infini, permanent, d'amour, de tendresse, de lumière.

       Et bien, c'est dans cette intimité que Dieu veut nous accueillir, que Dieu veut nous entraîner. C'est pour cela que nous avons été baptisés, pour être plongés dans le mystère de Jésus, dans l'intimité de Jésus avec son Père, dans le mystère de la vie que le Père et Jésus partagent. Ainsi, en étant entièrement incorporés dans ce mystère de Jésus, nous devenons, comme Lui, des fils du Père, nous pouvons nous tourner vers Dieu avec confiance, comme un enfant avec son père, avec tendresse. Et dans la Bible, il nous est dit que Dieu nous prend dans ses bras comme un papa prend son enfant, que Dieu nous reçoit près de Lui nous élève tout contre sa joue, comme on le fait avec un nourrisson. Dieu est notre Père. C'est cela le mystère fondamental qui nous est révélé par Jésus. C'est pour cela que Jésus est venu sur la terre, pour nous révéler que Dieu était un Père, un Père pour chacun d'entre nous.

       Et c'est cela que l'Église nous invite à comprendre jour après jour. Depuis notre naissance, nous sommes aimés de Dieu, mais nous n'en avons pas toujours pleine conscience. Pourtant cet amour grandit progressivement dans notre cœur et c'est cela la vie chrétienne, c'est de se découvrir de plus en plus enfant de Dieu, et de comprendre de mieux en mieux que nous sommes aimés, et que, par conséquent, nous sommes attendus, accueillis, nous sommes reçus. Oui, au moment de notre mort, ce qui déjà était né dans notre cœur, va s'épanouir pleinement. Dieu nous reçoit dans son intimité, Dieu nous prend prés de Lui comme ses enfants.

       Bien sûr le mystère de la mort pour nous qui sommes sur la terre, est un mystère de douleur et d'épreuve. Ceux qui perdent apparemment contact avec les personnes qu'ils aiment éprouvent souffrance, tristesse, et c'est normal. La mort est une épreuve pour celui qui meurt et surtout plus encore pour ceux qui restent et qui sont privés de la présence sensible de ceux qu'ils aimaient. Nous avons tous connu ou nous connaîtrons cette épreuve de la mort d'un être cher. Et cela, notre foi ne nous empêche pas de l'éprouver. C'est vrai, il a cette absence, il y a ce déchirement, il y a cet éloignement et cela est infiniment douloureux. Et en même temps, il est vrai que ceux qui meurent sont reçus dans l'amour, dans la tendresse de Dieu où nous serons reçus, nous aussi, au jour de notre mort, parce que Dieu ne nous a pas créés pour nous abandonner au néant ou pour se débarrasser de nous. Dieu nous a créés par amour et Il ne peut pas nous abandonner, parce qu'Il nous aime avec cette tendresse éternelle, avec cette proximité d'un père pour ses enfants.

        Nous devons, malgré notre souffrance, garder cette confiance dans la bonté paternelle de Dieu. Dieu ne fait rien inutilement, Dieu ne nous créé pas pour rire, Dieu nous a vraiment aimés, Il nous aime de toutes ses forces, tous, à la folie, de tout son cœur. Et cet amour n'a cessé de nous accompagner tout au long de notre vie, et il nous entoure, il nous enserre plus particulièrement au moment de notre mort, et il se déploie, il se répand en nous après notre mort. Cela nous le croyons, et cela doit rester comme une lumière, une force, une espérance au milieu de l'épreuve de la séparation. C'est pourquoi nous venons vers Dieu et nous lui disons, de tout notre cœur et de toutes nos forces que nous avons confiance dans sa bonté, que nous gardons confiance dans sa tendresse, que, malgré notre souffrance et notre peine, nous savons qu'Il nous aime, nous croyons en cet amour et nous nous confions à Lui.

       AMEN

 
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