AU FIL DES HOMELIES

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LE PLAN DE SALUT DE DIEU

Rm 8, 28-30; Mt 1, 1-16 + 18-23
Nativité de Marie – Année C (8 septembre 2010)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Vertus : Naissance de Marie

 

F

rères et sœurs, la première lecture que nous venons d'entendre, tirée de l'épître aux Romains, semble parfaitement trouver sa place dans la fête d'aujourd'hui, la Nativité de Marie, et nous lisons, comme le dit d'ailleurs le titre dans la Bible de Jérusalem pour ce paragraphe : le plan du salut.

Tous les rouages sont huilés, fonctionnent, la prédestination (je ne vais pas vous relire le texte), le fait que Dieu collabore en tout pour le bien de ceux qu'il aime, etc … ceux qui par avance, il a discernés, il les a prédestinés, et ils reproduisent (c'est moi qui rajoute), parfaitement l'image de son Fils afin qu'il soit l'aîné d'une multitude de frères. Nous avons ici le plan parfait. Vous le savez, généralement le plan, c'est quelque chose qui se situe plutôt dans l'avenir, le futur.

Et puis, il y a cette longue généalogie qui est ici d'ailleurs la généalogie de Joseph, pas celle de Marie. Bien sûr, comme il n'y a pas la généalogie de Marie dans l'évangile, à défaut, on lit celle de Joseph. Cette généalogie semble comme un poids mort, pour tirer vers le bas, le plan parfait de Dieu que nous venons d'entendre. D'un côté le plan parfait, la prédestination, être à l'image du Fils, et de l'autre côté, les généalogies qui racontent l'histoire d'hommes et de femmes qui se sont aimés, trahis, trompés, entretués, qui ont oublié le Seigneur Dieu d'Israël, ce qui leur a valu la déportation à Babylone, et je vous passe tout l'épisode sur David et Bethsabée. On a l'impression que les deux histoires s'annulent et que par conséquent nous pourrions être un peu gênés aux entournures, c'est-à-dire pourquoi la liturgie aujourd'hui semble nous proposer une méditation sur la Nativité de la Vierge Marie à travers ces deux textes qui semblent sinon se confronter, au moins s'annuler.

Bien sûr, il est facile de trancher le nœud gordien et de dire que l'histoire de la Vierge Marie prend place uniquement et complètement dans le plan de Dieu. Mais si la liturgie nous invite à lire cette longue généalogie du passé avec toutes ces turpitudes, tous ces points que l'homme a mis au creux de l'engrenage du plan de Dieu qui a fait que le plan de Dieu a régulièrement coincé, c'est parce que nous n'avons pas à penser ni la Nativité de la Vierge Marie ni notre propre vie sous cette approche qui consisterait à dire : il y a le plan de Dieu qui est toujours pour demain, demain, je me convertis, et puis de l'autre côté le plan au niveau du plan humain où cela coince toujours. La tentation serait de se réfugier et de dire : la Vierge Marie elle, elle était dans le plan de Dieu.

En fait, paradoxalement, la première lecture est peut-être plus une méditation de la fête de l'Immaculée Conception. La Nativité de Marie éclaire sous un autre plan le plan de Dieu. Il n'y a donc pas opposition, mais les deux plans fonctionnent ensemble. A la fête du 8 décembre il est question de la Vierge Marie bénéficiaire en quelque sorte déjà comme par avance des conséquences du salut par la mort et la résurrection du Christ. Aujourd'hui ce qui nous est proposé comme méditation ce n'est pas une sous méditation de la vie de la Vierge Marie au milieu de ce monde qui ne fonctionne pas toujours bien, mais plutôt une méditation qui consiste à découvrir, pour reprendre la phrase de Jésus : voici que je fais toutes choses nouvelles.

Aujourd'hui ce à quoi nous sommes invités à méditer, c'est la vie la plus concrète, la plus charnelle, la plus difficile de l'histoire de l'humanité de chacun d'entre nous, que nous aimerions quelquefois mettre de côté parce qu'on ne sait pas quoi en faire, et nous voudrions simplement contempler le plan du salut tel qu'il sera demain et qu'il n'est pas encore aujourd'hui, alors qu'en fait, il est question de tenir les deux plans ensemble. "Voici que je fais toutes choses nouvelles", c'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous méditons dans la réalité de l'héritage de l'histoire d'Israël, cette promesse et ce que nous célébrons au moment du 8 décembre. Pour chacune de nos vies, nous sommes invités à faire la même opération. C'est-à-dire au cœur même de cette généalogie qui est notre vie, de nos ancêtres, de nos péchés, de nos histoires personnelles, nous avons à découvrir que ce plan divin n'est pas pour demain mais que nous sommes invités à vivre les deux chemins sur le même chemin. Il n'y a pas demain le salut, aujourd'hui la généalogie terrible de ma vie personnelle. Il n'y a même pas qu'il y aurait deux chemins parallèles, ma propre vie avec à côté le plan de Dieu. Il y a à découvrir tout simplement que la route de l'homme, c'est la route de Dieu, et que c'est exactement ce qu'a voulu faire Dieu, à la fois à travers le mystère de l'Immaculée Conception et à la fois à travers la fête que nous célébrons qui est la Nativité de la Vierge Marie.

Frères et sœurs, que cette célébration soit pour nous l'occasion de faire nôtre cette simple méditation : il n'y a pas d'autre chemin que le chemin de l'homme qui est le chemin que Dieu emprunte pour réaliser son plan de salut.

 

AMEN

 

 

 

 

 
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