AU FIL DES HOMELIES

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AVEC LE FILS, REGARDER VERS LE PÈRE

Is 42, 1-7 ; Jn 8, 12-29

Lundi Saint – B

(14 avril 2003)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

e temps du carême est achevé, en ce sens que le temps de lecture de notre propre vie est terminé. Nous tournons maintenant les yeux non plus vers nous-même, ou du moins vers la rela­tion avec Dieu, mais vers Dieu Lui-même, en ce qu'il est, en son mystère tel qu'il nous donne à se révéler, à le comprendre.

Le carême a été en quelque sorte, une expé­rience d'échec heureux. Au fond (je parle peut-être pour moi), nous n'avons pas encore réussi à atteindre une dignité, une hauteur qui nous permet de nous offrir plus convenablement dans la relation à Dieu. Nous y avons échoué, c'est d'ailleurs le but du carême que d'échouer, et cet échec se transforme en attente et en espérance, nous renouvelle de l'intérieur.

Ce temps-là est terminé, nous entrons mainte­nant dans la semaine sainte, dans ce moment où nous avons l'occasion et l'audace, le privilège d'approcher le plus près de Dieu. Cette semaine nous permet d'ef­fleurer ce paradoxe profond : la manière dont plus Jésus est humain, plus Il dit son Père divin. C'est ce double mouvement d'une humanité de plus en plus familière par la souffrance, par le partage de cette souffrance, par l'endossement de toute souffrance humaine, nous fait approcher malgré ce en quoi le Père est présent dans le Fils. Tout le mouvement, comme une sorte de mouvement ascensionnel extrê­mement puissant, nous permet en fixant nos yeux sur la résolution du Fils, de celui qui s'engage dans le combat, d'y découvrir le Père invisible mais totale­ment présent. Plus le Fils révèle cette humanité, et plus Il dit sa divinité et la présence du Père. Et Il dit le retour au Père, Il dit en quoi nous sommes fils, et fils de ce Père. C'est là que les mots s'écorchent un peu les uns les autres, à dire à la fois l'épaisseur de l'hu­manité, de sa souffrance, de sa proximité du partage de ce qui est le plus humain, et donc de plus terrible dans l'humanité, et en même temps la manière dont l'invisible, la source, la fin et le début, cette source-là qui est engagée dans le salut du monde.

Nous n'avons qu'une approche un peu éton­nante, étonnée de ce mystère de la présence du Père, pour que nous découvrions davantage comment le Père est engagé pour chacun de nous, pour l'amour de son Fils et de tous ceux qui, à la suite du Fils, s'enga­gent dans le salut que Dieu leur propose.

 

 

AMEN

 

 
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