AU FIL DES HOMELIES

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LE PARFUM DE L'AMOUR

Is 42, 1-7 ; Jn 12, 1-11

Lundi Saint – année C

(31 mars 1980)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

L

 

'évangéliste Saint Jean s'est attaché à souligner les liens étroits qu'il y a entre l'onction de Béthanie et la résurrection de Lazare. Si le Christ a ressuscité Lazare d'entre les morts, c'est d'abord pour qu'il puisse manger avec lui, partager le repas, c'est-à-dire que puisse se traduire cette communauté de destin.

Peut-être que nous l'oublions aujourd'hui, mais manger ensemble c'est d'abord manifester que nous partageons le même destin, que nous vivons le même évènement, et que ce même évènement vécu en commun s'inscrit dans une histoire, on ne sait pas très bien nous-mêmes cette histoire, mais par le geste du partage de la même nourriture, on signifie par là, qu'on s'engage dans la même aventure.

C'est pourquoi ce n'est pas un hasard que, à la fin de ce repas Jean souligne que les juifs voulaient tuer Lazare. Pourtant Lazare, après avoir pris part au repas du Seigneur, devait, à son tour, entrer dans cette nouvelle mort qui serait sa Pâque, sa Pâque vers le Royaume.

Mais en même temps, cet épisode est marqué par un geste prophétique et il est curieux de voir que celle qui pose ce geste prophétique, Marie, est précisément celle qui s'est approchée de Jésus au moment où il venait sur la tombe de Lazare et lui avait dit : "Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort." Et d'une certaine manière l'onction de Béthanie, c'est ce même cri d'appel et de confiance mais renforcé. Ce n'est plus : "Seigneur, si tu savais été là, mon frère ne serait pas mort" mais c'est aujourd'hui : "Seigneur, si tu ne devais pas mourir, mon frère n'aurait pas pu retrouver la vie".

Ce que veut dire Marie, sans trop le savoir, c'est Jésus qui lui dégage la signification profonde de son geste, c'est que Marie pressent que l'épisode de la résurrection et de la mort de Lazare était déjà porté de manière prophétique par la mort de Jésus lui-même. Et c'est pourquoi elle verse sur lui ce parfum, en signe du tombeau, en signe de la sépulture, et le parfum remplit toute la chambre, ce parfum qui est versé sur les pieds de Jésus embaume le cœur et les narines de toute l'assemblée.

Nous aussi, comme l'épouse du cantique des cantiques, comme Marie qui versait le précieux parfum de son vase, qui coûtait très cher, nous courons dans l'odeur des parfums du Christ, nous vivons dans le mystère de cette mort, de cette mort du Christ qui est source de vie.

Et puisque nous entrons dans le mystère de la semaine sainte, puisque nous partageons, par l'eucharistie, comme Lazare une communauté de destin avec le Christ, cette communauté de mort, puissions-nous, tout au cours de ces jours, découvrir le parfum de la vie que le Christ est venu répandre sur la terre. Et ce parfum s'est répandu, à cause de l'audace de celle qui, auparavant était dans le péché.

Même si nous sommes pécheurs, n'ayons pas peur de briser sur notre propre cœur et sur le cœur de nos frères, le vase de la miséricorde de Dieu. C'est le seul moyen pour que nous respirions la bonne odeur de l'amour de Dieu.

 

AMEN

 
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