AU FIL DES HOMELIES

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AU SERVICE DE LA GLOIRE DE DIEU

Ex 23, 20-23 a; Mt 18, 5-10
Anges gardiens - (2 octobre 1998)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

Crépy-en-Valois : L'ange protecteur

 

N

ous pourrions avoir l'impression que l'Église en rajoute un peu trop en célébrant les anges gardiens à quelques jours de la fête que nous avons eue des archanges. Dans ces cas-là pourquoi ne pas rajouter des fêtes liturgiques pour les archanges, les chérubins, les trônes, les dominations, les anges gardiens, parce que en somme le monde céleste ne s'arrête pas aux archanges et aux anges, mais il y a une multiplicité de vies auprès de Dieu.

Célébrer les anges gardiens pourrait paraître à priori équivoque, ne sommes-nous pas dans une sphère dépassée, du monde religieux, pris entre le rococo, je vous indiquerai si vous le voulez un de ces aspects dans cette église, en allant voir le tableau qui est dans la chapelle du saint Sacrement, ou il y a un nombre incalculable d'anges qui portent saint Augus­tin en gloire, donc on s'imagine ainsi être transporté par les anges, c'est une des visions religieuses que l'on a, ou encore, celle qu'on avait dans sa petite enfance avec les images pieuses de l'ange gardien, qui avec sa robe rose ou bleue, selon qu'on était un petit garçon ou une petite fille, vous prenait la main et vous conduisait sur le chemin, pour que nous ne fassions pas trop de bêtises, ce qui rassurait nos parents.

Voilà ! Est-ce que le monde angélique est seulement cela pour nous ou bien, est-ce que ça va plus loin ? C'est peut-être la question que l'on peut se poser ? Et je sais que d'aucuns ont encore en tête une autre image de l'ange, c'est celle que par exemple on trouve dans le sceptre d'Ottokar, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais Hergé dessine Milou, le chien de Tintin, et Milou voit un os, alors qu'il a dans la gueule le sceptre d'Ottokar que Tintin a laissé tomber, sceptre qui a une valeur importante, puisqu'il permet au roi de régner vraiment. Alors, Milou a une vision, il y a un petit diablotin, à gauche, et puis un petit ange à droite, et il y en a un qui lui dit, mais, il est préférable de prendre l'os, et de laisser tomber le sceptre, après tout, ça ne regarde pas les chiens, tandis que l'os est plus intéressant, et puis, finalement, il y a l'ange, son ange gardien, qui est là et qui le rappelle à son devoir. Sommes-nous comme Milou, en train d'avoir nos petits diablotins et nos petits anges ? Pourquoi pas. Ce qu'il faut, je crois retenir, c'est que le mot ange qui veut dire messager, c'est celui qui se met au service de la gloire de Dieu, et la gloire de Dieu, c'est aussi être au service de notre humanité. Notre humanité d'ail­leurs est friande maintenant des anges. Il y a un nom­bre assez important à la fois de films et de livres qui parlent de ce sujet. Il y en a même qui ne croient pas du tout en Dieu mais qui croient très fort aux anges. Bon, on peut espérer que tous les chemins, s'ils ne mènent pas à Rome, mènent au moins à Dieu, même si la dévotion s'arrête aux anges.

Toujours est-il que rappeler que tous les an­ges sont au service de la gloire, c'est rappeler dans cette célébration des anges gardiens, quelle est aussi notre vocation, puisque comme les anges, nous som­mes aussi des destinés à la gloire de Dieu. Et c'est pourquoi ils ont les messagers, de la Parole de Dieu, ils sont les serviteurs du dessein de salut de Dieu pour les hommes, c'est pourquoi on voit dans la Bible, que Dieu fait présider des anges à la tête des nations. Comme on l'a entendu dans l'Exode, il envoie son ange pour guider le peuple à travers le désert. Il y a eu des anges aussi qui ont servi Jésus-Christ lui-même, le Fils de Dieu, lors de sa traversée du désert, ils l'ont servi et ils l'ont aussi assisté dans son agonie. On peut avoir l'impression quand on a un très fort amour de Dieu que les anges n'ajoutent rien à ce qu'est Dieu, peut-être, mais ils ne lui enlèvent rien non plus. Au­tant dire que le monde angélique nous parle mieux de l'amour et de la gratuité immense de Dieu, qui est un amour très simple, et débordant. Et c'est ce que signi­fie aujourd'hui pour nous cette célébration : c'est cette grandeur de Dieu qui veut que par ses anges, sa proximité, sa tendresse et sa délicatesse soient mani­festées. Et c'est pourquoi si nous avons une vénération envers les anges gardiens, c'est bien non pas pour s'arrêter à eux, mais bien parce qu'ils nous conduisent, parce qu'ils se font messagers, et ils ne remplacent pas la route, et ils ne remplacent pas le message qu'ils portent. Mais, ils disent dans leur être même ce qu'est Dieu pour nous.

Les anges gardiens sont comme une icône de ce que nous portons en nous-mêmes, ils sont le reflet de la vie de Dieu, un peu finalement comme l'eau peut être considérée dans son entité comme un absolu, entière, et en même temps, l'eau est faite d'une multi­tude de gouttes qui est capable de refléter à l'infini les unes avec les autres les rayons du soleil, la couleur et même notre visage.

Voilà ce qu'est le monde angélique, il est partie liée avec Dieu, et tellement lié avec Dieu, qu'il nous reflète à l'infini ce visage que Dieu sculpte pour nous qui est un visage de gloire, un visage de vie, et d'amour, qui nous appelle nous-mêmes dans cette Eucharistie à rendre grâces pour tous les bienfaits du Seigneur pour le salut qu'il nous accorde.

La prière eucharistique N°1 ne dit-elle pas à propos de l'eucharistie, qu'elle soit portée par ton ange en présence de ton autel céleste, afin qu'en recevant ici à ton autel cette eucharistie, nous soyons comblés de la gloire du Seigneur. Sachons dire merci simple­ment à Dieu et à nos anges gardiens, de nous appeler si simplement et avec une si belle grandeur et beauté à cet amour et à cette gloire de Dieu dans notre vie.

 

 

AMEN

 

 
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