AU FIL DES HOMELIES

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LES BRAS OUVERTS

Nb 21, 4b-9; Ph 2, 6-11; Jn 3, 13-17
Exaltation de la Sainte-Croix – (14 septembre 2012)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

La main divine fixée au bois (Auzon)
Le bois, ce bois vers lequel la main de l'homme image de Dieu s'est tendue, dirigée, pour voler, pour prendre. Une main à l'image de Dieu qui s'est refermée, qui a pris et qui a gardé. Une main vers le bois, cette main qui a été saisie par l'image de Dieu, la main du Fils de l'Homme, cette main qui a été saisie fermement pour qu'elle soit fixée par des clous, pour qu'elle ne bouge pas, pour qu'enfin Dieu cesse d'être libre et soit obligé de rester tranquille comme s'il gênait les hommes. C'est ce que dit Isaïe lui-même quand il parle de l'idole que l'on fixe sur le bois afin que l'homme puisse la maîtriser, la contrôler, la diriger.

Cette main, sur le bois. Et puis, ce corps sur la croix, la croix à la fois le lieu terrible de la mort et à la fois le lieu naturel de tout homme quand à tout moment, il veut debout prier son Dieu, élever ses mains, même s'il ne sait pas encore que le Christ existe et qu'il est simplement un païen dans l'empire de Rome. L'homme sait déjà que la croix est ce comportement naturel de se tenir à la fois debout et les bras étendus. La croix, c'est la croix du Christ et en même temps derrière les mains étendues, qui ont été fixées par l'homme sur cette croix, il y a cette même croix qui est celle du Christ ressuscité peinte par Finsonius. La croix n'est plus là et en même temps le geste est toujours présent. Comme si en réalité que le Christ soit crucifié ou qu'il soit ressuscité, le seul geste qui vaille la peine d'être vécu et d'être fait, c'est d'ouvrir les bras, de prendre le risque, de le prendre comme le font les prisonniers qui lèvent les bras instinctivement pour ne pas être tués, comme si c'était le même geste qui était posé à la fois dans l'adversité de la mort, de la souffrance et aussi au cœur même de la joie de la résurrection et de la vie.

Frères et sœurs, nous avons saisi de force cette main divine pour la fixer avec ses clous sur le bois de la croix, car elle nous dérangeait et nous dérange encore aujourd'hui. Qu'à travers cette fête de la croix glorieuse, nous acceptions que ce soit maintenant cette main divine qui saisisse notre main pour nous apprendre que nous serons à l'image de Dieu le jour où en tout temps, sur la croix, mais aussi dans la joie, nous ferons ce geste très simple d'étendre nos bras pour prier à la fois nos frères et nos sœurs pour nous-mêmes mais aussi pour rendre grâces à Dieu.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 
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