AU FIL DES HOMELIES

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L'OPUS DEI

Ex 12, 1-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jn 13, 1-15
Jeudi Saint - année B (5 avril 2012)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC


Comprenez-vous ce que je fais ? (Vic)
Frères et sœurs, j'ai envie ce soir de vous parler de l'Opus Dei ! Je sais que c'est très à la mode, régulièrement tous les ans, comme à l'arrivée du printemps et des fleurs, les différents médias nous abreuvent surtout à la télévision, de beaucoup de reportages sur l'Église pour le meilleur et pour le pire, sachant qu'il faut toujours un peu flatter la paranoïa qui existe chez l'être humain habituel, on ne nous épargne rien quant à l'Église et quant à certaines institutions dites "obscures". Je vous rassure, ce soir je ne parlerai pas de l'institution qui porte le nom : Opus Dei.

Non, mais j'ai quand même envie de vous parler de l'Opus Dei ! c'est-à-dire de l'œuvre de Dieu, pas l'institution, de ce que c'est devenu, mais de l'œuvre de Dieu. En fait, quand nous célébrons le Jeudi Saint, nous célébrons l'Opus Dei. Nous célébrons l'œuvre de Dieu en tant que le même soir, nous célébrons à la fois le mystère du don que Dieu fait de son œuvre, de son Fils, à travers l'eucharistie, le pain et le vin, et nous célébrons aussi une autre œuvre qui en découle, un autre Opus Dei, qui est le sacrement du lavement des pieds.

On ne se rend pas compte que si le jour de Noël nous célébrons la naissance de Dieuparmi les hommes, le Jeudi Saint, c'est la naissance de l'homme au cœur de la divinité et au cœur de la Trinité, car à travers l'eucharistie et à travers le lavement des pieds, s'opère la naissance de ce pauvre homme que nous sommes et qui jour après jour, à travers le don que Dieu fait de sa vie, et à travers l'exercice de la charité, émerge peu à peu de sa condition simplement pécheresse et humaine, pour s'ouvrir et vivre toutes les réalités de cette image à laquelle nous avons été façonnés, c'est-à-dire l'image de Dieu.

Frères et sœurs, c'est cela que nous célébrons aujourd'hui, en quelque sorte, ce que nous célébrons aujourd'hui c'est notre naissance. C'est le fait que le chrétien, celui qui est baptisé, ne peut véritablement vivre que d'une part à travers l'assimilation à Dieu par cette communion fréquente, par le fait que nous venons nous nourrir à ce Corps et à ce Sang, mais cette assimilation à Dieu ne suffit pas pour faire émerger de nous cette image de Dieu enfouie. Il y a aussi l'autre pendant qui est mis plus à l'honneur d'une manière liturgique et sacramentelle, une fois par an, c'est le lavement des pieds. Assimilation et même si le mot peut être maladroit, mimétisme, car ce que nous célébrons ce soir, ce n'est pas simplement que Dieu se met à genoux devant ses disciples, tous pécheurs, et dont un qui va le renier, et un autre qui va le trahir, mais Jésus a bien dit à ses disciples après ce geste : "Avez-vous compris ce que j'ai fait ? Ce que j'ai fait, vous allez le faire vous aussi pour vos frères et vos sœurs". Et c'est vrai que c'est là que nous péchons un peu trop, car très souvent nous nous arrêtons au milieu de cette course, c'est là que quelquefois nous sommes plus consommateursqu'acteurs, que nous nous arrêtons simplement au désir de consommer, de demander à Dieu qui nous donne sans cesse. Nous nous arrêtons à mi-chemin et nous ne comprenons pas que si Dieu nous donne tellement, sans aucune condition, ce n'est pas simplement pour nous, mais c'est pour faire émerger cette image divine qui est gravée dans notre cœur et pour pouvoir la manifester auprès de nos frères et de nos sœurs.

Frères et sœurs, je le disais il y a un instant, si Noël c'est la fête de Dieu parmi les hommes, ce soir, c'est la naissance de l'homme au cœur même de Dieu.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 

 
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