AU FIL DES HOMELIES

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LES DOUZE, FONDATIONS DE L'ÉGLISE

Ep 2, 12-22 ; Jn 14, 22-26 + Jn 15, 17-27
SS. Simon et Jude - (28 octobre 2013)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Jude - Thenay

F

rères et sœurs, "édifiée, construite sur les apôtres, elle est prophète". Que vient faire cette formule de l'épître aux Éphésiens pour la fête de Simon et Jude ? Lorsque Jésus a choisi ses disciples, il ne leur a donné qu'une fois la motivation de son choix, il leur a dit : "Vous siègerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël". Manifestement, dans le projet de Jésus, les douze apôtres sont ceux qui doivent d'abord rassembler les douze tribus d'Israël, redonner son unité et sa cohésion à ce peuple selon la promesse de Dieu, pour qu'ensuite, il puisse tout entier être missionnaire, évangélisateur, et porteur de la promesse aux païens.

Pour la communauté chrétienne les douze, et parmi lesquels il y a Simon et Jude, qui ont des noms tout à fait juif, Simon c'est le nom d'un des ancêtres des douze tribus d'Israël, et Jude, c'est aussi l'ancêtre de la tribu de Juda, pour ces hommes choisis par Jésus leur mission n'a pas réussi historiquement. La cohésion du peuple d'Israël par la reconnaissance et la foi au Messie Jésus-Christ ressuscité, ils n'ont pas pu l'atteindre. Ensuite, les apôtres ont continué leur mission en essayant de faire une percée, et le plus illustre étant Paul, les douze ont aussi évangélisé à travers le monde païen. On ne pouvait pas dire que Jésus-Christ allait restaurer l'unité de l'empire romain, qui d'ailleurs à cette époque était à son apogée et ne se portait pas mal du tout. Il fallait plutôt essayer de comprendre comment les douze qui avaient été institués pour faire un seul peuple allaient continuer leur mission sur un autre mode historique tout aussi réel et tout aussi profond.

C'est là qu'intervient la petite phrase des Éphésiens, car au lieu de se référer aux tribus d'Israël qui n'avaient pas tellement envie de se rallier au projet de Jésus de se rassembler sous la houlette des douze, c'est une autre conception qui s'est imposée, c'est l'image de la construction. Ce n'était plus rassembler douze tribus, c'était construire une nouvelle cité. La mission confiée aux douze par Jésus n'a pas réussi exactement comme il voulait y prétendre, mais pour nous les juifs et les païens qui y ont adhéré, le but c'est de construire, édifier sur les douze une cité neuve qui est l'Église. On retrouve exactement la même image dans l'Apocalypse lorsque le visionnaire voit la cité sainte Jérusalem, elle est fondée sur douze portes, douze fondations qui sont les douze apôtres de l'Agneau.

On perçoit bien toutes les difficultés de la communauté primitive pour comprendre la mission des douze qui apparemment était démentie par les faits, si le rassemblement des tribus est remis à plus tard, la fonction des douze doit continuer. Ils doivent être les piliers, les fondations de la nouvelle cité de l'Église qui intègre un certain nombre de membres du peuple de Dieu qui ont bien voulu adhérer mais qui intègre surtout les païens qui se sont ouverts à l'évangile.

C'est cela la fonction de l'apôtre, servir de fondation et de ciment pour l'unité. On pense d'abord aux apôtres comme étant ceux qui annoncent, qui évangélisent, mais ils ne sont pas un service de propagande. La fonction des douze est d'abord la fondation, le support. Si Jésus a voulu créer un lien particulier avec eux, il faut que ce lien se répercute dans une travail d'unité. Récemment encore, dans le Concile Vatican II, cela a été remis en valeur par la notion du collège des évêques. Le collège est là pour dire l'unité qui est la préoccupation fondamentale. L'unité de l'Église c'est d'abord manifester sur la communion des membres du collège épiscopal autour de Pierre, sur la communion des douze étendue aux dimensions du monde.

Cela nous fait réfléchir un tout petit peu sur les fondements de notre foi qui ne sont pas d'abord des affaires de convictions personnelles qui sont parfaitement nécessaires, mais c'est d'abord ce groupe des douze qui a pour charge de faire que nous vivions dans l'unité de la communion de la foi. C'est parce qu'il y a communion qu'il y a foi authentique, et qu'il y a unité de l'Église et accomplissement du rôle de la mission confiée par Jésus aux douze et dont nous sommes tous par souci de l'unité les transmetteurs et les serviteurs.

 

AMEN

 

 

 

 
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