AU FIL DES HOMELIES

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ÉLÉVATION ET EXALTATION

Is 42, 1-7 ; Jn 8, 12-29

Lundi de la semaine sainte – A

(25 mars 2002)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Q

uand vous aurez élevé le Fils de l'Homme alors vous saurez que Je suis".

Frères et sœurs, la fascination qu'exerce sur nous la fascination de l'évangile de saint Jean, c'est qu'il est capable de dire en quelques mots, en une phrase, tout le mystère. Ici, c'est effecti­vement tout le mystère de la Pâque de Jésus qui est ainsi manifesté. Quand vous aurez élevé le Fils de l'Homme, on le sait par d'autres textes de saint Jean, c'et le mystère de l'élévation sur la croix. En fait, ce mystère de l'élévation n'est qu'une dérision, puisque précisément, quand on exhibe un supplicié sur la croix, vous savez qu'un des aspects du supplice de la croix c'était de ridiculiser, de dévaloriser la personne ainsi exposée dans la nudité, et de l'exposer aux sar­casmes et à la moquerie de tout le monde, donc "élevé sur la croix", ce n'est pas une exaltation, mais Saint Jean dit que lorsqu'on comprend bien le geste, c'est "passer de la terre au Père". D'autre part, être élevé sur la croix, c'est être voué à la mort. Ce qu'on voit de nos yeux, c'est purement et simplement le fait d'un homme qui est réduit à rien par la mort, alors qu'en réalité pour Jésus, c'est le début de son exaltation.

Or, c'est intéressant, car l'exaltation ici se dit par "vous saurez que Je suis". En fait, cela veut dis ceci : au moment même où Jésus est réduit à rien par la haine et la violence de ce monde, qui est comme concentrée dans le moment où Il est mis à mort et réduit à rien, alors nous pouvons savoir "qu'Il est". C'est-à-dire que tout ce qu'il est tient malgré la mort. Au moment où on s'acharne sur Lui, de Le détruire et de Le réduire à néant, c'est là qu'on voit qu'Il est. Mais précisément, Il n'est pas exactement de la même façon que nous nous sommes, tout ce qu'il est, Il l'est par le Père. C'est pour cela que Jésus explique aussitôt après : "Je ne fais rien de moi-même". Tout ce qu'Il fait, Il le fait parce que le Père le lui a demandé.

Autrement dit, c'est tout le mystère de la Pas­sion qui est ainsi évoqué dans ce seul verset, c'est au moment même où l'homme par son péché, s'ingénie à détruire la présence de Dieu dans le Verbe incarné, que la seule chose qui résiste sur le moment, c'est "qu'Il est", c'est-à-dire que c'est ce que le Père de toute éternité Lui donne d'être : c'est sa nature divine, c'est sa personne de Fils.

Je crois que cela nous invite à entrer dans la Semaine Sainte d'une façon un peu particulière. La Semaine Sainte nous ramène toujours à ce problème de la dévastation du Mal, à la fois par rapport à l'hu­manité du Christ, et par rapport à notre propre huma­nité. Nous découvrons toujours ce pouvoir dévasta­teur du Mal, ce pouvoir destructeur. Mais en même temps, simultanément, nous comprenons "qu'Il est", qu'Il est vraiment le Fils de Dieu, et nous comprenons que pour notre propre vie aussi, c'est lorsque nous sommes anéantis et dévastés par le Mal et la violence, qu'il reste en nous ce qui ne peut pas nous être pris, ce qui ne peut pas nous être ôté qui est cette grâce et cet amour qui nous sont donnés par la grâce de notre baptême.

Que cette semaine, jusqu'au moment où nous renouvellerons nos promesses de baptême au cours même de la Vigile Pascale, avec les nouveaux bapti­sés, ce soit ce chemin où nous découvrons qu'à travers toute l'œuvre destructrice du Mal et du péché dans l'humanité, il résiste toujours quelque chose, c'est la solidité, la fiabilité, l'endurance de l'amour de Dieu dans la personne de son Fils, et dans la personne de ses témoins.

 

AMEN

 

 

 
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